Morlaix. Maël de Calan veut « Réformer avec Macron » et torpille la droite bretonne

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27/05/2017 – 08h30 Morlaix (Breizh-Info.com) – « Une droite ouverte pour réformer avec Macron ». Tel est le slogan de campagne choisi par Maël de Calan, candidat à la députation sur la circonscription de Morlaix (sa suppléante étant Valérie Le Denn).  Un missile tiré au sein de la droite et du centre en Bretagne, dont beaucoup attendent l’explosion ou le ralliement définitif pour les plus opportunistes à La République en Marche.

On ne peut pas reprocher à Maël de Calan de ne pas être cohérent puisque celui qui n’a eu de cesse de faire campagne contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron ces dernières semaines, ces derniers mois même (partisan d’Alain Juppé, il n’a jamais vraiment soutenu François Fillon par la suite).

On s’interrogera toutefois par contre sur l’investiture obtenue sur cette circonscription alors même qu’Agnès Le Brun, maire de Morlaix, semblait largement mieux placé pour tenter de battre (et ce sera particulièrement difficile sur le secteur) la gauche. Car dans cette si difficile 4ème circonscription du Finistère, se trouveront donc face à face Maël de Calan le macrono-compatible, mais également une candidate de La République en Marche (Sandrine Le Feur) ainsi que le poulain de la député sortante, Gwenegan Bui, pour le PS. Sans compter le bon score à prévoir d’Ismaël Dupont ou de Julien Kerguillec, respectivement candidats du PCF et de la France insoumise.

Sur cette circonscription, le Front national ne devrait pas peser dans les débats, avec une candidate méconnue (Edith Roussel) et des résultats précédents relativement bas.

Au sein des Républicains, l’investiture de De Calan et la campagne qu’il mène ne fait pas que des heureux . Ainsi, Gonzague de Chanterac, conseiller national, s’est fendu d’un tweet incisif dans lequel il déclarait : « Une pensée pour , militante infatigable, élue de conviction, sacrifiée au nom des petits arrangements.  ». Un tweet apprécié notamment par Marc Berthelot, militant LR dans l’opposition brestoise et lui aussi conseiller national.

Néanmoins, la situation n’est pas tenable pour les élus de droite qui persistent à se définir comme tels en Bretagne : il n’en est pas un seul en Bretagne qui ai fait le choix, comme Eric Ciotti, ou Henri Guaino pour ne citer qu’eux, de ne pas appeler à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle.

Agnès Le Brun – qui aurait pu aussi ne rien dire ou appeler à s’abstenir – réfléchira peut être désormais à deux fois désormais avant de jouer le « front républicain »  : on ne peut pas dire qu’elle en ai été récompensée . La lourde défaite qui s’annonce en Bretagne administrative pour la droite et le centre sera, une fois de plus, le fruit des renoncements, de la tiédeur, de la soumission au politiquement correct, et du refus de se décomplexer ; l’inverse du schéma qui a permis en Pays de la Loire à Bruno Retailleau de conquérir la région.

Crédit photo :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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6 Commentaires

  1. Ce qui m’épate chez Maël de Calan, c’est sa capacité à faire parler de lui, y compris par Breizh-info, même quand il incarne un néant sidéral. C’est un homme du juste milieu : il trahit un peu les uns, un peu les autres, il brouille un peu l’image de La République en marche, un peu celle de l’Union de la droite et du centre. Entre les bonnes affaires de Ferrand et les petites combines de Calan, Macron est mal parti en Bretagne ! En marche ! mais en boitant des deux jambes…

  2. Corinne Nicole a permis de mettre en lumière le scandale de la décentralisation des médias et la disparition du breton qui est un coup de poignard (de plus) dans le dos. Ceux qui la trouvent trop à gauche peuvent toujours voter pour 100% Breizh . Le reste de l’offre politique est activement étatiste et donc fondamentalement anti -bretonne

