Énergie : 142 associations dénoncent l’éolien en mer et présentent un plan pour faire baisser le prix de l’électricité

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Le 12 mai 2026, dans quinze villes bretonnes et françaises simultanément — dont Saint-Nazaire et Morlaix pour la façade ouest —, contribuables et élus se sont retrouvées dans le cadre d’une opération baptisée Cap Énergie. À l’origine de cette mobilisation : 142 associations regroupées notamment au sein du Réseau Énergies Terre & Mer (RETM) et de Vent des Maires, qui ont engagé un recours gracieux contre la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) et présentent désormais huit propositions concrètes pour faire baisser durablement le prix de l’électricité en France.

Au cœur du dossier, un constat chiffré qui mérite d’être largement diffusé : en quinze ans, les coûts totaux de l’électricité en France ont augmenté de 250 %, alors même que le pays produit aujourd’hui environ 20 % de surplus par rapport à sa consommation intérieure — surplus qui s’écoule à l’export à bas prix, voire à prix négatifs, plusieurs jours par an. Le paradoxe est saisissant : les Français paient de plus en plus cher une électricité dont une part croissante n’a aucun usage utile sur leur territoire. Et le coupable principal de cette dérive est désormais clairement identifié par les associations signataires : la politique éolienne, en particulier offshore.

Le coût complet de l’éolien en mer : 552 €/MWh en 2026

C’est sans doute la donnée la plus accablante du dossier publié par le Réseau Énergies Terre & Mer. Pour la première fois, un calcul intégral du coût complet de l’éolien en mer posé en France est rendu public, en agrégeant l’ensemble des composantes : prix de rachat au producteur, raccordement au réseau et sous-stations, coûts de soutien financés par la CSPE (contribution au service public de l’électricité), et pertes de revenus d’EDF dues à l’effacement des réacteurs nucléaires forcés de réduire leur production pour absorber l’éolien intermittent.

Le résultat est édifiant. Pour l’éolien en mer posé, le coût complet atteint :

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  • 467 €/MWh en 2025
  • 552 €/MWh en 2026

À titre de comparaison, le coût complet du nucléaire existant (réacteurs prolongés à 60 ou 70 ans) s’établit autour de 40 à 50 €/MWh, et celui de l’hydraulique de plus de 10 MW à environ 30 €/MWh. Autrement dit, l’éolien en mer posé coûte aujourd’hui environ 10 fois plus cher que l’hydraulique et 5 fois plus cher que le nucléaire. Le flottant, technologie plus immature retenue notamment pour la Bretagne Sud et la Méditerranée, est encore plus coûteux.

Le rapport démontre que ces chiffres ne sont pas tirés d’estimations militantes mais s’appuient sur des sources officielles : décisions de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) du 11 juillet 2025, rapports RTE 2025, schéma décennal de développement du réseau 2025-2035. Les coûts de soutien à la filière éolienne offshore, payés par tous les consommateurs via leur facture d’électricité, sont passés de 586 millions d’euros en 2025 à 922 millions d’euros en 2026 — soit une hausse de 57 % en un an. Pendant ce temps, EDF perd environ 17 milliards d’euros par an en revenus du fait des effacements imposés à ses centrales nucléaires.

Le retour d’expérience français : des prix de rachat hors de contrôle

L’annexe technique du rapport reconstitue les tarifs réellement payés aux exploitants des premiers parcs éoliens en mer français. Saint-Nazaire (mis en service en octobre 2022) bénéficie d’un tarif de 174 €/MWh en 2025. Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, mis en service en janvier 2024, atteint 196,3 €/MWh. Fécamp s’établit à 164 €/MWh. Ces tarifs incluent une revalorisation par rapport aux tarifs initialement négociés en 2018, lesquels étaient déjà nettement supérieurs au prix de marché.

