Sébastien Le Fol croit en les chances de Jean-Luc Mélenchon

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Pour les professionnels de la politique, l’argent et le soutien des médias sont décisifs. Mais il faut compter également avec les sondages portant sur les intentions de vote. Pour l’élection présidentielle, ce sont eux qui feront le tri entre les “petits“ candidats qui n’ont aucune raison de s’accrocher et les “grands“ qui croient en leurs chances.

Ces temps-ci, on raconte volontiers que Jean-Luc Mélenchon sera qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle – certains y croient dur comme fer. Même un journaliste comme Sébastien Le Fol : « Au moment où Jean-Luc Mélenchon engrange des sondages flatteurs le qualifiant au second tour face à Marine Le Pen », écrit-il (Le Télégramme, samedi 29 août 2026) L’éditorialiste André Comte-Sponville nous livre la même musique : « Comment échapper au second tour catastrophe qui s’annonce, celui qui opposerait Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ? La       question taraude tous ceux qui ne se reconnaissent dans aucun de ces deux candidats. Elle est d’autant plus légitime que l’issue d’un tel duel ne peut être que néfaste. » (Challenges, 27 août 2026) Effectivement, en août, les sondages portant sur les intentions de vote pour la présidentielle ont montré que Méluche était en bonne forme : 14 % dans toutes les hypothèses (Elabe, La Tribune Dimanche, 30 août 2026) En règle générale, il devance Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, François Hollande et Olivier Faure. Quant à Marine Le Pen, elle écrase la concurrence dans les intentions de vote : 34-35 %, d’après Elabe.

Mais de là à voir le Lider maximo  qualifié pour le second tour, il ne faut pas exagérer – ce rêve est très répandu chez  les partisans de Marine Le Pen qui savent qu’un duel avec Mélenchon verrait une victoire facile de la première qui écraserait le second (69,5 %/30,5 %, d’après Elabe). Parions qu’un second tour se déroulant aujourd’hui  opposerait Marine Le Pen à Edouard Philippe (Horizons). Pour deux raisons. D’abord l’ancien Premier ministre de Macron arrive en seconde position dans les intentions de vote : 17 %, 19,5 %, 20,5 %, selon les hypothèses (Elabe, La Tribune Dimanche, 30 août 2026). Ensuite il dispose d’une réserve qui est loin d’être négligeable : les électeurs de Bruno Retailleau (6-7 % au premier tour). C’est ce que nous explique  Alexandre Le Drollec : « Chez Philippe, où l’on rappelle volontiers que Retailleau a, quoi qu’il en dise, lui aussi frayé avec le camp Macron durant ses seize mois passés à Beauvau, on est convaincu que le sénateur vendéen, qu’aucun sondage ne donne au-dessus de 10 %, finira par décrocher. Le scénario serait écrit : soit il se maintient  jusqu’au bout, au risque de chuter sous les 5 % ; soit il finit par se ranger derrière le Normand. Les chances de Retailleau ? Edouard  Philippe est clair : aucune, zéro. Il n’a pas le « feu sacré », a-t-il tranché. Pour l’heure, avec les siens, il scrute les prises de distance des ténors de LR  (Jean-François Copé, Xavier Bertrand qui n’étaient pas présents au meeting de leur chef de parti), les hésitations que l’on prête à Valérie Pécresse et à Gérard Larcher, et le jeu de Laurent Wauquiez , qui n’a pas boudé son plaisir en s’affichant à ses côtés début juin au congrès des Jeunes Agriculteurs. »  (Le Nouvel Obs, 25 juin 2026)

A 6-7 %, Retailleau subira des pressions pour se retirer

Dès que Philippe sera en mesure de récupérer les 6-7 % de Retailleau, sa qualification pour le second tour est assurée – il n’aura pas à craindre une poussée de Mélenchon. Tout se jouera en décembre, voire en janvier si Retailleau traîne les pieds ; si ce dernier ne décolle pas dans les sondages à cette période, il sera contraint de rendre son tablier de candidat ; il lui faut entrer dans le club des candidats à deux chiffres pour pouvoir se maintenir et être crédible. Le patron d’un grand parti “historique“ ne peut pas prendre le risque d’une humiliation sanglante provoquée par un concurrent appartenant au même camp. D’autant plus que ses soutiens (en particulier les milieux d’affaires) ne seront pas intéressés par une “candidature de témoignage“. Plutôt que de prendre le risque d’une défaite inutile – et coûteuse s’il tombe au-dessous de la barre des 5 % -, il préfèrera négocier son ralliement à Philippe : un job de ministre lui conviendrait parfaitement. Et comme « Edouard Philippe imagine reconstituer, à l’occasion des futures législatives, un vaste bloc de droite et du centre, dans l’esprit du grand parti chiraquien des années 2000 » (Alexandre Le Drollec, Le Nouvel Obs, 25 juin 2026), tout devrait  s’arranger. La presse de droite (Valeurs actuelles, Le Journal du dimanche, JDNews…) saura expliquer qu’il faut faire barrage à Mélenchon – un homme dangereux qui veut augmenter les impôts.… Le coup de poignard final sera donné par un éditorial du Figaro qui fera appel à “l’esprit de responsabilité“ de Retailleau. La messe est dite.

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Franck Louvrier (LR) a tort de s’inquiéter

« Les sondages sont érigés en juges de paix », écrit le professeur de droit constitutionnel Jean-Jacques Urvoas. Selon lui, « pour une part décisive de la prochaine compétition, ce sont les sondages qui feront office de comité de sélection » (Le Télégramme, vendredi  28 août 2026) Cette analyse nous semble mieux correspondre à la réalité que la tribune signée par Franck Louvrier (LR), maire de La Baule. Avec d’autres élus, il appelle à une « primaire ouverte » de la droite et du centre pour désigner un seul candidat à la présidentielle. « La campagne telle qu’elle se présente aujourd’hui nous mène inéluctablement à la dispersion au premier tour et à la disparition au second » (Le Figaro, mercredi 26 août 2026). Que Louvrier se rassure, les sondages feront le ménage… Le Système fera en sorte qu’il n’y ait qu’un seul candidat adoubé par les sondages… Un candidat capable de battre Marine Le Pen au second tour… Car, rapidement, la campagne tournera autour de la seule question qui vaille : qui est capable de battre Marine Le Pen ?

Bernard Morvan

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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