Nantes. La police municipale va-t-elle enfin pouvoir disposer d’armes létales ? Réponse demain…

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La police municipale de Nantes va-t-elle enfin être armée ? C’est la question qui sera examinée ce vendredi par le conseil municipal à majorité socialo écologiste, présidé par Madame Rolland (PS).

La question est posée par le syndicat FO police municipale qui demande à ce que les policiers municipaux, qui sont notamment amenés à intervenir dans les  quartiers dits « sensibles » où règnent les dealers, soient équipés d’armes létales afin de pouvoir riposter, en cas de besoin, et d’assurer la protection de la population nantaise. Aujourd’hui en France 60% des policiers municipaux sont armés.

Le grand écart entre les missions confiées officiellement à la police municipale et la réalité du terrain

Si l’on s’en tient aux missions confiées officiellement à la police municipale nantaise – « main levée de véhicule fourrière ; surveillance et régulation des espaces publics dans le cadre des pouvoirs de police du Maire : application des arrêtés municipaux ; intervention sur troubles de la tranquillité, tapages, problèmes de stationnement, de circulation ; prévention et sécurité routière ; occupation indue du domaine public ; sécurisation de manifestations festives, culturelles et sportives. » – l’armement des policiers ne semble pas prioritaire. Sauf que la réalité de ce qu’ils vivent sur le terrain est très différente.

162 fusillades en trois ans…

Pour mémoire, l’agglomération nantaise a enregistré 69 fusillades en 2019, 35 en 2020 (effet confinement …) et 58 en 2021, soit un total de 162 en trois ans, la plupart liées au trafic de drogue. Et ça continue…

« On n’est pas chez les bisounours. »

Sur ce dossier sensible, le syndicat FO, qui est majoritaire au sein de la police municipale nantaise maintient sa position. Dans Ouest-France, il affirme : « On n’est pas chez les bisounours. Nantes est une des villes où la criminalité et la violence ont fortement augmenté. (…)  Les policiers municipaux interviennent de plus en plus sur les lieux de deal, dans les cages d’escalier. Ils sont en danger permanent. La preuve en est : de plus en plus d’armes circulent en centre-ville. À plusieurs reprises, les agents ont été confrontés lors d’une interpellation à la découverte d’arme à feu ».

« Les policiers municipaux doivent pouvoir riposter en cas d’attaque, estime Laurent Desgens, délégué FO police municipale à Nantes. Nous constatons que le pistolet à impulsion électrique n’est plus suffisant. L’arme à feu est le dernier rempart et permet de riposter en état de légitime défense pour préserver la vie du policier municipal et celle d’autrui. Comment assurer la sécurité des Nantais sans donner les moyens d’y parvenir… » (O.F. id.).

Armer la police municipale serait… « répondre à la violence par la violence ? » 

La demande des policiers municipaux sera-t-elle entendue par Madame Rolland ? Rien n’est moins sûr. Dans un entretien accordé à Ouest-France le 25 février dernier, Pascal Bolo, l’adjoint à la sécurité,  réaffirmait haut et fort la position de la majorité de gauche. « Équiper la police municipale d’une arme létale n’est pas une nécessité, ni une option. La sécurité des policiers municipaux est assurée sans ce besoin. Leur arsenal de protection est adapté aux risques qu’ils encourent et à leurs missions. »

Rappelons que pour les élus écologistes alliés à Madame Rolland, la question est impensable. Comme nous l’avait déclaré un militant Vert avant les municipales de 2020, armer les policiers municipaux ce serait « répondre à la violence par la violence (sic) ».

 Un raisonnement mis à mal par le conflit ukrainien où les Verts se sont déclarés favorables à la livraison d’armes aux Ukrainiens par la France. Au risque « de répondre à la violence par la violence ? » Décidément, le monde des Bisounours aura pris ces derniers temps un sérieux coup dans l’aile… Nantes fera-t-elle encore exception ?

PLG

Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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0 réponse à “Nantes. La police municipale va-t-elle enfin pouvoir disposer d’armes létales ? Réponse demain…”

  1. Pschitt dit :

    Le problème n’est pas l’arme, c’est celui qui la tient ! Les policiers municipaux doivent passer un concours accessible au niveau CAP ou brevet des collèges, alors qu’il faut le bac pour passer le concours de gardien de la paix. Il est aussi possible de devenir policier municipal quand on est ASVP. Les ASVP sont recrutés au choix par une municipalité, sans concours et sans obligation de diplôme. Observez les ASVP qui se promènent en ville et demandez-vous : « ai-je vraiment envie que ces personnes aient demain une arme létale entre les mains ? » Ma réponse serait : « pas toutes ».
    Et comme nul ne connaît mieux la police municipale que la municipalité, je me demande si la position de M. Bolo n’est pas inspirée par ce genre de considération. Il n’a peut-être pas une confiance absolue dans tous ses éléments ! Au minimum, doter les policiers municipaux d’une arme imposerait une formation et des contrôles dont la durée serait à déduire de leur temps de présence sur le terrain.

  2. patphil dit :

    pour quoi faire ? puisqu’ils doivent « répondre » donc se faire tirer dessus pour répliquer !
    il faudra aussi qu’ils signent un papier certifiant avoir bien réfléchi avant de riposter !
    quand les choses changeront … j’irai voter pour ça en tout cas

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