Bon à savoir. Guilluy, Robo, Chesnais-Girard, Coatanéa, les bonnes notes de Bernard Morvan

Nous vous proposons une nouvelle rubrique, pas forcément régulière, dans laquelle Bernard Morvan vous relève quelques perles recueillies ici ou là dans la presse…ou ailleurs.

  • Guilluy Aux deux tours de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a cartonné en Bretagne (5). 32,56 % le premier dimanche, contre 27,6 % à l’échelon national. Et 67,82 % le deuxième  dimanche, contre 58,54 % à l’échelon national.  Tout particulièrement dans les villes. Au second tour, dans les trois métropoles : 69,83 % à Brest, 81,15 % à Nantes et 84,15 % à Rennes. Dans les villes moyennes (villes ayant plus de 20 000 inscrits) : 78,35 % à Orvault ; 77,22 % à Rezé ; 75,02 % à Saint-Herblain ; 67,93 % à Saint-Nazaire ; 78,51 % à  Saint-Sébastien-sur-Loire ; 76,76 % à Vertou ; 72,10 % à Saint-Brieuc ; 74,12 % à Quimper ; 71,13 % à Saint-Malo ; 72,62 % à Vannes ; 68,35 % à Lorient. Le politologue Jérôme Jaffré explique ainsi les résultats : « La France des catégories aisées, des retraités et des habitants des grands villes a beaucoup voté et plébiscité Macron. Le président réélu a bénéficié de ce que la science politique appelle joliment « un vote de portefeuille » (Le Figaro, mardi 26 avril 2022). Le géographe Christophe Guilluy est encore plus radical lorsqu’il souligne les intérêts du socle électoral de la macronie : « La bourgeoisie de droite et de gauche (77 % des catégories supérieures ont voté Macron) et les bataillons de retraités (70 % ont voté Macron). Car, comme en 2017, ce sont bien les seniors qui auront fait l’élection du jeune président de la République. Il semble que le Président soit moins le pilote d’une start-up nation que le directeur d’une immense maison de retraite. Le président va donc pouvoir poursuivre les réformes dures pour les actifs modestes avec la bénédiction des classes supérieures et des inactifs qui l’ont élu. » (Le Figaro, mardi 26 avril 2022)
  • RoboVannes a voté à 36,84 % pour le président sortant au premier tour de l’élection présidentielle à 18,23 % pour Jean-Luc Mélenchon et à 13,13 % pour Marine Le Pen. « Nous sommes historiquement une ville de droite. De 2017 à 2022, il y a clairement eu un transfert entre l’électorat  Les Républicains et celui de La République en marche », explique le maire David Robo (Horizons). « Ce n’est pas la France périphérique, analyse-t-il, reprenant à son compte le concept du géographe Christophe Guilluy. Vannes est une ville qui va plutôt bien. » (L’Express, 28 avril 2022). Effectivement, le « vieux Vannes » s’est reconverti dans le tourisme et donne une impression de prospérité. Mais, lorsque l’on franchit la 2 x 2 voies, on arrive dans le quartier de Ménimur ; là c’est une autre population faite de classes populaires et d’immigrés. Bien entendu, Robo a « oublié » de parler de la délinquance (drogue) qui se porte bien à Vannes.
  • Chesnais-Girard Il n’est pas certain que tous les adhérents bretons du Parti socialiste acceptent l’accord impulsé par LFI dénommé « Nouvelle union populaire, écologiste et sociale » ; les contestataires estiment que la soumission à Jean-Luc Mélenchon est insupportable. « Même si c’est romantique d’être ensemble, vu nos différences de lignes politiques, on ne peut pas se diluer dans LFI, explique Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne. Il faut encaisser l’échec. Assumer le dépôt de bilan et repartir sur une réflexion profonde. » (Le Monde, vendredi 29 avril 2022). On voit mal LCG, régionaliste bon teint, accepter sur sa liste, aux prochaines élections régionales (en 2027), des mélenchonistes, jacobins acharnés. Si tout cela devait se terminer par une scission, LCG pourrait créer le « Parti socialiste breton » ; une bonne partie des élus bretons du PS – tendance gauche sociale-démocrate – le suivrait. A coup sûr, Jean-Yves Le Drian n’y verrait pas d’inconvénient ! Mais LCG ne pourra pas compter sur l’aide du Nantais Christophe Clergeau, conseiller régional des Pays de la Loire et membre de la direction nationale du Parti socialiste ; il participe donc activement aux négociations : « La logique, c’est de construire le rassemblement de l’ensemble de la gauche », souligne-t-il (Presse Océan, jeudi 28 avril 2022). Que ne ferait-on pas pour sauver le groupe PS de l’Assemblée nationale ? Ils sont vingt-huit…  Dont Claudia Rouaux (Rennes-Montfort-sur-Meu).
  • Coatanéa Richard Ferrand (LREM), député de Carhaix et président de l’Assemblée nationale, a beaucoup de travail en ce moment avec la désignation des candidats de la majorité pour les prochaines législatives. « Chargé de trier les candidatures, Richard Ferrand se prend la tête, car il doit tenir compte de la nécessité de caser à la fois les macronistes, les bayrouistes, les philippistes et les sarkozystes. « Je ne vois pas le jour. On fait des listes et des listes ; on change, on permute. J’ai l’impression de vivre dans un club échangiste. » (Le Canard enchaîné, 4 mai 2022). Mais c’est Macron qui a le dernier mot : « Une chose doit être claire : les candidats qui partiront sous la bannière de la majorité présidentielle, c’est moi qui les choisirai. » (Le Canard enchaîné, 27 avril 2022). Evidemment, le président de l’Assemblée nationale reconnaît des « frottements », « ici ou là ». Comprendre plusieurs prétendants à une investiture de la majorité dans certains cas, y compris face à des élus sortants (Le Figaro, mardi 3 mai 2022). C’est le cas à Brest centre. En effet, le sortant Jean-Charles Larsonneur (Agir, petit parti macroniste de droite) entend bien repartir : « Je suis déterminé à me représenter » (Le Télégramme, Brest, mardi 22 février 2022). Il faut compter ensuite avec MiKaël Cabon : « Moi,  je m’inscris dans la majorité présidentielle. Je soutiens le président de la République depuis avril 2016, bien avant beaucoup. J’ai mené campagne pour lui dès le premier tour en 2017 (…) Je ne candidate pas contre quelqu’un mais pour offrir un choix. » (Le Télégramme, Brest, lundi 21 mars 2022). Mais le favori demeure Marc Coatanéa (ancien PS), un vieil ami de Richard Ferrand – « le complice de toujours » (Le Télégramme, Bretagne, samedi 19 mars 2022) – qui a cumulé les échecs ces dernières années (élections municipales et régionales) ; aujourd’hui, Coatanéa est salarié de LREM, chargé d’animer l’action militante dans les comités du Finistère et des Côtes-d’Armor. Comment expliquer l’élimination de Larsonneur ? Ferrand « reproche au député Larsonneur d’avoir été trop absent, peu travailleur et de n’avoir rien fait pour ancrer le parti à Brest. Le président de l’Assemblée nationale a aussi peu goûté son ralliement au groupe parlementaire « Agir ensemble », en cours de mandat. Mais, surtout, Jean-Charles Larsonneur traîne comme un boulet son dérapage sur le monde agricole. Sur son compte Facebook, le 14 juillet 2020, il avait comparé l’élevage intensif à « un holocauste quotidien ». Des propos aussitôt qualifiés « d’imbéciles » par Richard Ferrand » (Le Télégramme, Brest, 22 février 2022).

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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