Lors de la 98e cérémonie des Oscars en mars 2026, l’actrice irlandaise Jessie Buckley a remporté l’Oscar de la Meilleure actrice pour son rôle d’Agnes dans le film Hamnet. Et jusque là rien de très passionnant, mon mépris pour le gratin étant pour le moins colossal… Mais l’allocution de cette jolie jeune femme est une véritable bouffée d’air dans cet univers malade et stérile.
L’année dernière, à l’occasion du festival de Cannes, j’écrivais : « On y est désormais habitué, toutes les cérémonies du show biz sont autant d’occasions de venir nous donner des leçons de tolérance et de chialer sur les injustices – sélectionnées – de ce bas monde. »
Il faut dire qu’entre une Juliette Binoche qui récitait péniblement « Guerre, misère, dérèglement climatique, misogynie primaire, les démons de nos barbaries ne nous laissent aucun répit », et un Robert de Niro qui affirmait très sérieusement que les artistes, en tant qu’apôtres de l’inclusion, font peur aux fascistes, en passant par la soi-disant négation des droits LGBT et la dénonciation du grand méchant homme blanc, rien ne nous avait été épargné.
Mais l’honnêteté intellectuelle me force à revenir sur cette sentence initiale quelque peu drastique. Car cette fois, c’est justement ce monde-là qui a émis un petit rayon de soleil.
Jessie Buckley a en effet dédié son prix au « magnifique chaos du cœur d’une mère » (« the beautiful chaos of a mother’s heart »). Elle a voulu rendre hommage à cet amour maternel que lui a rappelé le rôle d’Agnes, femme de William Shakespeare et mère de son enfant, pour lequel elle a été récompensé : «Apprendre à connaître cette femme incandescente et comprendre la puissance de l’amour maternel est la plus grande révélation de ma vie». Elle-même maman depuis quelque mois, elle a mentionné avec humour sa fille Isla, qui « rêve probablement de lait » à l’heure où elle s’exprimait, ajoutant avec émotion : « J’e t’aime et j’aime être ta maman. J’ai hâte de découvrir la vie à tes côtés ».
Puis, l‘actrice irlandaise a directement interpellé son mari, Freddie Sorensen, dans l’auditoire : «Toi, Fred. Je t’aime, je t’aime. Tu es le papa le plus incroyable. Tu es mon meilleur ami et je veux avoir 20.000 autres enfants avec toi ! Vraiment, vraiment !».
Sans en oublier toutes ces aïeules qui l’ont précédées : «Nous descendons toutes de femmes qui ont continué à créer malgré l’adversité. Merci de m’avoir récompensée pour ce rôle, j’ai encore du mal à y croire .» Ni sa famille, « ma famille, ma famille irlandaise ! », ni même son pays, l’Irlande, qui semble bien plus qu’ailleurs inscrit dans le cœur de ses artistes.
À l’ère de la stérilisation volontaire et du regret maternel, alors que le couple est décrété has-been, que la famille est attaquée de toutes parts et qu’aimer sa patrie est une cause d’embarras, ces mots redonnent de l’espoir. Alors merci Madame Buckley, je vais de ce pas voir ce film qui a l’air si prometteur.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : Capture Live ABC
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Une réponse à “Une ode à la maternité provenant de la Cérémonie des Oscars ? Qui l’eut cru ? [L’Agora]”
Oui en effet,un autre discourt que ces dégénérés assumés,les oreilles de ces sensibles ont dû faire des tremblements cervicales.
BRAVO! à cette dame pour cet hommage à toutes les vrais femmes et non ces phénomènes de cirque qui s`imposent de nos jours!