Les parcs non encore construits — Courseulles, Dieppe-Le Tréport, Yeu-Noirmoutier — afficheront, sur la base des mêmes formules contractuelles, des tarifs estimés entre 165 et 180 €/MWh. Seul Dunkerque, attribué selon une logique d’appel d’offres modernisée, présente un tarif facial de 44 €/MWh — mais sans aucune réelle garantie sur la viabilité du projet, selon la Commission de régulation de l’énergie elle-même, qui a multiplié les avertissements sur la fragilité des montages financiers proposés.

Le rapport souligne, pour mettre les choses en perspective internationale, que les derniers appels d’offres de l’éolien flottant ont abouti, au Royaume-Uni à 230 €/MWh, en Italie à 185 €/MWh, et aux États-Unis à 278 €/MWh. En Méditerranée, les exploitants français — EDF, Engie et Qair — ont déjà demandé une revalorisation de leurs trois projets pilotes flottants, de 240 €/MWh initialement prévus à 370 €/MWh. Le premier parc flottant réellement en opération en Europe, Hywind Scotland, est rémunéré à 217 €/MWh.

Ces chiffres font voler en éclats le discours promotionnel selon lequel l’éolien en mer serait une énergie « compétitive » qui aurait vocation à faire baisser le prix de l’électricité. C’est strictement l’inverse qui se produit : chaque MWh éolien produit augmente mécaniquement le coût global du système.

Quatre demandes radicales : arrêter le programme

Sur la base de ce constat, le RETM formule quatre recommandations sans détour concernant l’éolien en mer :

  1. Suspendre l’ensemble du programme, posé comme flottant, et notamment les appels d’offres AO9 à AO11 prévus à partir de l’été 2026, ainsi que la reprise de l’appel d’offres d’Oléron 1 (resté infructueux).
  2. Stopper les travaux et études préliminaires sur les projets en cours d’étude non encore construits.
  3. Négocier l’annulation des marchés en cours AO5 à AO8, qui concernent notamment Bretagne Sud, Centre Manche 1, Centre Manche 2 et Dunkerque.
  4. Négocier avec les exploitants l’arrêt des parcs existants en exploitation — Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Fécamp, Yeu-Noirmoutier — afin de réduire la surproduction, alléger les charges de service public de l’électricité et soulager le réseau de transport.

La position s’appuie sur une démonstration économique solide.

Un scénario alternatif soumis à RTE : le N4TR

Au-delà du seul cas de l’éolien en mer, le Réseau Énergies Terre & Mer a élaboré un scénario énergétique complet, baptisé N4TR (pour « Thermiques Renouvelables »), soumis à RTE dans le cadre de la consultation officielle sur les scénarios Futurs Énergétiques 2050. Ce scénario propose :

  • une consommation cible de 625 TWh en 2050 (contre les 850 TWh retenus par les cinq scénarios officiels de RTE, jugés irréalistes par les associations) ;
  • un plafonnement des installations solaires à 25 GW en grande toiture, en autoconsommation collective ;
  • l’abandon de l’éolien terrestre et offshore ;
  • la reconstitution de la capacité nucléaire d’ici 2065, par prolongation des réacteurs existants et construction d’EPR2 et de SMR (petits réacteurs modulaires) ;
  • le développement des énergies thermiques renouvelables non électriques : géothermie de surface, biogaz, solaire thermique, réseaux de chaleur urbains.

Les huit propositions concrètes formulées vont dans le même sens : privilégier la sobriété et l’efficacité énergétique (potentiel estimé à 100 TWh d’économies annuelles), prioriser les filières dont le coût de production est inférieur à 50 €/MWh, développer les énergies thermiques départementales, et freiner la montée en puissance des énergies intermittentes pour résorber la surproduction.

Bretagne : les premiers concernés

Pour les Bretons et les habitants de la Loire-Atlantique, les enjeux exposés à Saint-Nazaire et à Morlaix sont d’une actualité brûlante. Les côtes des cinq départements bretons historiques (Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Atlantique) abritent désormais les parcs éoliens en mer de Saint-Nazaire (en exploitation depuis 2022), Saint-Brieuc (en exploitation depuis 2024), et bientôt Bretagne Sud au large de Groix et Belle-Île — un projet flottant que les associations demandent d’annuler avant tout début de construction.

