« Marchons Enfants ». Un prince, des identitaires et une foule inaudible

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Dimanche, La Manif Pour Tous et toutes les autres associations rassemblées derrière le collectif baptisé « Marchons enfants » avaient de nouveau appelé à manifester dans les rues de Paris contre les projets de loi du gouvernement sur la bioéthique et la famille. Y avait-il pire période pour organiser une manifestation contre la PMA ?

Un contexte défavorable

La capitale fait en effet face à un mouvement social de grande ampleur qui dure depuis près de deux mois. Si les Parisiens sont déjà éreintés, le gouvernement d’Emmanuel Macron l’est aussi et aurait eu, quel que soit le nombre de manifestants du week-end, d’autres préoccupations que son projet de loi sur la bioéthique. Vendredi soir encore, le président de la République était exfiltré d’une représentation théâtrale à laquelle il assistait dans le dixième arrondissement de Paris car des militants hostiles à la réforme des retraites venaient l’en déloger.

Après cela, difficile d’imaginer qu’un cortège poli, bienveillant voire naïf puisse attirer l’attention du chef de l’État.

D’après les organisateurs, plusieurs centaines de milliers personnes ont battu le pavé. Les revendications étaient les mêmes que lors de la manifestation du 6 octobre 2019 : non à la PMA pour les lesbiennes et femmes célibataires, qui priverait les enfants d’un père, et non à la GPA, suite logique du processus entamé en 2013 avec la loi du « mariage pour tous ».

« Le Roi » se soulève contre la République (En Marche)

Les habituelles têtes de file de la droite dite « réactionnaire » étaient de la partie, comme Jean-Frédéric Poisson, Emmanuelle Ménard ou Nicolas Bay. François-Xavier Bellamy, plus en odeur de sainteté chez les Républicains, était là lui aussi, déplorant devant les médias que le débat sur le projet de loi incriminé soit interdit.

Plus prestigieux et symbolique, le duc d’Anjou, Louis de Bourbon, aîné de la famille des Bourbons et prétendant au trône de France, marchait lui aussi contre les projets de la République.

Ce n’est pas la première fois que celui que ses partisans appellent « Louis XX » s’exprime sur un sujet de politique national. En décembre 2018, il avait notamment défendu les revendications des Gilets jaunes et critiqué l’immigration après l’attentat islamiste de Strasbourg.

La différence de taille avec les précédentes manifestations était la présence d’un groupe militant identitaire, et pas n’importe lequel, Génération Identitaire.

https://twitter.com/AnaLignier/status/1218903661222551552

Les militants LGBT contre-attaquent

Paradoxalement, hormis les manifestants eux-mêmes, les seuls qui semblaient être intéressés par le rassemblement du week-end étaient les militants LGBT. Une contre-manifestation s’est tenue un peu plus loin dans Paris tandis que les internautes, comme à l’automne dernier, se sont fendus de commentaires graveleux contre les catholiques sur Twitter.

Le stade de la vulgarité a cependant été dépassé par des militants girondins qui ont tagué pas moins de sept églises de la région bordelaise, entraînant des plaintes des élus, qui resteront sans doute sans suite, comme à chaque fois qu’un édifice catholique est pris pour cible.

Une nouvelle action de « Marchons enfants » est prévu pour le 8 mars prochain, soit à la date de la journée de la femme.

AR

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

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