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05/01/2018 – 07h00 Paris (Breizh-Info.com via OJIM) – La chaine Arte organise fin 2017 une campagne de publicité pour l’émission « 28 minutes », sur le thème : « Le magazine qui regarde l’actualité en vous montrant ce qu’il y a derrière ». Au travers de quelques exemples, l’Observatoire du journalisme débusque la fausse objectivité de la rubrique Désintox et un vrai parti pris dans le choix et le traitement des sujets.
Le 3 mai, c’est la confusion des chiffres sur les demandeurs d’asile accueillis en France qui est débusquée. La fausse vérité serait une déclaration du porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale : « la France doit prendre sa juste part dans l’accueil, fixé à trente mille au niveau européen. On est à 6 ou 7 000, ce qui est loin d’être le raz de marée décrit par les représentants du Front national ».
La journaliste précise à juste titre que les chiffres concernent les demandeurs d’asile que la France s’est engagée vis-à-vis de la Turquie à « relocaliser ». Elle indique également que le nombre des « relocalisations » effectives de la Turquie vers la France concernerait 3 400 personnes et non 7 000 comme l’indique le parte parole d’En marche.
Si l’objectif était de rétablir la « vérité » sur le nombre de demandeurs d’asile, on peut s’étonner que la journaliste ne cite que le nombre de « relocalisés » et les 32 000 visas humanitaires délivrés par la France en 2016. Alors que pour estimer si la France fait sa « juste part » ou fait face à un « raz de marée », il est indispensable d’annoncer le nombre de demandes d’asile reçues par la France : 100 000 en 2016. Des chiffres bien loin des 3 400 réfugiés relocalisés indiqués par la journaliste.
Le 19 juin, Nicolas Dupont-Aignan est épinglé pour avoir publié un communiqué indiquant que « la commission européenne vient de lancer une procédure à l’encontre de la République tchèque, de la Hongrie et la Pologne au motif que ces pays n’auraient pas accueilli un assez grand nombre d’immigrés parmi les millions qui arrivent chaque année dans l’Union ».
Pour décoder et démonter l’affirmation de M. Dupont Aignan, la journaliste relève le faible nombre de migrants – quelques milliers – que ces pays doivent et ont accueilli au regard des 160 000 qui doivent être relocalisés en Europe dans la cadre de l’accord avec la Turquie. « On est loin donc des millions dénoncés par Nicolas Dupont Aignan » conclut la journaliste.
Si l’on se souvient à la fin de la « démonstration » de la journaliste des termes du communiqué de NDA, on retient que le leader de Debout la France :
– condamne les sanctions que veut prendre la Commission européenne, qu’il juge infantilisantes,
– indique que l’Union européenne accueille chaque année des millions d’immigrés.
Selon les derniers chiffres connus, l’Union européenne a accueilli 2,4 millions de citoyens de pays tiers en 2015 (statistiques d’Eurostat reprises par Le Parisien). Il faut aussi y ajouter les nombreux clandestins qui passent entre les mailles des statistiques, comme le soulignait Euronews en octobre 2015. Des éléments apparemment négligeables pour Arte quand il s’agit de minimiser le phénomène migratoire. Sortir une partie de phrase de son contexte pour la démonter, un grand exercice d’ «objectivité journalistique ».
Le 19 octobre, c’est l’évolution des centres de rétention administrative qui est passée au crible. En matière de dysfonctionnements dans l’éloignement des sans-papiers, « la faute reviendrait aux socialistes selon Eric Ciotti ». La déclaration incriminée du député Les Républicains : « La responsabilité, elle est surtout sur le gouvernement socialiste qui avait quasiment annulé le placement dans les centres de rétention ». Selon la journaliste d’Arte, ces centres ne se sont pas vidés pendant le dernier quinquennat. Elle cite une estimation de la CIMADE, qui évoque un « enfermement massif », qui concernerait jusqu’à 28 000 personnes. La journaliste évoque néanmoins la loi du 7 mars 2016 « qui fait de l’assignation à résidence la mesure de droit commun pour les étrangers en instance d’expulsion ».