Les opposants soulignent depuis des années les impacts cumulés de ces installations sur la pêche professionnelle, la navigation, le tourisme, le patrimoine littoral et la biodiversité marine. L’évaluation qualitative des externalités présentée en annexe du rapport RETM classe l’éolien maritime parmi les solutions énergétiques les plus défavorables sur l’ensemble des critères examinés — impact sur les grands sites classés, sur l’avifaune migratrice, sur les fonds marins, sur le cadre de vie. Les solutions alternatives évoquées (géothermie de surface, biogaz, photovoltaïque en grande toiture en autoconsommation) obtiennent des notes nettement supérieures, tant sur le plan économique qu’environnemental.

Une mobilisation qui s’organise dans la durée

Quatorze engagements collectifs ont été adoptés à l’issue des rencontres du 12 mai, répartis selon trois horizons. À court terme : réponse à la consultation RTE, diffusion des documents, préparation des recours juridiques sur les enquêtes publiques éoliennes et solaires — sachant qu’à compter de juillet 2026, ces projets ne pourront plus être contestés devant les tribunaux administratifs mais directement devant les Cours administratives d’appel, ce qui impose de travailler les volets juridiques très en amont.

À moyen terme (fin 2026) : inscription d’objectifs « chaleur » et « mobilité » dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET) ; lancement d’appels d’offres mutualisés à l’échelle des intercommunalités pour l’isolation, les pompes à chaleur, la géothermie et le photovoltaïque en toiture.

Enfin, le 3 septembre 2026, un événement européen est prévu à Bruxelles, rassemblant les collectifs anti-éolien de 17 pays européens. Objectif annoncé : 1 000 participants, dont 400 venus de France, pour réclamer auprès de la Commission européenne une évaluation socio-économique en coût complet à l’échelle continentale, dans la continuité de l’action engagée en 2025.

La force du dossier publié par le Réseau Énergies Terre & Mer tient à sa rigueur méthodologique. Les chiffres avancés s’appuient sur des sources officielles — CRE, RTE, SDDR 2025-2035, décisions ministérielles — et non sur des estimations militantes. Le calcul du coût complet, longtemps escamoté par les promoteurs de l’éolien et par les services de l’État, est désormais disponible et opposable. Il revient maintenant aux pouvoirs publics et aux médias dominants d’en débattre sérieusement, plutôt que de balayer ces analyses d’un revers de main au nom d’un consensus pro-éolien de plus en plus difficile à justifier économiquement.

Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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4 réponses à “Énergie : 142 associations dénoncent l’éolien en mer et présentent un plan pour faire baisser le prix de l’électricité”

  1. guillemot dit :

    S’il n’y avait pas eu, au parlement européen , toutes les magouilles sur le prix et la diffusion de l’énergie électrique et les diktats de l’Allemagne sur le nucléaire ,le coût de l’électricité ne serait pas aussi élevé. Et n’oublions pas que l’Allemagne est un pionnier dans l’éolien qui lui rapporte beaucoup

  2. lucotin dit :

    Et maintenant, une grosse manif devant les locaux de RTE pour exiger la démission des dirigeants qui ont « pondu » la PPE3 ?
    D’ailleurs qui a nommé le patron de RTE ?

  3. Axel dit :

    Et il a voté quoi Bardella sur ces projets au parlement européen ? Ah bah non je suis con, il n’était toujours pas présent sûrement…

  4. Georges PN dit :

    Hors-sujet : Breizh-info pourrait avoir la correction minimale de permette aux lecteurs de partager un article sur X, sans avoir à recopier-coller le titre. Je l’ai déjà demandé, mais les responsables ne prennent probablement pas la peine de lire les commentaires…

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