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Un empilement de panneaux à l’entrée d’un village du Vaucluse, une avenue normande transformée en couloir publicitaire, des affiches plantées en pleine campagne corse. Comme chaque année, l’association Paysages de France a demandé à ses adhérents de photographier un lieu de leur environnement qu’ils jugent particulièrement laid. Le palmarès 2026 des Prix de la France moche distingue 4 sites.
L’association précise que le classement ne désigne pas les villes les plus laides du pays. Il vise des lieux qui illustrent, chacun à sa manière, la dégradation du cadre de vie quotidien. Les maires des communes concernées et le ministère de la Transition écologique en ont été informés quelques jours avant sa publication.
4 prix, 4 sites
Le Prix du catalogue à ciel ouvert revient à un amas de panneaux à l’entrée de Camaret-sur-Aygues, dans le Vaucluse. L’association l’accompagne d’une légende ironique : il faudrait 12 tours de rond-point pour tout lire.
Le Prix du vide juridique récompense une série d’enseignes alignées sur une clôture, une installation que l’association juge légale mais visuellement désastreuse.
Le Prix du pèlerinage commercial distingue l’avenue Georges-Duval à Lisieux, dans le Calvados, avec ce jeu de mots : « Ça pique Lisieux ». Dans la cité de sainte Thérèse, haut lieu de pèlerinage, la succession de panneaux et d’enseignes donne à l’axe des allures de galerie marchande à ciel ouvert.
Enfin, le Prix de la friche d’affiches est attribué à des panneaux installés hors agglomération à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud. L’association les a légendés d’un simple « Île de beauté ».
Des règles existantes mais peu appliquées
Pour Paysages de France, une partie de ces situations relève d’un simple défaut d’application de la loi. À Camaret-sur-Aygues, les panneaux publicitaires scellés au sol sont interdits, comme dans la plupart des agglomérations de moins de 10 000 habitants. À Porto-Vecchio, la publicité hors agglomération contrevient à une interdiction valable sur tout le territoire national.
Depuis 2024, la police de la publicité a été transférée aux collectivités. Les élus locaux disposent donc des outils juridiques pour faire respecter le Code de l’environnement, rappelle l’association, qui estime que la réglementation existe mais reste trop souvent lettre morte.
Lisieux et les clôtures, angles morts de la loi
Le cas de Lisieux est différent : l’avenue Georges-Duval montre les limites de la réglementation nationale elle-même. L’association plaide pour l’adoption d’un règlement local de publicité, qui permettrait d’encadrer plus strictement les formats et la densité des panneaux et des enseignes.
Les enseignes sur clôture révèlent, selon elle, une lacune plus grave encore. Le Code de l’environnement fixe des dimensions maximales pour les enseignes posées au sol, en façade ou en toiture, mais aucune limite de surface pour celles fixées sur les clôtures. Ces dernières peuvent ainsi devenir de véritables murs publicitaires. L’association demande que ce vide soit comblé.
Entrées de ville et zones commerciales
Au-delà des 4 lauréats, Paysages de France dénonce la banalisation de paysages saturés de messages commerciaux : zones commerciales toujours plus étendues, entrées de ville hérissées de panneaux, écrans numériques dans l’espace public, artificialisation des sols. L’association oppose cette situation à celle de quelques pays européens qui ont su, selon elle, se protéger de la surenchère publicitaire. Elle souligne aussi le coût écologique d’une incitation permanente à consommer.
Pour l’association, ces exemples pourraient être photographiés dans bien d’autres communes de France. Elle précise que ce sont les atteintes aux paysages qu’elle vise, et non les territoires ni leurs habitants.
Photo d’illustration :DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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