Si l’objectif était de traquer des idées fausses sur l’éloignement des sans-papiers, force est de constater, à l’instar du député des Alpes maritimes, que le nombre de places dans les centres de rétention – 1 755 – est resté dérisoire à l’issue du quinquennat socialiste, au profit de l’assignation à résidence. Ceci au regard des 90 000 à 100 000 clandestins arrêtés chaque année, mentionnés par Le Figaro dans un article publié en octobre.
Là aussi, l’angle du décodage fait l’impasse sur une mise en perspective des enjeux de la politique migratoire : le nombre de clandestins sur le territoire, le nombre d’arrestations, les moyens alloués et le nombre d’éloignements sont passés sous silence. Le résultat est que l’on pense que le dispositif d’éloignement français à partir des centres de rétention tourne à plein alors qu’il est marginal au regard du nombre de personnes qui pourraient être concernées.
Le 6 novembre, « c’est le nombre d’élus locaux au sein du FN qui (est) passé au radar ». La journaliste s’appuie sur l’évolution du nombre de départs et de démissions d’élus de cette formation politique depuis les dernières élections municipales. Celui-ci serait plus élevé dans le parti frontiste que dans les autres partis. Ce qui amène la journaliste à conclure que le FN n’est pas un parti comme les autres. L’image de fin est une Marine Le Pen sous perfusion.
Sans remettre en cause ces chiffres, on peut s’interroger sur l’échantillon retenu : pourquoi se limiter à cette échelle de temps et aux seuls élus locaux ? L’objectif de la journaliste est-il de démontrer que le parti frontiste est en perte de vitesse ? Selon France Info en 2015, « depuis 2012, le FN a multiplié par 11 son nombre d’élus ». Même avec des défections, la tendance sur plusieurs années est à la hausse. La journaliste d’Arte choisirait-elle les indicateurs en fonction de ce qu’elle veut démontrer ?
Sous couvert de « débusquer toutes les intox qui viennent polluer le débat public », l’émission Désintox, co produite par Libération et la chaine publique culturelle, entretient les approximations et sélectionne certains sujets en fonction du message qu’elle veut faire passer. Et elle ajoute de fait de la pollution dans le débat public.
5 réponses à “Désintox. Emission «28 minutes» sur Arte : l’objectivité en berne”
Cette émission, c’est Boboland TV !
Les bobos journalistes parlent aux bobos parisiens. Comme ils détiennent la science infuse, tout ce qui va à l’encontre du dogme, est considéré comme mauvais et dangereux. Donc mentir ou exagérer, pour la défense « du bien », est un devoir pour eux !
Le camp du « mal », décrit comme « la fachosphère », est l’ennemi juré ! Toutes vérités émises par ce camp, doivent-êtres combattues et décrédibilisées, c’est l’honneur et le devoir du bobo !
La mère-nonne Quin de 28′ est là pour véhiculer les bienfaits de la pureté liberticide du prêt-à-penser.
Elle n’est pas là pour conduire l’élégance intellectuelle d’une controverse, elle est là pour faire condamner toute pensée libérée du catéchisme politiK de gauche et la faire tamponner fasciste, droite de la Droite…Et les petits affidés présents s’exécutent sans plus de circonspection.
A coté de çà, à coté du suiviste de service Bourdin qui joue les offusqués en faisant une tête de canard, …etc… etc, il est possible de suivre la bien menée intellectuellement émission ‘l’heure des pros (CNews) D’un dynamisme unique.
Entre Libé et Arte il n’y a pas de soucis à se faire ,ils font une belle paire pour soit la désinformation soit l’information qu’ils veulent faire passer.
Mais qui regarde Quin et Dély???
« L’émission Désintox, coproduite par Libération ». Tout est dit … Un peu comme France-Inter (un scandale qui dure et perdure) et ses « analystes », ses « experts » convoqués pour la bonne cause, ses commentateurs du Monde, ses dénicheurs de fakes news … Quelle blague … Que travaille la réinfosphère pour enfoncer chaque jour un peu plus toute cette canaille des grands médias !