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Face à la procédure de dissolution engagée par le gouvernement, Génération Identitaire organise un grand rassemblement à Paris ce samedi 20 février. Porte-parole du mouvement, Thaïs d’Escufon donne à Présent des précisions sur l’offensive menée par Gérald Darmanin et appelle les Français à la mobilisation.
— Quand et comment avez-vous appris la décision du gouvernement de dissoudre Génération Identitaire ?
— Le président de Génération Identitaire a reçu vendredi soir (ndlr : le 12 février) une lettre du ministère de l’Intérieur qui lui notifiait la mise en place de la procédure de dissolution du mouvement. Dans celle-ci étaient recensés une vingtaine d’éléments censés appuyer deux chefs d’accusation que le ministère de l’Intérieur nous reproche, à savoir « l’incitation à la haine » et « la constitution d’une milice ». Sauf qu’en s’y attardant, on a constaté que tout était absolument faux, il y avait un grand nombre d’erreurs factuelles, c’était même à se demander si ce n’était pas un stagiaire du ministère de l’Intérieur qui l’avait écrite !
— Quelles étaient ces erreurs grossières ?
— Il nous était par exemple reproché notre opération au col de l’Echelle, dans les Alpes, en avril 2018, où nous avons déroulé une frontière symbolique. Une opération pour laquelle nous avons été relaxés en décembre dernier par la cour d’appel de Grenoble. La justice a déjà tranché donc il n’est pas compréhensible que cet élément figure dans la lettre de dissolution. Il nous est par ailleurs reproché notre opération faite dans les Pyrénées le mois dernier. C’est celle qui a finalement fait réagir Gérald Darmanin et qui lui a fait prendre la décision de dissoudre Génération Identitaire. Celle-ci est pourtant très similaire à la précédente donc nous ne sommes pas inquiétés par la justice.
En ce qui concerne « l’incitation à la haine », nous avons eu un procès à la suite de l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers en 2012 mais nous n’avons pas été condamnés non plus pour cette action. Tous les éléments peuvent être démontés un par un de manière très simple, on voit bien que c’est sans fondement.
— Etes-vous surprise par cette offensive du gouvernement ?
— Non, cela rentre tout à fait dans l’agenda politique de Gérald Darmanin qui souhaite, à l’image d’Emmanuel Macron, donner à la fois des gages à la droite en dissolvant des associations islamistes comme BarakaCity ou le CCIF – qui elles, pour le coup, ont des liens avérés avec le terrorisme islamiste –, et à la gauche en s’en prenant à Génération Identitaire. C’est bien sûr totalement absurde de mettre sur le même plan notre mouvement et des associations islamistes qui souhaitent attaquer l’identité de la France et la détruire tandis que nous, nous souhaitons la protéger et la défendre. Par ailleurs, on voit bien que l’UOIF, qui est la branche française des frères musulmans, une organisation considérée comme terroriste dans de nombreux pays, n’est pas inquiétée de dissolution, tout comme cette centaine de mosquées qui en France prêchent encore le jihad.
— Vos actions n’ont donc rien d’illégal ?
— Nos actions ont toujours respecté le cadre de la loi, elles sont purement symboliques. Le préfet de Haute-Garonne avait reconnu que nous n’avions causé aucun trouble à l’ordre public lorsque nous nous sommes rendus dans les Pyrénées et que nous n’avions posé aucun acte illégal. Green Peace n’a jamais été menacée de dissolution pour ses actions d’agit-prop semblables aux nôtres… C’est une décision politique et idéologique de Gérald Darmanin. Nous avons démontré son incapacité à protéger la France et ses frontières, il l’a mal pris et voilà sa réponse.
— Vous organisez une grande manifestation samedi 20 février à Paris, dans quel but ?
— Nous organisons effectivement un grand événement pour la liberté d’expression, pour la liberté d’association et en soutien à Génération Identitaire. Au-delà de l’aspect juridique, puisque nous préparons activement notre défense avec quatre avocats dont maître Gilles-William Goldnadel qui a accepté de nous défendre, nous voulons également montrer au gouvernement que nous sommes capables de faire pression, d’être nombreux, que nous sommes loin d’être seuls. Il y a une majorité de la population qui partage nos constats vis à vis de l’immigration massive, il y a d’ailleurs de nombreux hommes politiques français qui se sont prononcés contre la dissolution de Génération Identitaire car ce serait une grave atteinte à la liberté d’expression. C’est peut-être la dernière manifestation que pourra jamais organiser Génération Identitaire, c’est peut-être la dernière chance que nous avons de faire pression et de montrer que nous ne nous laisserons pas faire aussi facilement. Nous comptons bien contre-attaquer cette décision politique du gouvernement ! Enfin, ce n’est pas seulement notre mouvement qui est attaqué mais ce sont toutes nos idées et la possibilité de critiquer l’immigration. C’est particulièrement grave et c’est pour cela aussi que nous appelons les Français à venir manifester avec nous. C’est scandaleux que la critique du gouvernement entraîne une dissolution, nous avons le droit d’exprimer notre opinion dans le débat public, opinion qui encore une fois n’a rien d’illégal.
— Pensez-vous pouvoir faire annuler la dissolution de votre mouvement ?
— Si c’est uniquement le droit qui est jugé dans cette affaire, nous gagnerons ! C’est une évidence puisque comme je vous le disais, les accusations sont fausses et bancales. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que le ministère de l’Intérieur est clairement déterminé à dissoudre Génération Identitaire et je pense que Gérald Darmanin est prêt à outrepasser le droit. Si besoin, nous irons jusqu’au Conseil d’Etat pour contester cette décision. Nous sommes simplement inquiets que l’idéologie prenne le pas sur le droit.
— Est-ce la fin de la liberté d’expression en France ?
— Si cette affaire ne marque pas la fin de la liberté d’expression dans notre pays, elle lui porte en tout cas un sacré coup, peut-être le coup qui enclencherait tout un tas d’autres décisions répressives de la part du gouvernement.
— Que doit-être la liberté d’expression selon vous ?
— Nous sommes censés avoir le droit d’avoir un avis en France, de nous opposer à l’immigration, de dire par exemple qu’il y a un lien entre délinquance et immigration, ce qui nous est pourtant reproché dans le courrier que nous avons reçu. Cette lettre a aussi retenu contre nous des propos que j’ai eu « le culot » de tenir, et plus précisément que notre peuple est submergé et assassiné par l’immigration massive… ce qui est vrai ! N’importe quel intellectuel de droite aurait pu les tenir sur un plateau télé sans être inquiété et condamné. C’est la liberté d’expression et je n’ai jamais eu de poursuites judiciaires pour ces propos-là.
— Quel message Gérald Darmanin fait-il passer en voulant censurer ces propos ?
— Le message qu’envoie le ministère de l’Intérieur, c’est que les Français doivent se laisser tuer en silence, que nous n’avons pas le droit de demander justice pour les Français qui se font massacrer, assassiner, égorger par des islamistes ou des délinquants et des racailles. C’est une atteinte très grave à la liberté d’expression et nous en avions déjà fait les frais via les réseaux sociaux, où nous sommes censurés. C’est le coup de grâce, mais, ce que je peux vous dire, c’est que le combat identitaire a existé avant Génération Identitaire et il existera après. Tant qu’il y aura de l’immigration massive, il y aura des gens pour s’y opposer, pour dénoncer les dangers et les dégâts qu’elle engendre. •
Propos recueillis par Louis Marceau
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