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Acheter un coin de forêt et le laisser en « libre évolution » pendant les 700 ans à avenir… Tel est le projet lancé en novembre 2022 par l’association Wild Bretagne et qui aujourd’hui en bonne voie d’aboutir : grâce à un financement participatif via le site helloasso, 2 parcelles ont été achetées le long de la rivière du Trieux pour 6 900 euros et une troisième acquisition est en vue. Ce qui porterait le total à 1,8 hectares – à comparer aux 9000 hectares de la forêt de Brocéliande-Paimpont.
C’est donc un projet modeste par la taille, mais original par sa philosophie. Les forêts inexploitées sont rarissimes en Europe (0,14 % en France) et se trouvent dans les montagnes (Parc naturel des Ecrins dans les Alpes) ou aux confins du continent (forêt primaire de Bialowieza, à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie). Une implantation sur des plateaux de basse altitude, dans une région océanique assez densément peuplée, est une première, mais aussi un défi, dont sont conscients les promoteurs. Il s’agit en effet de convaincre les habitants de la commune de Plouëc, entre Guingamp et Tréguier, de s’abstenir de la moindre intervention humaine : coupe ou ramassage de bois, cueillette, chasse, promenade.
Dans une interview à la Presse d’Armor (8 mars 2023), Alexandre Patureau, l’un des animateurs de Wild Bretagne, souligne que le projet ne sera pas viable sans les riverains, tout particulièrement les « chasseurs qui sont de vrais connaisseurs de la nature ». Il espère les convaincre de laisser pousser et de laisser vivre sur cette petite surface, avec à la clé la perspective de la restauration d’« écosystèmes complets » : « certaines espèces de chouettes ne peuvent vivre que dans de très vieux arbres par exemple. Or un chêne est abattu entre 80 et 120 ans alors qu’il peut vivre entre 600 et 1000 ans. » Ce qui est vrai pour les chouettes est aussi valable pour des espèces moins spectaculaires d’insectes et de champignons : « Enlever du bois mort, c’est enlever un tiers de la vie sauvage ».
E.P.
Photo : DR
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3 réponses à “Un projet de forêt 100 % sauvage à Plouëc du Trieux (22)”
Pardon, mais vu la taille du projet, 1,8 ha, cela me semble être une belle foutaise ! De surcroît, c’est quand même l’homme qui module les paysages, souvent avec succès : marais poitevin, cultures en terrasse en Asie, etc.
Une extrêmement petite parcelle de forêt non entretenue par l’homme est souvent hideuse et ne comporte pratiquement que des arbres malades qui s’étiolent…
1.8 hectares c’est une chiure de mouche, 180 mètres de long par 100 mètres de large; aussi ridicule que l’article qui ose en parler. Au moins cela ne coutera pas cher en barbelé et clôture électrifiée anti intrusion. Je vous rappelle d’ailleurs que le droit de préemption ruinera toute tentative d’agrandissement de cette philosophie de cabinet.
Bialowesa en Pologne montre qu’une forêt peut atteindre son propre équilibre sans l’homme. Et le site est considéré comme un des endroits les plus beaux de la Pologne.
La réserve de Plouezec sera minuscule, est-ce suffisant pour être valable ? Les promoteurs semblent le penser. Bon, il est vrai que son animateur principal est un artiste, pas un scientifique…Mais il dit s’appuyer sur des travaux de naturalistes.
Ce que je trouve positif dans ce projet, c’est qu’il est fait par amour de la nature (ce qui est rare chez les écolos), sans mépris pour les chasseurs et sans attendre de soutien de l’Etat.