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Professeur émérite de mathématiques à Oxford et chrétien revendiqué, John Lennox tire la sonnette d’alarme sur l’intelligence artificielle. Dans un entretien accordé au Telegraph, ce scientifique de 82 ans, célèbre pour ses débats face à Richard Dawkins, met en garde contre une technologie qui pourrait, selon lui, ouvrir la voie au totalitarisme.
Un scientifique croyant face à l’IA
John Lennox occupe une place singulière dans le paysage intellectuel britannique : mathématicien de renommée mondiale, auteur de soixante-dix articles scientifiques, il est aussi un chrétien fervent — une combinaison rare qui l’a conduit à affronter publiquement le pape de l’athéisme militant, Richard Dawkins, lors de débats restés célèbres. Aujourd’hui, à 82 ans, il consacre son énergie à alerter sur les dangers d’un avenir dominé par les machines. Son dernier ouvrage porte un titre sans équivoque : God, AI and the End of History (« Dieu, l’IA et la fin de l’histoire »).
Pour lui, le danger ne tient pas à la technologie elle-même mais à ceux qui pourraient s’en emparer. Il s’agit, selon ses mots, d’une technologie risquée à mettre entre les mains de mauvais acteurs car elle a la capacité de soutenir l’autoritarisme et le totalitarisme. Et de glisser, passant sans effort de la science à la religion, que le mauvais acteur numéro un est le diable — tout en rappelant que l’IA pourrait aussi, à l’inverse, être mise au service de Dieu.
Une connaissance intime du totalitarisme
Cette crainte du totalitarisme n’est pas abstraite chez Lennox. Né à Armagh, en Irlande du Nord, ce fils d’un commerçant et d’une institutrice a voyagé dans les années 1980 derrière le rideau de fer, distribuant des bibles interdites en Union soviétique et survivant à une tentative d’empoisonnement par la police secrète dans la Roumanie de Ceaușescu. C’est cette expérience directe des régimes totalitaires qui nourrit aujourd’hui ses inquiétudes.
Comme toute avancée technologique majeure, l’IA possède selon lui une face lumineuse et une face sombre. Il la compare à un couteau aiguisé, utilisable pour la chirurgie comme pour le meurtre. En médecine, il salue le potentiel de l’IA pour développer de nouveaux vaccins, assister la chirurgie ou désengorger les services de santé. Mais il pointe aussi la reconnaissance faciale, formidable pour repérer un terroriste dans une foule, beaucoup moins lorsqu’il s’agit de réprimer une minorité ethnique, comme au Xinjiang chinois. Sa hantise : une IA qui empiète toujours davantage sur la vie privée, dans une tension permanente entre sécurité promise et libertés abandonnées.
L’enfant, la machine et l’addiction
Le jour de l’entretien, l’actualité l’amène à commenter le projet de Keir Starmer d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans — une initiative qu’il juge digne d’être tentée. Lennox s’alarme de l’emprise de ces technologies sur les enfants, conçues, dit-il, pour capter et retenir l’attention, et provoquer une addiction que des spécialistes comparent à celle de l’héroïne. Il décrit des enfants devenus des sortes de zombies rivés à leur smartphone, ne lisant plus, ne sortant plus, et redoute des conséquences désastreuses pour leur vie future. Sa formule est cinglante : nous les élevons à adorer la machine.
C’est là sa plus grande crainte : qu’en encourageant cette adoration, les géants de la Silicon Valley ne transforment l’IA en un dieu fabriqué par l’homme — soit, souligne-t-il, l’exact opposé du message chrétien.
Contre le transhumanisme
Lennox réserve ses critiques les plus vives au mouvement transhumaniste, ces penseurs qui prônent la fusion de l’homme et de la machine en une sorte de « superêtre ». Il vise notamment l’essayiste Yuval Noah Harari, auteur d’Homo Deus, qui annonce que l’IA fera des hommes des dieux. À cela, le mathématicien oppose une distinction fondamentale : l’IA n’est qu’une machine qui calcule, dépourvue de conscience et des cinq sens. Selon sa conviction, Dieu a façonné l’être humain en intégrant l’intelligence à la conscience — or personne, dans le monde de l’IA, ne cherche même à produire de la conscience.
Défenseur du débat ouvert, Lennox déplore par ailleurs la dérive des universités vers les « espaces sûrs » et la censure des idées dérangeantes, qu’il qualifie de début d’un totalitarisme de l’esprit. Il plaide pour un retour à la notion classique d’enseignement : apprendre aux gens à penser, et non quoi penser.
Face à ses propres inquiétudes, son remède est d’une simplicité tout humaine : parler, d’abord à ses enfants et petits-enfants, puis à ses proches, pour susciter la discussion et faire naître une prise de conscience collective. C’est par ces processus éprouvés, veut-il croire, que la « fin de l’histoire » pourra encore être évitée.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
3 réponses à “« Le diable pourrait utiliser l’IA pour détruire le monde » : l’avertissement de John Lennox, mathématicien d’Oxford”
Le diable aurait besoin de ça ???
Le Diable s’est installé à L’Elysée et n’a pas besoin de l’IA pour tout détruire !
Et, comme chacun sait, le diable se cache dans les détails. Vade retro satanas.
Et j’ajouterai, sans hésitation aucune : nunquam draco sit mihi dux.