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28/11/2015 – 04H30 Paris (Breizh-info.com) – Le ministère de l’Intérieur vient d’interdire les déplacements de supporteurs dans toute la France, en Ligue 1 et en Ligue 2, et cela au moins jusqu’à la 18ème journée (c’est à dire jusqu’au 12 et 13 décembre inclus). Cette interdiction de déplacement concerne aussi les dernières journées de coupe d’Europe (LDC et EL) + le 8 ème tour de Coupe de France. Pas de Rennais à Reims ce soir, ni de Lorientais à Ajaccio donc, et pas de Guingampais à Geoffroy-Guichard (Nantes reçoit Bastia).
Ces décisions , qui devraient faire le bonheur de la Ligue professionnelle de football – elle mène un combat acharné contre les supporteurs, notamment les ultras – sont prises dans le cadre de l’État d’urgence lié aux attentats, afin de ne pas disperser les forces de l’ordre dans leur travail quotidien.
Du côté des supporteurs, c’est l’énervement qui prime : « La liberté des citoyens est sacrifiée sur l’autel de la sécurité. Et le pire, c’est qu’une grosse partie des moutons qui croient combattre le terrorisme une bougie à la main soutiennent ces mesures. On peut être touché par ces attentats et continuer à vivre, ou bien se battre » nous indique C. , un ultra de Guingamp. « On est pas étonné de toute façon : ce gouvernement ainsi que la ligue appuyée par certains clubs qui n’ont eu de cesse de combattre avec acharnement le supporteurisme en France. Le résultat : des parcages visiteurs vides. La répression contre les supporteurs de football préfigure la société totalitaire de demain » poursuit ce jeune de 24 ans qui « entend tout de même faire les déplacements. A ce que je sache, moi je suis Français, j’ai des droits, donc on m’empêchera pas d’aller où je veux en Europe.».
Un avis que ne partage pas David, qui supporte le Stade Rennais : « le moment n’est pas à la fête mais au recueillement. Moi je ne vais pas aller au stade avant 2016 » nous dit-il avant de concéder : « si le ministère de l’Intérieur avait été cohérent et honnête, il aurait suspendu les rencontres durant l’état d’urgence. Mais vous comprenez, il y a énormément d’argent en jeu, donc seuls les supporteurs extérieurs trinqueront …».
Ces mesures interviennent alors que l’Euro 2016 approche à grands pas et que les politiques commencent à s’inquiéter de la sécurité en France en juin prochain. Mardi 24 novembre, se sont réunis Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, Jacques Lambert, président de la SAS EURO 2016, Alain Juppé, président du Club des sites hôtes de l’Euro 2016 et Victoriano Melero, représentant Noël Le Graët pour la Fédération française de football. Trois décisions ont été prises :
– Tirer tous les enseignements des incidents au Stade de France pour renforcer la sécurité dans les stades ; ce sera notamment le cas en matière de vidéo protection, avec l’appui de l’État qui pourra participer au financement via le fonds interministériel de prévention de la délinquance qui a été augmenté ;
– Tout faire pour maintenir l’organisation de Fans-zones dans les 10 villes hôtes, sous réserve qu’elles se conforment strictement au cahier des charges fixé par le Gouvernement. Ce cahier des charges sera en outre complété, notamment sur les contrôles d’accès et la vidéo protection. Dans le cas contraire, les Fan zones ne pourront accueillir du public ;
– Encadrer très strictement les rassemblements ou écrans géants hors des Fans-zones, dans les villes hôtes et partout en France. Ils ne seront possibles que dans des lieux fermés, stades, gymnases, etc. et sous réserve qu’ils respectent des prescriptions de sécurité établies dans les prochaines semaines, en lien avec les élus et les organisateurs.
En revanche, aucune réclamation n’a été faite et transmise aux autorités européennes par les instances dirigeantes concernant la présence des supporteurs turcs à l’Euro, suite au comportement scandaleux d’une partie d’entre eux en marge des attentats. Sur ce sujet, seuls les supporteurs français semblent se mobiliser, des supporteurs parisiens ayant déployé une banderole explicite le week-end dernier.

Photo : DR
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