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En ce moment a lieu en Espagne le procès des djihadistes de la cellule de Ripoll, animée par un imam marocain déjà cité dans le dossier des attentats d’Atocha à Madrid, qui ont causé des attentats en août 2017 à Barcelone et Cambrils. Le sociologue Jérome Ferret, interrogé par France 3, explique les raisons de leur passage à l’acte – tout en évitant soigneusement d’aborder la question de la radicalisation de l’islam ou du manque d’intégration des musulmans dans les sociétés occidentales.
Jérôme Ferret travaille sur un projet financé par l’Agence nationale de recherche (SOV-ANR) visant à comparer des zones géographiques sur la question de la sortie de la violence. Après avoir travaillé sur des problématiques liées aux séparatismes territoriaux – basques notamment – il a étudié le procès pour comparer le djihadisme en Catalogne aux formes connues en France depuis 2012.
Le procès jugeait près de Madrid deux des membres présumés du groupe, Mohamed Houli Chemlal et Driss Oukabir, ainsi qu’un complice présumé, Said Ben Iazza. Le 17 août un attentat à la voiture-bélier a fait 13 morts et 50 blessés à Barcelone, puis dans la nuit du 18 août, cinq terroristes dans une camionette ont foncé sur la promenade du bord de mer à Cambrils, 120 km au sud de Barcelone. La police catalane a ouvert le feu et tué quatre des cinq terroristes, le cinquième succombant à ses blessures.
Marqué par les dissensions entre Madrid et Barcelone – l’imam était un informateur des services secrets espagnols, mais les terroristes qui fréquentaient sa mosquée ont frappé en Catalogne, le procès a aussi eu beaucoup de mal à établir le niveau d’implication de ceux qui n’étaient que des acteurs secondaires, et qui ont toujours chercher à se démarquer de leurs collègues tués.
« Leurs traces numériques ont permis de savoir qu’ils avaient beaucoup consulté des sites de manutention, de construction de bombes, de produits explosifs mais que parallèlement ils avaient une forte propension à regarder et à étudier une période bien particulière de l’histoire de l’Espagne : la Reconquista », précise cependant Jérôme Ferret.
Celui-ci aborde un autre aspect du procès : « Il y aussi eu le concept du Nafara, c’est-à-dire le concept de fraternité, qui est apparu lors de ce procès. Il circulait entre les membres de la cellule de Ripoll et représente un mot important dans l’imaginaire jihadiste. C’est l’idée de force entre frères. Le concept d’autodéfense contre une société qui vous agresse à la fois symboliquement et matériellement. C’est-à-dire une énorme haine vis-à-vis de la société d’accueil ».
Des liens avec la France ? « Une fin de non-recevoir des services français »
Abordée pendant le procès, la question des liens avec la France – avérée pour le trafic de drogue de l’un des protagoniste – restera au point mort. « Un coup de téléphone a été évoqué entre Driss Oukabir et des individus habitants dans le Tarn pour qu’ils viennent à Ripoll. L’hypothèse qui ressort c’est que Driss Oukabir avait des relations de deal en France. Mais nous en sommes restés là. Sur une fin de non-recevoir des services français. Pour l’instant on reste dans un angle mort. De quel soutien logistique ont-ils pu bénéficier en France ? On est dans le silence entre services du renseignement. Les Espagnols ne comprennent pas ».
Louis Moulin
Illustration: DR
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2 réponses à “Catalogne. Selon un sociologue, les djihadistes sont inspirés par la Reconquista et une « une énorme haine pour la société d’accueil »”
il n’y a pas besoin d’être sociologue pour se rendre compte que les arabo-musulmans sont haineux de l’occident et des blancs , et que c’est l’islam qui sert de fédérateur pour mener la guerre qu’ils nous font , ouvertement et violemment pour certains , insidieusement et par derrière pour les autres.
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