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22/09/2013 – 10H00 Ploërmel (Breizh-info.com) – En juin 2012 Paul Molac (UDB) était élu député de la circonscription de Ploërmel (Morbihan) ; une nouvelle vie s’ouvrait pour ce professeur du lycée de Brocéliande (Guer). Dans une interview accordée à Ouest-France (17/06/13), il expliquait en quoi consiste son travail.
A coup sûr, nous avons affaire à un député actif puisqu’il est intervenu sur seize textes législatifs. Par exemple le projet de loi intitulé « élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modification du calendrier électoral » ; là, il faisait figure de porte-parole du groupe EELV.
Quelques sujets de satisfaction pour ce nouvel élu. Avec le concours des députés socialistes, il a pu obtenir pour la Bretagne une minoration de 50% sur l’écotaxe poids lourds et l’exemption pour le lait. « Je suis également satisfait de la place accordée aux langues régionales dans la loi sur l’école », poursuit-il.
Son emploi du temps se décompose en trois tranches : le lundi et le vendredi sont consacrés à la réception des électeurs ; le mardi, mercredi et jeudi sont réservés au Palais-Bourbon ; le samedi et le dimanche, c’est la tournée des fêtes, des cérémonies et des inaugurations. Ce qui lui permet d’affirmer : « Autant dire qu’on ne chôme pas ! »
Bien sûr, un député qui entend être réélu doit consacrer beaucoup de temps à ses électeurs. Faire l’assistante sociale paye électoralement car l’ancrage devient fort. Mais la vocation première d’un parlementaire consiste à voter les lois et à contrôler l’action du gouvernement. Il est clair que Monsieur Molac n’y consacre que trois jours par semaine – ce qui signifie faire l’impasse sur les séances du lundi et du vendredi. C’est à la fois peu et beaucoup car certains députés et sénateurs n’apparaissent dans leur assemblée que le jour des questions au Gouvernement (la présence des ministres et de la télévision est alors assurée). Et d’autres, pas du tout – c’es souvent le cas avec les cumulards.
Mais clamer « on ne chôme pas ! » semble tout de même excessif car l’article 28 de la Constitution représente une avancée sociale formidable. D’une part la session ordinaire « commence le premier jour ouvrable d’octobre et prend fin le dernier jour ouvrable de juin ». Certes, en 2013, le gouvernement avait prévu une session extraordinaire en juillet…D’autre part « le nombre de jours de séance que chaque assemblée peut tenir au cours de la session ordinaire ne peut excéder cent vingt ». En contrepartie, les parlementaires se voient imposer des séances de nuit pour boucler l’agenda législatif. Mais seule une poignée d’irréductibles – particulièrement motivés par le projet de loi examiné – fait alors acte de présence. Et ceux-là, on est certain de ne pas les revoir le lendemain ! Il y a donc pire comme métier.
Le travail en commission volontiers présenté comme accaparant mérite, lui aussi, d’être relativisé. Même lorsque le sujet semble bien loin d’être médiocre. Un exemple au Sénat avec la Mission commune d’information sur la filière viande en France et en Europe. Première réunion du jeudi 23 mai 2013 : trois présents, dix-neuf excusés, cinq absents. Seconde réunion du même jour : trois présents, dix-neuf excusés, cinq absents ; mais pas forcément les mêmes ! Même un « écologiste » comme Joël Labbé (EELV, Morbihan) a séché ces deux réunions (Journal Officiel, lois et décrets, 25 mai 2013). Le risque de surmenage ne semble pas menacer les sénateurs…
Crédit photo : Gwendal/Wikimedia (cc)