Le Coq en pâte : une brasserie à viandes de référence sur Nantes.

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À Nantes, le cours des  50 otages a toujours polarisé les adresses à viandes. En son temps, il y avait la gigantesque brasserie le Carnivore, reprise depuis lors par  la chaîne Hippopotamus,  l’établissement  est d’ailleurs  posté  en quasi  vis-à-vis avec une des adresses phares de la ville : le Coq en pâte.

En peu de temps, ce restaurant s’est constitué un nom auprès des  amateurs habitués à morfiler la criolle. Un  juste retour  pour une enseigne qui  s’est  imposée une véritable exigence sur la  qualité et la fraîcheur  des viandes servies. Cette approche mérite d’être saluée, car elle propose un contre-modèle revigorant face aux  grosses brasseries installées sur le créneau rémunérateur de la barbaque sous-vide, grillée le plus souvent par  les forçats non-déclarés  de la restauration…

Un secteur ne faisant pas toujours dans la finesse et donc un peu  à l’image d’une clientèle somme toute  assez accommodante quand elle trouve davantage son compte dans le remplissage de son assiette, plutôt que dans son raffinement. Est-il besoin de rappeler la fâcheuse tendance de certains adeptes de l’entrecôte à exprimer leur contentement à l’aune  des portions servies ?

Mais toute cuisine est honorable et appelle à être défendue, pour peu qu’elle soit animée par une démarche d’excellence et une philosophie du fait maison, alors jugeons !

En ce début d’après-midi ensoleillé, la terrasse du Coq en pâte est comble, sur le parvis du restaurant quelques piliers de tonneaux s’agglutinent autour des fûts, pour un apéritif prolongé. La salle d’une grande capacité d’accueil infuse, par les boiseries et les lustres ainsi que  la promiscuité des tables,  une  atmosphère « Bouillon-Chartier » assez sympathique.

Menu du jour à 18€ ; sur deux propositions pour les  entrées et le plat principal. Et ça commence assez fort avec une entrée surprenante pour une cuisine de brasserie  généralement peu  encline à sortir du registre carnassier. Artichauts à la barigoule accompagnés d’un toast de charcuterie, parfaitement exécuté avec de belles senteurs  méditerranéennes dans l’assiette.

Une brochette de bœuf d’une belle tendreté

Le plat revient sur l’ADN du restaurant avec une brochette de bœuf d’une belle tendreté, mise en valeur  par une cuisson précise. La sauce montée avec un jus de viande  plaide décidément en faveur du  savoir-faire des cuisines. Frites authentiquement  « maison » en accompagnement. Le dessert se montre tout aussi étonnant et inattendu avec une proposition de jonchée charentaise, en compagnie d’une salade de fruits. Cette spécialité fromagère  à l’agonie (seule une poignée de producteurs sauvegardent son savoir-faire) doit sa forme originale en forme de fuseau par son modelage traditionnel  dans un moule en jonc qui strie sa surface. Il se consomme ultra-frais et se prête aux alliances sucrées notamment avec un coulis.

Au-dessus de la mêlée du tout-venant des brasseries à viandes

Bilan d’ensemble très  satisfaisant, qui hisse le coq en pâte au-dessus de la mêlée du tout-venant des brasseries à viandes se développant  sur le mode de la franchise. Dans ces conditions, on prend plaisir à sortir du  ghetto à bidoches, par la découverte d’une cuisine capable d’étayer  son répertoire à viandes avec des préparations variées et originales.

La carte des vins s’ouvre intelligemment aux vins « bios », en allant sur des références de connaisseurs : telle la cuvée 100 % syrah « A Peïssou » du domaine des Amiel, ce qui dénote une saine  implication de l’enseigne à  se démarquer de la standardisation imposée par le  négoce ligérien sur les propositions en vin dominantes  dans ce type de restauration.

Il reste que le point fort du Coq en pâte réside dans une offre abondante en viandes goûteuses, cuites avec méticulosité, avis donc aux amateurs du genre.

Raphno 

Le Coq en pâte 10 Allée Duquesne, 44000 Nantes. Tel : 02 40 20 09 50

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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