Une recherche américaine établit un lien entre ces traitements amaigrissants très populaires et une augmentation des cas d’ostéoporose et de fragilité osseuse. Les experts appellent à la vigilance sans remettre en cause leurs bénéfices globaux.
Les médicaments de la famille des agonistes du récepteur GLP-1 — dont le célèbre Ozempic — sont devenus en quelques années les stars incontestées de la perte de poids. Mais une étude présentée lors du congrès annuel de l’Académie américaine des chirurgiens orthopédiques vient tempérer l’enthousiasme : ces traitements pourraient fragiliser les os de leurs utilisateurs.
Des signaux préoccupants sur cinq ans
Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de plus de 146 000 adultes souffrant d’obésité et de diabète de type 2 sur une période de cinq ans. Les résultats montrent que près de 4 % des patients sous traitement GLP-1 ont développé une ostéoporose, contre un peu plus de 3 % chez ceux qui n’utilisaient pas ces médicaments.
Plus marquant encore : l’ostéomalacie — un ramollissement des os — s’est révélée environ deux fois plus fréquente chez les utilisateurs de GLP-1 (0,2 % contre 0,1 %). Les cas de goutte étaient également légèrement plus nombreux : 7,4 % contre 6,6 % dans le groupe témoin.
« Nous atteignons tout juste le moment où les données de suivi à cinq et dix ans deviennent disponibles pour les patients prenant des médicaments GLP-1 », explique Muaaz Wajahath, étudiant en médecine à l’Université d’État du Michigan et auteur principal de l’étude. « Tout médicament connaissant une adoption aussi rapide mérite un examen attentif. »
L’étude, qui n’a pas encore été validée par un comité de lecture, reste observationnelle : elle établit une association statistique, non un lien de causalité direct.
Le médicament ou la perte de poids ?
La communauté médicale s’interroge : ces risques sont-ils imputables aux molécules elles-mêmes, à l’amaigrissement rapide qu’elles provoquent, ou aux pathologies préexistantes des patients ? L’obésité et le diabète de type 2 augmentent en effet l’inflammation et la fragilité osseuse indépendamment de tout traitement.
« Comme pour toute perte de poids, un remodelage osseux peut survenir », précise le Dr James Chao, chirurgien plasticien spécialisé dans la prise en charge de l’obésité. « Si les patients perdent de la masse maigre sous ces médicaments, la santé osseuse peut être affectée en raison d’une moindre sollicitation des os. »
Le remodelage osseux désigne le cycle continu de destruction et de reconstruction du tissu osseux. Lors d’un déficit calorique important, ce processus peut se déséquilibrer : l’organisme détruit plus d’os qu’il n’en fabrique.
Malgré ces signaux d’alerte, les spécialistes estiment que le rapport bénéfice-risque reste favorable pour la plupart des patients. Les médicaments GLP-1 disposent de données solides sur la protection cardiovasculaire : ils réduisent significativement la glycémie, abaissent la tension artérielle et les lipides, et diminuent le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral.
Toutefois, les praticiens insistent sur la nécessité d’un suivi actif. Il ne suffit pas de prescrire ces médicaments et de laisser les patients se débrouiller seuls.
Les précautions à prendre
Pour les patients sous traitement GLP-1, plusieurs mesures de protection sont recommandées :
Un apport suffisant en protéines constitue la première ligne de défense. La préservation de la masse musculaire protège directement les os. Si un patient perd du poids mais aussi beaucoup de muscle, le risque de fracture peut augmenter quel que soit le médicament utilisé
Une supplémentation en calcium et en vitamine D s’avère également essentielle, de même qu’une activité physique régulière incluant des exercices de résistance et de port de charge.
Les personnes les plus à risque sont les femmes ménopausées, les personnes âgées et celles ayant des antécédents de fractures. Pour ces patients, les médecins peuvent envisager des compléments alimentaires à doses thérapeutiques afin de préserver la masse maigre et de réduire le stress oxydatif.
Concernant la goutte, la perte de poids rapide et les modifications du métabolisme de l’acide urique peuvent temporairement augmenter les crises. C’est un phénomène que nous observons même en dehors des traitements GLP-1.
Ces nouvelles données appellent à une vigilance accrue de la part des prescripteurs comme des patients, sans pour autant remettre en cause l’intérêt de ces traitements pour les personnes souffrant d’obésité sévère ou de diabète.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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