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Le groupe Tri Yann va tirer sa révérence au début de l’année 2020. Des concerts d’adieu déjà complets pour certains et la conclusion de 50 ans de scène pour ceux qui ont permis à plusieurs générations la découverte ou l’ignorance de l’identité bretonne.
Tri Yann an Naoned : quand la Bretagne se relevait
Si l’on vous demande de citer un groupe musical symbole de la Cité des Ducs de Bretagne, il est fort probable que vous pensiez directement à Tri Yann et à ses Prisons de Nantes. Tri Yann an Naoned, plus précisément. Voilà 50 ans que les 3 Jean de Nantes écument les scènes avec leur répertoire traditionnel breton revisité.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin et Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau ont décidé de ranger leurs costumes en 2020. L’occasion de se replonger dans l’histoire de cette formation ayant vu le jour en 1969. C’est à Plouharnel, en décembre 1970, qu’ils donneront leur premier concert. Le début d’une longue série alors que l’époque était au renouveau de la culture bretonne, mouvement initié notamment par Alan Stivell quelques années auparavant. Et par Milig ar Skañv, alias Glenmor… Dans une Bretagne de cette fin des années 60 où un simple autocollant « BZH » apposé à l’arrière d’un véhicule pouvait valoir d’être inquiété par les gendarmes tandis que le FLB première génération faisait déjà parler la poudre.
Dans ce contexte, chanter en breton des chansons traditionnelles sur des airs de musique celtique était bien plus qu’un simple spectacle « folklorique », comme on aime encore le dire à Paris.
« La découverte ou l’ignorance » et le Bro Gozh
Le premier album, intitulé Tri Yann an Naoned, sortira en 1972. S’en suivront le succès et 50 années de carrière ininterrompue. Si le groupe ne s’est jamais dépareillé de son image festive et bon enfant, certains de ses textes n’en demeurent pas moins de véritables portes d’entrée vers la voie bretonne.
Ce fut notamment le cas de « La découverte ou l’ignorance », dont le texte est issu du livre Comment peut-on être breton ? de Morvan Lebesque. Par ailleurs, les Tri Yann seront aussi parmi les premiers à reprendre sur scène le Bro Gozh ma Zadoù, hymne national breton.
Leur discographie, riche de 16 albums studio ainsi que de nombreux albums live et compilations, comprend plusieurs titres devenus aujourd’hui des classiques du répertoire breton. Florilège :
« Et Nantes pour son avenir, en Bretagne doit revenir » :
« Enor, enor d’ar gwenn-ha-du ! », le Cygne de Montfort :
Tri Yann : le 28 mars à Nantes pour la dernière
Pour voir une dernière fois Tri Yann dans ses œuvres, mieux vaut vous y prendre très rapidement. Le Kenavo tour passera par l’Olympia à Paris le 22 mars 2020. Avant le concert d’adieu ultime le samedi 28 mars à la cité des Congrès de Nantes. À savoir que cette représentation affiche d’ores et déjà complet. Face au succès des ventes, deux autres dates, le 10 et le 11 mars, toujours à la Cité des congrès, ont été ajoutées entre temps.
Tri Yann, avec qui Breizh Info s’entretenait fin 2018, aura donc rempli sa mission de groupe éveilleur de la conscience bretonne. Malgré ses penchants politiquement corrects vers l’obligatoire « ouverture sur le monde » à laquelle nous a habitué la sphère culturelle bretonne depuis les années 70. Malgré le long passage de Jean-Louis Jossic au sein du conseil municipal de Nantes dans les rangs socialistes du très peu friand de Bretagne Jean-Marc Ayrault. À charge de groupes plus « idéologiquement irréprochables » de faire mieux. Mais la critique restera toujours plus facile que l’art… En attendant, les titres des Tri Yann de Nantes n’en ont pas fini de raisonner en diverses occasions. En Bretagne comme ailleurs.
Arthur Keraudren
Crédit photo : DR (Photo d’illustration)
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