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Dans le Doubs, un vol d’une ampleur stupéfiante frappe une association de passionnés du patrimoine ferroviaire. Entre 250 et 300 traverses de chemin de fer, représentant jusqu’à 17 tonnes de matériel, ont été dérobées à une date encore indéterminée. Un nouveau fait divers qui illustre les ravages d’une délinquance capable de s’attaquer jusqu’aux équipements les plus improbables.
Jusqu’à 17 tonnes de matériel dérobées
Le préjudice est considérable pour l’association Le Coni’Fer, qui exploite un train touristique au départ des Hôpitaux-Neufs. Entre février et octobre 2026, plusieurs centaines de traverses en bois ont disparu de wagons stationnés à Montperreux, au-delà du terminus de Fontaine-Ronde. Leur disparition a été découverte le mercredi 21 octobre.
« On parle là de 16 à 17 tonnes de matériel », explique Guillaume Troutet, responsable technique de l’association, dans L’Est Républicain du 25 octobre. Un volume qui suppose une logistique importante pour son enlèvement. L’intéressé évoque notamment le recours à des camions et à une grue, sans que le mode opératoire exact soit encore établi.
Le préjudice financier est estimé à 8 000 euros. Les traverses volées, neuves pour certaines et d’occasion pour d’autres, étaient destinées à prolonger la voie ferrée. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour identifier les responsables de ce vol hors norme.
Un projet patrimonial pénalisé par les voleurs
Fondée en 1993, l’association Le Coni’Fer s’efforce depuis plus de trente ans de faire revivre une portion de l’ancienne ligne reliant Pontarlier à Vallorbe, en Suisse. Ses 250 adhérents, dont une cinquantaine de bénévoles particulièrement actifs, entretiennent les locomotives, les wagons et les infrastructures ferroviaires.
L’association ambitionne de prolonger progressivement la ligne jusqu’au château de Joux. Les traverses dérobées devaient précisément permettre de poser un kilomètre supplémentaire de voie, jusqu’au lieu-dit de la Combe-Motta, avec un objectif fixé au printemps 2027.
Ce pillage offre une image préoccupante d’un pays où même des tonnes de matériel ferroviaire ne semblent plus à l’abri des voleurs. Une affaire d’autant plus révoltante qu’elle pénalise des bénévoles qui consacrent leur temps à préserver le patrimoine local, sans autre ambition que de faire vivre leur territoire.
Malgré ce coup dur, l’association entend poursuivre son projet. Elle attend désormais la réponse des assurances, tandis que les gendarmes tentent d’élucider les circonstances de cette disparition massive.
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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