Nantes. 25e fusillade de l’année : cette fois, c’est un bus…

A LA UNE

Il fallait vraiment que Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, vienne pour que les syndicats de la SEMITAN brisent le black-out imposé par le politique :  un bus C20 rentrant au dépôt s’est fait canarder à Porte d’Orvault le 18 mai dernier par le passager d’une voiture grise. Bilan : trois vitres étoilées et un conducteur qui ne sait toujours pas si ce sont des billes d’airsoft ou de vraies balles.

Une poudrière

« Cette ligne partait d’une bonne intention, mais c’est une poudrière », disait à son sujet un chauffeur de bus il y a peu. Pensez donc – relier Chantenay (donc l’ouest de Nantes) aux facs sans passer par le centre. En réalité la ligne relie Bellevue aux quartiers nord en passant par le Breil et les Dervallières – un collier où les quartiers dits « sensibles » sont enfilés comme des perles.

« Régulièrement nos bus sont empruntés par des bandes qui vont se fighter [se battre] dans le quartier d’à-côté, quand ce n’est pas le bus lui même qui devient un champ de bataille ». Pour cet autre chauffeur, « c’est la pire ligne de Nantes, c’est toujours tendu ».

Un vrai scénario pour le polar NantesFlix dont les affiches ont inondé Nantes il y a un mois. Après tout, il y a déjà eu un film – au sujet du trajet d’un bus scolaire dans le Bronx – en 2012, The We and the I, présenté à Cannes et qui a gagné le prix de la critique internationale du Festival de Deauville. Le polar NantesFlix aurait ses chances au festival international du film policier de Beaune…

Omerta à la Boissière

Un autre fait divers témoigne de la réalité des « quartiers » nantais : le 19 mai dernier une automobiliste est percutée par un quad alors qu’elle circule rue des Renards, à la Boissière. Quartier « sensible », surtout en début de soirée. Elle demande un constat pour faire les réparations, une dizaine de jeunes la tabasse, ainsi qu’un témoin qui s’est interposé, et lui vole son téléphone.

Cette fois, la police arrive à attraper trois jeunes qui étaient sur le quad, mais tout le monde nie. Le propriétaire de leur avoir prêté, la jeune femme que c’étaient eux qui les ont tabassé et les témoins qu’ils étaient sur place. Ont-ils reçu des menaces de représailles ?

Aux Dervallières, le deal continue comme avant 

Un mort, une dizaine de fusillades et rien ne change – à part que la municipalité nantaise semble avoir renoncé à ériger un perchoir à dealer (150.000 €) devant l’entrée du 12, au Building. Au 16 et derrière, le deal continue comme avant. Et il y a trois semaines une trentaine de « jeunes » ont battu comme plâtre un autre, rue le Lorrain, sur fond de drogues là encore.

Face au discours « tout va bien » de la municipalité socialistes, qui insiste sur la création d’une aire de jeux devant le Building – et juste devant les dealers du 16 – les locataires du Building se sentent abandonnés. « On est à des années lumières de leurs préoccupations. D’ici on voit toute la ville, mais eux, ils ne nous calculent pas. On est réduit à attendre les prochaines fusillades, les prochains morts peut-être, les balles perdues dans nos fenêtres. Tant que le deal perdure il y aura de nouvelles fusillades ».

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
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