Allez ! Le homard et les « blaireaux »… [L’Agora]

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Commençons par cette précision : les « blaireaux » dont il va être question n’ont rien à voir avec la famille des Mustélidés en particulier des Meles meles et leurs 34 dents… Je tiens à présenter à cette noble espèce, dont le poil de qualité fait mousser le savon à barbe, mes plus plates excuses. J’ignore comment leur dénomination méprisante de pauvres types a pris une telle importance dans la désignation des nauséeux de notre vie urbaine moderne. Mais je l’emploie…

On était sur le bas des Champs Élysées, ce matin du 14 juillet. On y voyait même un homme volant, tout juste debout sur une petite plate-forme à cinq réacteurs… ça alors ! Ça en jetait ! Et des engins (des « robots ») qui font la gloire de l’ingénierie française… Pas étonnant que ce soit le cinquième centenaire de ce vieux barbon de Leonard de Vinci. Il m’a semblé le voir ressuscité, parole.

Alors, au lieu de se régaler des innovations présentées, d’écouter les reporter(e)s dont une descendait en parachute (bravo la fille !), une autre en combinaison orange commentait un intérieur d’avion particulièrement mystérieux, on entendit sur les « chaînes » les sycophantes des glaireux GJ brailler leurs slogans. C’était du plus grand mauvais goût. Moi, j’aime l’armée française ! à pied, à cheval (ce fut mon arme), en voiture et en avion. Sur mer ou sous les flots, pareil… Mais le mauvais goût, à notre époque, qui s’en soucie ? Surtout pas les « chaînes »…

L’après-midi, les « blaireaux » étaient de retour… Sur leur territoire préféré : les champs…  « Élysées ». Ça m’a blessé… si si ! Parce que jérémier sur leurs malheurs et leurs détresses, ça commence à bien faire. Ils se sont répandus sur leurs souffrances : « On ne nous comprend pas », « on ne nous entend pas », « Macron démission »… etc., et plus ordurier encore. Au lieu de les embastiller ou même de les fusiller (hein, de quoi ?) on fait mine de les poursuivre, de les arrêter. Ils ressortent fiérots et avantageux, en roulant des mécaniques. J’en entends même qui « porte plainte » pour « entrave à la circulation ». Comme si, en novembre de l’an passé, ces (rascals, in english) n’avaient pas « entravé la circulation »…

L’année 2019 a mal commencé. Ça continue… Les « blaireaux » s’insinuent partout, répandant leur forte odeur musquée – ça sent la pisse de chat. Remarquez, mieux vaut ne pas manger de homard, parce qu’à la « sortie » ce n’est pas terrible. Tiens, à propos, les journalistes qui critiquent – c’est leur principe de base – ne connaissent rien de rien au vin. « Ils » boivent de l’eau et parlent à tort et à travers des bouteilles « à 500 euros » que le seigneur du château d’Orvaux (allez, c’est une blague!) ouvrirait pour la soif de ses amis… Ce qu’ «ils » ignorent, c’est que la cave du Panthéon (je crois pas, ça serait plutôt du Château de « lacet ») est constituée depuis longtemps, avec des vins de Bordeaux (du temps de Chaban – ça ne nous rajeunit pas) et qu’il s’y trouve de merveilleuses vieilles bouteilles achetées pour rien au temps de leur jeunesse. Et même données en cadeau par les vignerons flagorneurs… Un vin de Bordeaux, ça se débouche très vieux, fainéants. Et d’abord on hume, on admire la « robe » et on n’en met pas avec le homard. Tss… Allez donc, pour savoir, regarder ce que Breizh-Info du 14 juin de cette année, conseillait comme vin avec le homard.

Du dire de Raphno, qui est un très bon sommelier et un grand connaisseur de l’accord des vins et des mets, « le postulat de départ consiste moins à se focaliser sur le produit principal du plat, autrement dit le homard, que de prendre en considération le cristallisateur de l’accord exerçant une influence prédominante, à savoir la sauce ! » … Et là, première erreur à éviter : ne pas servir du vin blanc sec très minéral (comme par exemple le muscadet… hi hi hi). Se rabattre sur du rosé… (Bigre !) qui n’appartiendrait pas « à l’engeance des rosés de consommation courante. » Mais il y a mieux : essayez donc, nous dit Raphno, le lambrusco (un vin italien pétillant) « fermenté en méthode traditionnelle ne conservant aucun sucre résiduel. L’association improbable possède tous les atouts d’un mariage fusionnel entre une sauce affirmée en saveurs et une bulle fine et enveloppante. » Rien à voir avec la bibine (lambrusco) vendue sous ce nom…

Ben voilà… Si vous lisiez plus attentivement Breizh-Info, vous sauriez servir un bon vin avec un homard qui ne soit pas surgelé (en provenance de Chine ou du Canada) et acheté bien vivant sur le port de La Turballe ou à Pornic (moi, je les mange uniquement à Ouessant, venant de chez Jézéquel). Les « blaireaux » ne savent pas manger le homard. Ils peuvent au moins apprendre que le seigneur d’Orvaux fut jadis le marquis de Maubreuil, un sacré lascar qui, au changement d’ère – Bonaparte ayant perdu ses guerres et ses soldats, le gros Louis XVIII entrant dans Paris à la traîne des fourgons prussiens et russes -, le marquis de Maubreuil, donc, opportuniste, cavala sur les boulevards, sa médaille de Légion d’honneur (donnée par l’Empereur) roulant dans la crotte, accrochée à la queue de son bourrin.  Allez, les « blaireaux »… ya encore du boulot !

MORASSE

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