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Qu’attendre de la rencontre européenne sur les droits linguistiques qui va se tenir à Rennes le 25 octobre prochain ? Sous l’égide d’un Conseil régional dont l’inaction pour défendre la langue bretonne était encore récemment soulignée, la question se pose.
Année internationale des langues autochtones
2019 a été proclamée Année internationale des langues autochtones par l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU). Dans ce cadre, de nombreux évènements liés aux langues autochtones ont été organisés depuis le début de l’année à travers le monde entier, de même qu’une série de réunions d’experts nationaux et internationaux.
C’est dans ce contexte qu’une rencontre européenne sur les droits linguistiques est prévue à Rennes le vendredi 25 octobre 2019. Le rendez-vous doit se dérouler dans l’hémicycle du Conseil régional de Bretagne. Le choix du lieu rappelle que le Conseil régional présidé par Loïg Chesnais-Girard est organisateur de l’évènement, tout comme Kevre Breizh, qui se présente comme la « coordination des associations culturelles de Bretagne ». Une coordination dont les motivations dépassent parfois la défense de la langue et de la culture bretonne, comme nous l’avons déjà souligné par le passé.
Langue bretonne : encore des paroles sans actes ?
Pour cette journée dédiée aux langues autochtones, une série d’intervenants est d’ores et déjà annoncée. Parmi eux, se trouvent la présidente du réseau Diwan Stéphanie Stoll, la présidente de la commission langue corse à l’assemblée de Corse Vannina Angelini, le représentant du mouvement basque Kontseila Paul Bilbao ou encore le député du Morbihan Paul Molac. Ce dernier présidant le groupe de travail Langues et cultures régionales à l’Assemblée nationale.
À travers le monde, les menaces pesant sur les droits linguistiques des minorités sont nombreuses et les quelques 6 000 langues parlées sur la planète pourraient être divisées par deux d’ici 2050. Si l’objectif de cette rencontre européenne est de faire alterner le partage d’initiatives citoyennes pour la préservation des langues et les interventions d’experts, ce 25 octobre a, malgré lui, des allures d’énième réunion sans conséquences pour la survie de la langue bretonne.
Conseil régional : un Emsav domestiqué
En supervisant ces rencontres et en mettant ses locaux à disposition, la Région Bretagne (B4) tente donc de s’attirer les faveurs du mouvement culturel breton à peu de frais. Un mouvement culturel dont une partie dénonçait l’inaction du Conseil régional il y a à peine quelques semaines. En rappelant notamment que le budget 2019 pour le breton voté le 8 février dernier n’avait pas augmenté par rapport aux précédentes années. Avec une dotation minable équivalente à un montant de 2,24 € par habitant, Loïg Chesnais-Girard et sa majorité se sont donc montrés incapables de faire preuve d’une réelle volonté politique pour sauver la langue bretonne. À titre de comparaison, ce montant est de 7,50 € en Corse…
Ces faux-semblants de la part du Conseil régional, dont Loïg Chesnais-Girard n’est par ailleurs pas le premier président à duper les défenseurs du breton, ne semblent toutefois pas trop déranger les personnalités de l’Emsav qui comptent se rendre dans son hémicycle pour ce rendez-vous. Rien de nouveau !
Arthur Keraudren
Crédit photo : DR
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