Matteo Ricci, le prêtre qui voulait convertir les Chinois (bande dessinée)

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Au tout début du 17e siècle, le prêtre jésuite Matteo Ricci se rend en Chine dans l’espoir de convertir l’empereur. Une bande dessinée révèle la difficulté de cette mission…

Pékin 1601. Le jésuite italien Matteo Ricci chemine depuis bien des années à travers la Chine. Dans l’espoir de convertir les Chinois, il apprend leur culture, leur religion et leur langue. Son objectif est de révéler le message chrétien à l’empereur, à Pékin, afin de faciliter sa diffusion. Mais aucun européen n’a encore jamais pu rencontrer l’empereur de Chine. La démarche est complexe. Des émissaires préviennent Ma Tang, collecteur de taxes impériales, que ce jésuite, envoyé par les mandarins, souhaite rencontrer l’empereur et lui offrir des cadeaux. Mais le ministre des ambassades étrangères n’a pas apprécié que Matteo Ricci offre des présents à Ma Tang. Il le place au Palais des Barbares où attendent ceux qui ont demandé une audience…

Le scénariste Jean Dufaux et le dessinateur Martin s’intéressent à une nouvelle figure chrétienne. Ils avaient auparavant réalisé des bandes dessinées consacrées à saint Vincent et saint Charles de Foucauld, lauréats du Prix de la bande-dessinée chrétienne au Festival d’Angoulême respectivement en 2017 et 2020.

Le prolifique scénariste Jean Dufaux (Complainte des landes perdues, Murena, Giacomo C.…) s’intéresse maintenant à Matteo Ricci, (1552-1610), prêtre italien, considéré comme le fondateur de l’Église chinoise. C’est l’un des premiers jésuites à pénétrer en Chine impériale, pour en apprendre la langue et la culture. Il crée ainsi un dialogue entre la Chine et l’Europe, traduisant en chinois des livres de philosophie, de mathématiques et d’astronomie et inversement, révélant à l’Occident Confucius et sa philosophie. En 1601, il est le premier Européen à être invité à la cour impériale de Pékin. Il apporte des présents, comme une mappemonde révélant aux Chinois le reste du monde. Il pense que si l’empereur se convertit, l’ensemble du pays se ralliera au Christianisme. Son dossier de béatification est étudié à Rome.

 

Jean Dufaux révèle toute la difficulté de s’approcher de l’empereur de Chine, et ajoute une part romanesque. Il ne dissimule pas le mépris des Chinois pour les européens. Leur fourberie contraste avec l’intelligence, la sagesse et la grandeur d’âme de Matteo Ricci. Celui-ci reste convaincu que toute conversion doit rester pacifique. Mais un membre de l’Inquisition est en désaccord puisqu’il pense qu’il faut convertir les Chinois par la force…

Par un dessin réaliste et précis, Martin Jamar (Double masque, Vincent un saint au temps des Mousquetaires) reproduit le faste de la cour impériale. Ses décors sont superbes et sa colorisation lumineuse. Il ajoute au récit une véritable touche d’humanité.

Kristol Séhec

Matteo Ricci, Dans la Cité interdite, 56 pages, 16 euros. Éditions Dargaud.

Illustrations : DR
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3 réponses à “Matteo Ricci, le prêtre qui voulait convertir les Chinois (bande dessinée)”

  1. Raymond de MALHERBE dit :

    A noter que les tombes de Matteo Ricci et de ses compagnons jésuites les plus notables ont été préservées depuis le 17eme Siècle à Pekin, y compris pendant l’ére Communiste avec meme une restauration sous Deng Xiao Ping. C’est encore un exemple de la potentialité de relation apaisée entre la Chine et la Religion Catholique.

    • Paul Hemiste dit :

      Relation apaisée car Matteo Ricci reconnaissait la valeur du Confucianisme et son harmonie avec une loi naturelle par laquelle l’homme reconnaît sa place dans une société en relation avec le Ciel.
      On est loin des dérives actuelles d’un occident décadent qui sombre dans un hubris débridé et veut prendre la place du Créateur, dans un transhumanisme suicidaire inspiré par une vision mécaniste et infantile, ignorant d’une complexité qui le dépasse, comme aurait du lui montrer la Science, autant que les mythes originels l’enseignaient depuis l’aube des civilisations.

  2. Eschyle 49 dit :

    Un de mes cousins germains, Yves Camus, prêtre jésuite aujourd’hui en retraite à Macao, a consacré toute sa carrière à ce que l’on appelle communément « La querelle des rites », et qui aurait permis, si elle n’avait pas été sabotée par Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, épouse morganatique de Louis XIV, non seulement l’instigatrice du traité de Fontainebleau [révocation de l’Édit de Nantes], mais encore qui intrigua auprès de son royal époux, afin de faire expulser de Chine les Jésuites : https://www.herodote.net/19_mars_1715-evenement-17150319.php
    Elle torpillait ainsi les démarches entreprises depuis près d’un siècle par les missions jésuites au Céleste Empire, afin de convertir la Chine. En somme, si l’oeuvre de Matteo Ricci n’avait pas été torpillée par la petite fille d’Agrippa d’Aubigné, depuis trois siècles, la Chine serait catholique. On retrouve ici la même typologie que celle qui fit instantanément adopter le christianisme en Polynésie.

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