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12 février 2016 – 09h00 ‑ On lui réclamait l’état de droit, il répond par l’état de grâce. Car l’annonce hier par François Hollande d’un référendum sur le projet de nouvel aéroport ne peut être que le fruit d’une grâce divine. Un petit coup de pouce de Notre-Dame-de-Lourdes, qui se fête le 11 février, à Notre-Dame-des-Landes ?
Comment expliquer autrement que le président de la République ait soudain décidé un référendum ? La solution avait été préconisée de longue date par divers opposants au projet et par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, et refusée catégoriquement par ses partisans. En l’adoptant, François Hollande piétine les positions et les intérêts de tous ceux pour qui l’affaire était dans le sac – élus locaux de droite et de gauche et spéculateurs déjà positionnés sur les futurs terrains à bâtir, entre les pistes et Nantes. Il ridiculise aussi ce président de la République qui promettait il n’y a pas si longtemps que les travaux commenceraient une fois tous les recours juridiques purgés.
On ne fera pas à François Hollande l’injure de penser que le référendum est une manœuvre bassement électoraliste, contrepartie de la participation au gouvernement d’écologistes sans lesquels ses chances de réélection en 2017 seraient pratiquement nulles. Seule la Providence peut donc expliquer son revirement.
Et il aura encore besoin d’elle. Le référendum, a-t-il dit, aura lieu avant le mois d’octobre. Il va falloir faire en sept mois ce qu’on avait repoussé pendant dix ans. Or la route sera longue d’ici là. Car le président de la République ne peut pas décider lui-même un référendum local : pour le respect de l’état de droit, c’est mal parti ! La loi organique du 1er août 2003 est très claire : « L’exécutif d’une collectivité territoriale peut seul proposer à l’assemblée délibérante de cette collectivité de soumettre à référendum local tout projet d’acte relevant des attributions qu’il exerce au nom de la collectivité. » En vertu de L’article 72-1 de la Constitution, il ne pourrait en être autrement.
Les aéroports relèvent de la compétence des régions. On demandera donc aux habitants de Saint-Léonard-des-Bois, dans la Sarthe, ou de Sainte-Gemmes-le-Robert, en Mayenne, s’ils veulent qu’on construise un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Mais d’abord, pour que le référendum ait lieu, il faudra que François Hollande demande à Bruno Retailleau d’en faire la proposition au conseil régional des Pays de la Loire. C’est dire s’il va devoir compter sur la Providence ! Heureusement, Bruno Retailleau est sensible à celle-ci.
Erwan Floc’h
Crédit photo : Copie partielle d’écran, [cc] vidéo de Peter et Steven, YouTube [cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
Une réponse à “Un cierge pour Notre-Dame-des-Hollande [tribune libre]”
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