  3. « Mael de Calan …torpille la droite bretonne » . Quelle Droite bretonne ? La « Droite française en Bretagne » serait le qualificatif le plus approprié .
    Ce qu’on a coutume d’appeler la « Droite » s’est toujours distinguée par son empressement à s’aligner sur les positions idéologiques et sociales de la Gauche, et à ne s’opposer à celle-ci (bien timidement d’ailleurs) que sur le plan économique.
    Or, depuis sept décennies, c’est la Gauche marxiste qui donne le ton dans tous les débats. Elle se maintient toujours dans une position offensive face à une Droite honteuse, tétanisée et toujours sur la défensive…
    Même le FN, de nos jours se sent obligé de se référer au Général De Gaulle, aux « valeurs » de la république, tout en vouant désormais aux gémonies la philosophie de droite traditionnelle défendue par le Maréchal Pétain.
    Mais avez-vous déjà entendu la Gauche cracher sur les figures de Robespierre, Lénine, Staline, Thorez ou Blum ? Rien de tel. Il en est même fait encore l’apologie aujourd’hui.
    Seule la Droite bretonne nationaliste revendique haut et fort l’intégralité de l’héritage historique, doctrinal de son passé. La Droite française ne mérite que le mépris. Mais comme disait Chateaubriand, soyons économes de notre mépris, car il y a tellement de nécessiteux …

  4. Si les Bretons ne veulent pas de Macron il leurs suffit de voter pour les nationalistes bretons (actuellement intégré au mouvement 100% Bretagne) et prendre leur carte pour dynamiser le Parti Breton, en gros faire comme les Corses et les Écossais.

    Mais les Bretons « modernes » préféreront le néant, et surtout que les décisions viennent d’ailleurs, peut importe d’où, tant que cela lui permet d’affirmer soit qu’il est « ouvert sur le monde » soit qu’il est « bon patriote français »!

    Et les Français eux attendent le retour d’un « Chef »…

    Dans les deux cas, le vote du peuple n’a plus grande utilité… donc autant être dans l’équipe gagnante…

  5. En fait : 100% Bretagne est l’association du Parti Breton et Alliance Fédéraliste Bretonne (dont oui, un premier regroupement), au sein du mouvement 100% éco-citoyen.

    Les 25 organisations que vous évoquez ne sont unies que par le besoin de contourner le mode de financement des partis politiques, avec un minimum d’accord moral autour de rejet du jacobinisme.

    Je comprends que cela vous déplait, mais dans ce cas prenez votre carte et apporter un financement. J’ose espérer que vous savez qu’un parti politique, c’est avant tout des bras et de l’argent…

    C’est exact que la gauche bretonne est sectaire-marxisante, et ce fait à largement contribué à discréditer la composante politique du mouvement breton.

    Ce que vous appelez la « droite nationaliste bretonne » n’est en rien plus « nationaliste » que le Parti Breton, elle a seulement un positionnement qui permet à la gauche bretonne de justifier son attitude. La difficulté c’est que, mis à part le média Breizh-info, cette composante n’a jamais réussit à décoller de son rôle de « vilain petit canard ». C’est pas un reproche, c’est un fait, et pourtant BI nous prouve que la chose est possible…

    Le Parti Breton comporte oui, des sociaux-démocrates (comme le SNP écossais qui à preuve du contraire ne sont ni des mauviettes, ni des socialistes et de vrais nationalistes à la différence des Bretons qui votent PS-LR-FN), mais aussi des libéraux et des conservateurs (ce qui représente l’essentiel de la composante électorale tant en Bretagne qu’en Europe).

    Il n’y aura jamais de « grand » regroupement et surtout pas avec la gauche, tant que les nationalistes (ceux qui n’ont pas peur du mot) n’obtiendrons pas des succès réels aux élections. Donc faut arrêter de rêver. Rêver à ce regroupement, c’est avant tout une excuse pour justifier de ne pas s’engager… c’est un peu trop simple d’attendre des autres…

    Et les nationalistes bretons n’auront jamais de succès, tant que l’essentiel des Bretons préfèreront s’exprimer au PS-LR-FN français pour s’auto-gratifier d’être des gens « sérieux »…. Un truc que ne font ni les Écossais, ni les Corses…

    Si vous voulez que les choses changent, prenez votre carte, donner vos bras, votre temps et votre argent… dynamiser votre fédération de pays et dites à vos amis d’en faire de même!

    Et en attendant votre arrivée très attendue, cette alliance à l’immense mérite de recueillir un argent qui sera mieux dans la caisse d’un parti nationaliste breton que dans celle d’un parti jacobin français.

    • À mon avis il ne faut pas trop s’attacher aux étiquettes . Lorsqu’un parti émergera et bien il fédérera et attirera du monde , comme ce fut le cas avec le SNP. Les Bretons ne sont de toute manière pas un peuple très idéologique . Même s’ils subissent bien entendu l’influence sectaire française assez délétère…

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