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« La Seine-Saint-Denis, c’est San Francisco ! Il ne manque que la mer par rapport à la Californie ! », disait le président de la République en 2019. À défaut de l’océan Pacifique, le « 9-3 » dispose de l’eau courante. Et ce propriétaire d’un immeuble squatté de Saint-Ouen le constate à ses dépens…
À Saint-Ouen, 100 000 euros de factures d’eau
En Seine-Saint-Denis, département présenté par Emmanuel Macron comme une sorte de « Silicon Valley » hexagonale, un retraité âgé de 86 ans a dû batailler pendant plusieurs années avant de pouvoir récupérer des appartements occupés par des squatteurs.
Une fois l’avis d’expulsion ayant pris effet, après quatre ans passés dans cet immeuble de la ville de Saint-Ouen dans lequel il est propriétaire de trois appartements et de deux locaux commerciaux, les occupants illégaux ont laissé à l’octogénaire une facture d’eau de près de 100 000 euros provenant de Veolia.
Le droit français étant ce qu’il est, malgré avoir été prévenu par le propriétaire dès 2018 de l’occupation illégale des lieux, la compagnie de distribution de l’eau a toutefois maintenu l’alimentation dans le bâtiment car ayant légalement interdiction de couper l’eau dans un logement. Quand bien même plusieurs factures seraient impayées…
Seine-Saint-Denis : Veolia refuse d’annuler la facture
Cependant, les déboires du propriétaire francilien, bien qu’ayant entre-temps été médiatisés (notamment via un article paru dans Le Parisien le 22 septembre), n’ont pas, jusqu’à présent, inciter Veolia à revoir ses exigences vis-à-vis de la facture d’eau. Au mieux, la compagnie, refusant d’effacer sa dette, lui a proposé un échelonnement ou un dégrèvement des paiements.
Face à la somme à régler, l’homme de 86 ans a été contraint de faire appel aux services d’un avocat spécialisé en droit de l’immobilier.
Auprès du quotidien susnommé, l’avocat résume le caractère aberrant de cette situation : « C’est tout à l’honneur de la France de ne pas couper l’eau pour des raisons humanitaires. Mais il faut changer la loi pour qu’elle soit aussi plus protectrice envers les propriétaires. »
Dégâts, assurance, lenteurs administratives…
Par ailleurs, outre le fait de se retrouver avec une facture d’eau astronomique à payer, le propriétaire a également récupéré un immeuble ayant subi des dégâts considérables dans ce bâtiment situé dans la cité Arago qu’il avait acquis au cours des années 1970. Dégâts que l’assureur du propriétaire refuse de couvrir : « Suite à un squat sur un immeuble vide depuis plus de 6 mois, la présente attestation ne peut engager l’assureur en dehors des clauses et limites du contrat en référence », selon un courrier de l’assureur cité par Le Figaro.
C’est après avoir signé un compromis de vente avec un investisseur immobilier en 2018 que le retraité découvrit que des squatteurs avaient pris possession des lieux.
Bien entendu, la vente n’avait alors pas pu être réalisée et l’expulsion de ces occupants illégaux s’est éternisée jusqu’au mois d’août 2022 et l’intervention de la police de Saint-Ouen, après d’incroyables lenteurs dans la procédure et une expulsion manu militari des squatteurs demandée dès 2021 à la sous-préfecture de Saint-Denis et à la Ville de Saint-Ouen mais restée sans effet immédiat. La même année, un autre compromis de vente signé avec un nouveau promoteur immobilier sera lui aussi annulé. À signaler par ailleurs que l’expulsion des occupants illégaux était ordonnée par le juge dès le 5 mars 2021…
Enfin, pour couronner le tout, l’immeuble aurait également servi, durant son occupation, comme point de vente de drogue avec même des guetteurs signalés par des témoins devant les entrées. En définitive, voilà une affaire que Michel Audiard aurait nommée « une synthèse » française !
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Seine-Saint-Denis. La facture d’eau de 100 000 € des squatteurs réclamée… au propriétaire de 86 ans”
la dictature administrative française a encore sévi