Constitutionnalisation de l’état d’urgence. Les deux tiers des députés aux abonnés absents

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MAJ 10/02/2015 11h00 : le député Thierry Benoît (UDI) a tenu à s’expliquer sur son absence à l’Assemblée nationale ; ce dernier a en effet subi une hospitalisation conséquente, à Rennes. Il a néanmoins organisé une délégation de vote avec les services compétents de l’Assemblée Nationale.
10/02/2016 – 05h14 Bretagne (Breizh-info.com) – Lundi 8 février, à l’Assemblée nationale, seulement 129 députés (sur 577) ont participé au  vote de l’article 1 la loi sur l »état d’urgence. 103 ont voté pour, 26 contre et 7 se sont abstenus. Selon le texte adopté, l’état d’urgence  pourra désormais être décidé en conseil des ministres, soit «en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public», soit en cas de «calamité publique ». Seul le Parlement pourra proroger l’état d’urgence au-delà des douze jours initiaux, par une loi en fixant la durée (durée de 4 mois, renouvelable après nouveau vote du Parlement). Le Sénat, majoritairement à droite, va lui aussi examiner le texte, qui devrait comporter de nouvelles modifications.
Lors de l’adoption de l’article 1 de cette loi constitutionnelle, 448 députés étaient absents (76% de l’effectif de l’Assemblée nationale), ce qui veut dire que les deux tiers des électeurs n’étaient pas représentés lors du vote d’une loi importante qui touche à l’exercice des libertés publiques en France. Parmi ceux qui avaient déserté l’Hémicycle : les deux députés FN Gilbert Collard et Marion Maréchal Le Pen, François Fillon (LR), Nathalie Kosciusko-Morizet (LR), Bruno Lemaire (LR),  le leader des « frondeurs » du PS Christian Paul et même le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis…
Les Bretons ont été particulièrement sous-représentés. Seuls Gilles Lurton (LR) et Philippe Noguès (NI) ont voté contre, tandis que François de Rugy (EELV), Gilbert Le Bris (PS), Dominique Raimbourg (PS), Hervé Pellois (PS), Marie-Anne Chapdelaine (PS), Sophie Errante (PS) et Gwenegan Bui (PS) ont voté le texte.  Marc Le Fur, Isabelle Le Callennec, et des chefs de file de la droite bretonne – manifestement mal à l’aise avec ce sujet – étaient inscrits aux abonnés absents.
Commentaire d’un internaute : « Si les Français savaient ce que font leurs députés dans la réalité, en terme de vote, ou bien d’absentéisme à l’Assemblée nationale, la plupart des députés ne seraient pas réélus, tant ils trahissent bien souvent les causes pour lesquelles ils sont élus ».
Crédit photo : DR
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