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François de Rugy va nous faire de la dépression. L’Élysée et Matignon l’ont carrément placardisé ; ce qui lui donne le temps de téléphoner à ses copains – un moyen comme un autre de passer le temps.
« Je propose, personne ne m’écoute »
En acceptant le job de ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy croyait jouer un rôle important dans la politique gouvernementale, en faisant preuve de davantage de souplesse que Nicolas Hulot. C’est pourquoi devenir n°3 de l’exécutif ne pouvait que faire saliver un homme qui fut longtemps un modeste député écolo (circonscription de Nantes Orvault), avant de faire le bon choix en se ralliant à Macron. Mais, si on n’a pas l’oreille du Président et la confiance du Premier ministre, ministre d’État, ça fait bien sur une carte de visite mais c’est tout. L’heure de la déception est donc arrivée : « Même moi qui ne suis pas le plus écolo des écolos, je n’ai aucun levier pour peser sur les décisions gouvernementales. Je propose, personne ne m’écoute. Au moins, au perchoir, j’avais un peu de pouvoir et on me craignait », a-t-il confié, après que son idée de retour à la taxe carbone a été sévèrement recadrée. Au visiteur du soir il avoue même, dans un soupir, ne pas savoir s’il terminera le quinquennat : « Trois ans, ça va être long, très long. » Pour tuer le temps, le ministre multiplie les coups de fil aux vieux amis d’EE-LV et de Loire-Atlantique (Le Point, 7 mars 2019).
Lorsqu’il téléphone à son suppléant, le « franco-algérien » Mounir Belhamiti, il peut évoquer la situation en France et en Algérie. Car ce dernier a un pied dans chaque camp. Il peut mettre sa casquette de Français : « L’État a adressé un message de sympathie à l’égard du peuple algérien. Il faut de la prudence, mais cela ne veut pas dire de l’immobilisme. La volonté du peuple algérien doit être entendue et nous devons accompagner le pouvoir dans cette évolution, mais sans aller trop vite. » Puis sa casquette d’Algérien : « Tout n’est pas à « jeter » en vingt ans de pouvoirs. D’importants projets ont été menés » (Presse Océan, mercredi 13 mars 2019).
Le stade de la Beaujoire
Avec ses amis, de Rugy peut s’entretenir du projet de nouveau stade pour le FC Nantes, piloté par l’homme d’affaires « franco-polonais » Waldemar Kita. Comme Nantes – Métropole refuse de vendre les terrains nécessaires, l’affaire tombe à l’eau. Ce que regrette de Rugy : « C’était une opportunité : la première fois en France où un stade aurait été financé à 100% par des investisseurs privés. » (Ouest-France, Loire-Atlantique, lundi 4 mars 2019). « Lundi 25 février, un communiqué de la présidente de Nantes – Métropole annonçait l’abandon du projet de nouveau stade privé en raison des soupçons de fraude et d’évasion fiscale pesant sur le propriétaire actuel du FC Nantes, Waldemar Kita, soupçons matérialisés par trois perquisitions menées la semaine précédente à l’initiative du Parquet national financier. » (Libération, mercredi 6 mars 2019). Kita est loin d’être tout blanc puisqu’il avait été épinglé en 2016 dans l’affaire des « Panama Papers ».
Bizarrement, de Rugy ne semble pas craindre le scandale – ce qui n’aurait pas manqué de survenir à un moment ou à un autre. C’est aussi l’occasion de noter que le ministre a un goût prononcé pour l’immobilier : « Le projet urbain qui allait avec permettait de construire un nouveau quartier attractif autour de la Beaujoire. », ajoutait-il dans son entretien accordé à Ouest-France. Ceux qui voient le mal partout rappelleront que lorsqu’un politique s’intéresse de trop près à l’immobilier, c’est mauvais signe ; ça se termine souvent mal…
Bernard Morvan
Crédit photo : Rémi Jouan/Wikimedia (cc)
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Une réponse à “François de Rugy compte pour du beurre”
[…] Source : http://www.breizh-info.com/2019/03/17/114351/rugy-ecologie-macron-kita Auteur : Date de parution : 2019-03-17 04:18:45 […]