Rétrospective. 2022 : Le retour d’un monde multipolaire ?

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L’année 2022 a été riche en événements géopolitiques importants. Bien qu’il s’agisse d’une année marquée par des conflits, une escalade des tensions et des risques élevés, elle a été en même temps la marque d’un tournant multipolaire extrêmement significatif.

L’année a commencé dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et l’Ukraine, qui ont continué à se détériorer et à évoluer vers un conflit ouvert.  Moscou a lancé, le 24 février, une opération militaire spéciale et a envahi l’Ukraine, intervenant finalement dans le conflit qui oppose depuis huit ans une partie des habitants des territoires du Donbass notamment aux forces ukrainiennes.

Au début, l’OTAN a refusé de participer activement au conflit, n’envoyant qu’une aide financière et humanitaire. Mais la situation a commencé à changer en avril, lorsque les premiers paquets d’armes ont été envoyés à Kiev. Moscou a ignoré cette démarche afin d’éviter une escalade, et l’alliance atlantique a alors entamé une vague d’envois d’armes systématiques, commençant à participer activement au conflit – qui n’est plus pour beaucoup d’observateurs qu’une guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie.

Si la Russie, malgré des couacs sérieux en terme de stratégie, semble supérieure sur le plan militaire et que l’Ukraine n’a, seule, aucune chance de victoire, l’insistance de l’Occident à envoyer des armes, au lieu de servir de médiateur pour la paix, entraîne une prolongation du conflit, même sans faire de progrès militaires dans un camp comme dans l’autre avec au final sans doute, pour le moment, un bénéfice pour les États-Unis et pas pour ceux qui obéissent aux ordres de Washington.

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L’année se termine avec l’arrivée de l’hiver en Europe, générant une crise énergétique sans précédent, l’UE ayant décidé d’adhérer à la politique de sanctions économiques, encouragée par les États-Unis contre la Russie depuis le début de l’opération en Ukraine. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’UE promeuvent toutes sortes de boycotts contre Moscou, alors qu’à l’inverse, le monde émergent rejette cette politique anti-stratégique et construit un ordre de plus en plus basé sur le pragmatisme et la solidarité.

Le plan de boycott de l’économie russe par la coercition n’a pas fonctionné, car les sanctions ont forcé une intégration encore plus grande entre la Russie, la Chine et l’Inde – et par conséquent entre ces pays et tous les autres partenaires émergents qui entretiennent des liens étroits avec eux. En outre, la situation actuelle a accéléré le processus de dédollarisation, la Russie négociant actuellement l’énergie et le pétrole en roubles.

Mais dans le monde, les Etats-Unis – qui avaient cessé de se comporter comme les gendarmes du monde sous Donald Trump – ont repris du service un peu partout : En août, la présidente américaine de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s’est rendue à Taïwan, violant ainsi la souveraineté chinoise sur l’île, puisque Pékin avait formellement interdit cette visite. Cette affaire a généré une crise sécuritaire sans précédent, la Chine répondant à la provocation américaine par des exercices de dissuasion militaire dans le détroit de Taïwan. En effet, il existe un danger d’escalade dans un avenir proche et, de manière très irresponsable, les États-Unis promettent de soutenir militairement Taïwan si la Chine intervient sur l’île.

Dans le même temps, des crises importantes et internes – sans que l’on sache qui en tire profit – ont eu lieu en Chine (politique de terreur sanitaire qui commence à révolter les Chinois..enfin), mais aussi en Iran, où des manifestations ont entraîné une répression importante et sanglante.

D’autres crises sécuritaires se sont aggravées récemment. A la frontière entre Arménie et Azerbaïdjan, où le pouvoir Azeris semble vouloir écraser les Arméniens sans que cela n’émeuve l’Occident. Mais aussi plus près de chez nous, au Kosovo, où les tensions sont de plus en plus importantes et le spectre d’une nouvelle guerre bien présent.

L’ordre mondial unipolaire sous domination et influence américaine semble ne plus pouvoir être maintenu sans un chaos assuré. 2022 a été l’année d’un certain renouveau de la multipolarité, les pays émergents s’étant réunis pour dire « non » aux sanctions occidentales et continuer à commercer librement avec la Russie et la Chine. De toute évidence, les BRICS sont un acteur clé de cette transition mondiale, comme nous pouvons le constater avec l’intérêt croissant de la part de nouveaux pays à rejoindre le groupe.

En 2023, la situation continuera certainement dans la même direction. Les changements géopolitiques ont tendance à être positifs pour les pays en faveur de la multipolarité, mais le processus de consolidation de ces changements se fera avec beaucoup de luttes et de conflits, car les forces inféodées aux américains résisteront autant que possible, avec tous leurs moyens. L’Histoire elle, semble sacrément ouverte, et indécise.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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4 réponses à “Rétrospective. 2022 : Le retour d’un monde multipolaire ?”

  1. Prétet Yvette dit :

    Je n’ai pas écouté les voeux de notre président de la République…Il n’a sûrement pas parlé des  »sujets qui fâchent »: Notre  »dette publique » progresse 40 milliards en 3 mois avec un beau record à 2956 milliards au 30 septembre 2022(INSEE 16 décembre)…Notre déficit commercial bat des records(154 milliards d’euros sur 12 mois)…6 197900 demandeurs d’emploi à Pôle Emploi…Libre échange, délocalisations, frontières passoires, mondialisation …La  »classe moyenne » de plus en plus ponctionnée…des retraités, qui ont cotisé pendant 40 ans, qui touchent moins que des fainéants, etc…Macron n’aime pas la France et les Français (il le dit quand il est à l’étranger),il n’aime que l’Europe et obéit aveuglément aux Allemands dont le résultat est un affaiblissement des intérêts français..Dans notre pays: l’autorité et la sécurité ne sont plus respectés, nous avons la fiscalité la plus forte de l’Europe et une immigration incontrôlée, etc..

    • Henri dit :

      Je me répète encore et toujours : « Toute nation a les dirigeants qu’elle mérite » (J. de Maistre). Cela dit, est-ce-que cette France, qui a entaillé sa souveraineté en 1992 (Maastricht), puis carrément abdiquée en 2007 (Lisbonne), est encore une nation ?

  2. domper dit :

    La France est en feu de partout….on brûle l’ Hôpital, l’ Education, la Police, la Poste, notre religion ancestrale, notre culture, les petits commerçants, professions libérales, artisans et la classe moyenne toujours ponctionnée !
    Alors la stratégie pour éteindre de tels feu, ce n’est pas d’envoyer des canadairs c’est de provoquer une formidable explosion pour souffler littéralement le feu !!

  3. patphil dit :

    les usa commencent à perdre leur statut de gendarme du monde, tant mieux, mais la france continue à se vouloir la directrice de conscience mondiale… là 99% de l’humanité s’en moque

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