Ulrich Siegmund se voit déjà ministre-président de Saxe-Anhalt. Le chef de file de l’AfD a déclaré le 29 septembre à Magdebourg qu’il s’attendait à être élu par le Landtag, le Parlement régional, dès le 1er tour, en décembre. « Je pars du principe que je serai élu au premier tour avec une majorité significative », a-t-il affirmé à l’issue d’une réunion de son groupe parlementaire. Il a précisé qu’il ne se présenterait pas au vote sans avoir obtenu au préalable une stabilité suffisante pour gouverner.
39 sièges sur 83
L’AfD a remporté une victoire écrasante aux élections régionales du 6 septembre, avec 43,8 % des voix, soit plus du double de son score de 2021 (20,8 %). Elle obtient 39 des 83 sièges du Landtag, 3 de moins que la majorité absolue de 42 sièges, nécessaire pour élire le ministre-président aux 2 premiers tours.
La CDU du ministre-président sortant Sven Schulze s’est effondrée à 17,2 % et 15 sièges. Le SPD, les Verts et Die Linke obtiennent 8 sièges chacun. Les 4 partis opposés à un gouvernement dirigé par l’AfD totalisent donc eux aussi 39 sièges : la situation est bloquée.
Le BSW, faiseur de rois
L’équilibre est entre les mains du BSW, le parti de gauche populiste de Sahra Wagenknecht, qui a tout juste franchi le seuil d’entrée au Parlement et compte 5 députés. C’est le seul parti avec lequel l’AfD a mené de véritables discussions exploratoires depuis le scrutin. Les 2 formations se sont déjà entendues sur certains postes : le BSW a fait savoir qu’il soutiendrait le candidat de l’AfD, Tobias Rausch, à la présidence du Landtag.
Publiquement, le BSW exclut toutefois une coalition et annonce qu’il s’abstiendra lors de l’élection du ministre-président. Or ces abstentions ne suffiraient pas à donner à Ulrich Siegmund les 42 voix requises au 1er tour. Sa confiance suppose donc des soutiens venus d’ailleurs.
Le candidat de l’AfD évoque des « discussions constructives » avec un autre groupe parlementaire et avec des députés d’autres partis, sans les nommer. Il envisage un accord plus solide qu’un simple gouvernement minoritaire, qui permettrait de tenir les 5 ans de la législature, de voter les budgets et d’avancer sur les priorités de l’AfD en matière d’immigration et de sécurité.
Une CDU divisée
Les regards se tournent vers la CDU. La radio publique régionale MDR a interrogé ses 15 nouveaux élus : tous ont exclu de rejoindre l’AfD, et le groupe assure qu’il siégera dans l’opposition, uni et « sans transfuges ».
Mais cette unité de façade cache des divisions profondes. Le 8 septembre, Sven Schulze a pris la présidence du groupe à son titulaire, Guido Heuer, par 8 voix contre 7, coupant le groupe en 2 camps presque égaux. Selon MDR, les partisans de Guido Heuer ont mal digéré ce coup de force au lendemain de la défaite, et plusieurs autres postes ont été attribués à quelques voix près.
Au-delà de la Saxe-Anhalt, l’AfD affirme que les lignes bougent. Le responsable du parti Bernd Baumann assure que des discussions qui « n’existaient pas auparavant » ont désormais lieu avec des élus de la CDU et de la CSU. Selon lui, les victoires régionales de l’AfD commencent à ébranler le cordon sanitaire que la droite allemande maintient contre son parti.
Le nouveau Landtag se réunira pour la 1re fois le 6 octobre. L’élection du ministre-président est attendue peu avant Noël.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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