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Les soirées rallongent, le thermomètre baisse et la question du cadeau de fin d’année approche. C’est souvent le moment où l’on ressort une bonne bouteille du placard, ou où l’on cherche celle qui fera plaisir sous le sapin. Cette année, 3 nouveautés ont retenu notre attention, à des prix qui restent raisonnables, de 33 € à 89,90 €. La première vient de Charente : une maison de cognac reconnue y fait ses débuts dans le single malt. Les 2 autres viennent de la côte nord-est de l’Écosse. L’une est une édition limitée qui fête 200 ans d’histoire, l’autre un 15 ans qui sent les embruns. Ces 3 single malts ne sont pas tourbés, et tous les styles y sont représentés : le plus doux, le plus épicé et le plus gourmand.
On commence par la nouveauté la plus inattendue. ABK6, la maison de cognac des Domaines Francis Abécassis, produit des eaux-de-vie de Charente depuis 2001. Elle s’est mise au whisky en 2023 et sort aujourd’hui ses 3 premiers single malts. La démarche n’a rien d’un simple coup marketing. Le whisky est distillé, vieilli et assemblé en Charente, à partir d’orge française 100 % maltée. Il passe 2 fois dans des alambics charentais en cuivre, ceux-là mêmes qui servent au cognac. Francis Abécassis présente ce lancement comme « une nouvelle page de notre histoire ».
La gamme est construite comme une montée en puissance. Le single malt d’entrée, à 40 %, est élevé en fûts de chêne américain de 200 litres. La maison le décrit comme souple, rond et tout en douceur, et le destine clairement à ceux qui découvrent le whisky. Il est vendu 33 €, ce qui en fait l’une des bouteilles françaises les plus accessibles du moment.
Le Small Batch, à 46 %, est produit en petits lots à partir d’anciens fûts de bourbon et de rye whiskey. Il est annoncé plus structuré : fruits mûrs, agrumes confits, fruits secs, puis poivre, cannelle, bois toasté et cacao, avec une texture un peu huileuse et une finale épicée. Il est affiché à 39 €. Le troisième est un single cask à 52,5 %, non filtré à froid. Les notes officielles évoquent la vanille, le caramel, le miel et une touche de céréale. Comptez 52,50 €. Les 3 bouteilles de 70 cl sont vendues sur la boutique en ligne de la maison.
En Bretagne, on connaît bien le sujet. Le whisky breton a ouvert la voie au malt français bien avant que les grandes maisons de spiritueux ne s’y intéressent. L’arrivée d’un cognaçais confirme que la catégorie est désormais prise au sérieux.
Glendronach fête ses 200 ans avec une édition limitée
Direction l’Aberdeenshire pour la deuxième bouteille. The Glendronach célèbre son bicentenaire avec la Boynsmill House Edition, un single malt de 14 ans. Elle rend hommage à la Boynsmill House, une demeure construite en 1771, avant même la fondation officielle de la distillerie. Le fondateur, James Allardice, y donnait de grandes réceptions, avec une réputation d’hôte généreux qui servait son « bon Glendronach ».
La maison est connue pour ses whiskys élevés en fûts de sherry, et cette édition reste dans cette ligne. Elle est élevée en fûts de Pedro Ximénez et d’Oloroso. La master blender Rachel Barrie y ajoute quelques rares fûts ayant contenu du Clairet, ce vin rouge léger du Bordelais. Les notes officielles annoncent une robe cuivre profond et un nez de fruits rouges, mûres, noisettes, raisins secs et toffee. La bouche est décrite comme ample et soyeuse, avant un final sur le caramel au chocolat. Il titre 46,8 %, n’est pas tourbé et coûte 89,90 €. Comme il s’agit d’une édition limitée, mieux vaut ne pas attendre le 24 décembre.
Glenglassaugh, le malt qui sent les embruns
La troisième bouteille vient aussi de la côte nord-est écossaise, mais dans un autre registre. Glenglassaugh distille depuis 1875 au bord de Sandend Bay et revendique un style côtier, marqué par l’air marin. Son nouveau 15 ans rejoint la gamme permanente. Il a vieilli plus de 15 ans dans des fûts de Pedro Ximénez et de vins espagnols. Rachel Barrie, encore elle, le présente comme une version « plus profonde, plus généreuse » du style maison.
Les notes de dégustation parlent de chocolat, de caramel salé, d’orange et de miel de manuka au nez. En bouche, elles évoquent les dattes caramélisées, la mélasse salée, la papaye et le café, avec une finale longue où la fraîcheur maritime doit garder le dessus. Il titre 46 %, n’est pas tourbé et coûte 89,90 € chez les cavistes. La distillerie a aussi revu son emballage : elle a supprimé l’étui en France et passé ses bouteilles à 30 % de verre recyclé. Elle affirme avoir ainsi réduit de 25 % les émissions de gaz à effet de serre liées à leur production.
Lequel choisir ?
Pour faire découvrir le whisky à quelqu’un sans se ruiner, le single malt charentais à 33 € est le choix le plus logique. Le Small Batch, à 39 €, s’adresse à ceux qui aiment les profils plus épicés, dans l’esprit du bourbon. Pour un amateur de whiskys riches et fruités, élevés en sherry, les 2 écossais se valent sur le prix. Le Glendronach mise sur la rareté et l’anniversaire. Le Glenglassaugh joue l’équilibre entre gourmandise et iode, et il restera disponible après les fêtes. Ces 3 bouteilles sont des single malts non tourbés : les amateurs de whiskys fumés d’Islay devront chercher ailleurs.