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24/05/2016 – 12H00 Bretagne (Breizh-info.com) –Malgré les affirmations rassurantes du gouvernement, les pénuries de carburants continuent de s’aggraver et s’étendent maintenant au sud de la France. Dans le Languedoc et en Provence, les files aux stations d’essence s’allongent. Dans un grand tiers nord ouest, du Nord-Pas-de-Calais à la Vendée, de nombreuses stations sont à sec. Le gazole manque le plus crûment. La situation commence à poser d’importants problèmes aux artisans, mais aussi aux collectivités locales qui assurent notamment le ramassage des ordures ménagères.
Près de 2000 stations sur les 12.000 que compte la France sont en rupture, soit 16.7%. Dans l’Ouest, il s’agit de plus de la moitié des stations, notamment en Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine. Alors que six raffineries sur huit sont perturbées ou à l’arrêt, plusieurs dépôts ont rejoint le mouvement, notamment le dépôt et le port pétrolier de Fos-sur-Mer (Provence) la nuit dernière et celui du Havre ce 23 mai. Alors que le gouvernement bombe le torse en annonçant que les dépôts seront débloqués, la CGT maintient la pression en exigeant le retrait total de la loi. Demain mardi, de nouvelles opérations de blocages auront lieu dans l’industrie de Saint-Nazaire, alors que le port est en grève depuis plusieurs jours. Les cheminots rejoignent le mouvement en faisant grève tous les mercredis et les jeudis jusqu’au 1er juin. Et même au sein de la RATP, à Paris, les syndicats ont annoncé une grève illimitée, en exigeant le retrait de la loi Travail et 300 € d’indemnisation.
Si la situation commence à devenir tendue pour nombre d’artisans, de chauffeurs de taxis, de livreurs et même de transporteurs routiers, elle l’est aussi pour les collectivités locales qui assurent le ramassage des ordures – pour les communautés de communes – et le transport de voyageurs ou le ramassage scolaire – pour les grandes villes et les départements. En Loire-Atlantique, le réseau Lila roule pour l’instant normalement, y compris pour les tournées de ramassage scolaire. Les informations sont données cependant le jour pour le lendemain, car le carburant commence à manquer et le ravitaillement est difficile. Même chose du chose du côté de la STRAN, à Saint-Nazaire et de la TAN à Nantes : les réseaux locaux ont pris leurs précautions et leurs services ne sont pour l’heure pas perturbés.
Jusqu’à la fin de la semaine en « mode dégradé » à Châteaubriant
En revanche, du côté des tournées de ramassage d’ordures dans les communautés de communes, la situation est plus critique.
A Châteaubriant, M. Dussautoy est le responsable de la collecte des ordures ménagères au sein de la communauté de communes du Castelbriantais. Il convient qu’il y a « effectivement un risque que certaines collectes soient perturbées, notamment dans les secteurs ruraux ». Le nombre de foyers concernés serait de « 100 à 200 pour la journée de demain », mais « nous espérons encore avoir du carburant aujourd’hui ». Le problème, c’est que « les bennes à ordures ne font pas partie des véhicules prioritaires, et les rares stations livrées sont prises d’assaut. C’est limité à 40 litres par benne, avec ça on fait trois heures alors que les tournées durent huit heures. Aujourd’hui, on n’a pu récupérer que 80 litres sur deux bennes ; on en a cinq ».
Alors, la solution passe par l’optimisation des tournées : « nous recalculons les itinéraires, nous étalons le ramassage, et notre priorité reste toujours de trouver du carburant ». Cependant le responsable prévient : « s’il n’y a pas de ravitaillement, à partir de mercredi, les perturbations seront de plus en plus importantes. Avec ce qu’on sait sur notre stock, on peut tenir jusqu’à la fin de la semaine en service minimum. Pas au delà. »
La CC de Clisson prévoit d’annuler les collectes de tri sélectif
A la communauté de communes de Clisson, la situation avec le ravitaillement des bennes à ordures est tout aussi tendue. Laëtitia Lamouroux, responsable du service environnement, chargée du ramassage des ordures, estime que « on peut assurer jusqu’à la fin de la semaine, mais s’il n’y a pas d’approvisionnement demain, on va devoir annuler les tournées de déchets tri sélectif pour se concentrer sur les ordures ménagères ». La communauté de communes ne dispose pas de son propre dépôt ; ses bennes s’approvisionnent en temps normal au Super U de Clisson, dont la station, livrée le 23 au matin, était déjà à sec à midi, les pompes ayant été littéralement dévalisées.
« On a réussi à trouver un autre fournisseur, tous les camions étaient pleins ce matin, et avec ça on a de quoi faire deux à trois jours. Mais on vit au jour le jour. La semaine prochaine, ce sera nettement plus tendu ». L’usage des autres véhicules de la collectivité est cependant déjà restreint, « au besoin on reporte les déplacements ».
Pas de problème pour l’instant à Nantes et Saint Nazaire ; beaucoup de communautés de communes rurales sous tension
En revanche, à Nantes et Saint-Nazaire pour l’instant, il n’y a pas de problèmes d’approvisionnement des camions de collecte de déchets ménagers. Cependant, le service de communication de la mairie de Nantes tempère : « les infos nous arrivent la veille pour le lendemain, on n’a pas plus de visibilité ». En revanche, dans la campagne, plusieurs communautés de communes naviguent à vue. Entre Châteaubriant et Nantes, celle de Blain, selon nos informations, commencera à connaître des perturbations dans le ramassage des ordures dès le milieu de la semaine.
Cet après-midi cependant, à la station service du Super U de Blain dont les cuves semblent réservées aux véhicules les plus prioritaires – taxis, ambulances, bus scolaires – une benne à ordures de la communauté de communes de la région de Blain et deux camions faisaient le plein. Mais l’arrêt de la production de la raffinerie de Donges fait peser le risque de la panne sèche en Bretagne à très court terme ; même si les dépôts sont débloqués, comme celui de la SFDM à Donges, ils pourraient s’avérer insuffisants.
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