Viols, agressions sexuelles : en Ulster, des mineurs coupables mais laissés en liberté

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Vingt-deux mineurs reconnus coupables de crimes sexuels graves, dont des viols, et pas un seul envoyé en prison. Les chiffres révélés par le Belfast Telegraph jettent une lumière crue sur le fonctionnement de la justice des mineurs en Irlande du Nord entre 2021 et 2025. Certains des condamnés n’avaient que 13 ans au moment des faits.

Aucune peine de détention immédiate

Selon les données obtenues par le quotidien de Belfast, aucune des vingt-deux personnes de moins de 18 ans condamnées pour des infractions sexuelles sur la période n’a écopé d’une peine de prison ferme immédiate. Six ont reçu une peine de travail d’intérêt général en 2021, autant en 2022, et trois en 2023. Les chiffres pour 2024 et 2025 restent partiels en raison des règles de divulgation du ministère de la Justice nord-irlandais.

Sur l’ensemble des vingt-deux condamnations, dix concernaient des jeunes âgés de 17 ans, six des adolescents de 16 ans, et six des mineurs de 13 à 15 ans. Les faits couvrent un large éventail d’infractions : viol, viol sur enfant de moins de 13 ans, agression sexuelle, agression sexuelle avec pénétration sur enfant de moins de 13 ans, et voyeurisme. Conformément à la législation, les auteurs mineurs ne peuvent être nommés publiquement. En Irlande du Nord, les mineurs condamnés à une peine de détention sont placés au Woodlands Juvenile Justice Centre de Bangor, dont la capacité maximale ne dépasse pas 48 places.

Une bataille politique à Stormont

Ces révélations tombent en plein bras de fer politique. Une proposition visant à relever l’âge minimal de la responsabilité pénale à 14 ans, sauf pour les crimes les plus graves comme le viol et le meurtre, a été bloquée après une pétition de préoccupation déposée avec succès par le Parti unioniste démocrate (DUP). Le mécanisme impose désormais qu’un tel vote soit approuvé à la fois par une majorité d’unionistes et une majorité de nationalistes, et non par une simple majorité — ce qui condamne la mesure à l’échec compte tenu des équilibres de l’Assemblée.

Paul Frew, député DUP et président de la commission Justice de Stormont, y voit une validation de la ligne de son parti. « Certains jeunes sont capables de commettre les crimes les plus graves imaginables », a-t-il affirmé, plaidant pour que le système judiciaire conserve la capacité de tenir les auteurs pleinement responsables, sans sacrifier la protection du public à la réhabilitation.

Du côté du SDLP (nationaliste), Cara Hunter juge elle aussi « préoccupant » que des auteurs de crimes sexuels parmi les plus graves aient échappé à la détention, soulignant que la majorité des condamnations concernaient des jeunes de 16 et 17 ans, « largement capables de comprendre la gravité » de tels actes. Elle met toutefois en garde contre une instrumentalisation des chiffres, rappelant que l’amendement défendu par son parti prévoyait justement des exceptions pour le viol et les agressions sexuelles.

Le ministère de la Justice renvoie aux juges

Interrogé, le ministère de la Justice a rappelé que la fixation des peines relève d’un pouvoir judiciaire indépendant, tenu de prendre en compte la peine maximale encourue, l’ensemble des circonstances de l’affaire ainsi que les éventuelles directives de sentencing, et qu’il ne lui appartient pas de commenter les décisions individuelles.

Si les cas récents impliquant des mineurs ne peuvent être détaillés, l’affaire nord-irlandaise s’inscrit dans une série de dossiers marquants. En 2024, deux garçons roumains de 14 et 15 ans avaient été accusés de tentative de viol sur une écolière à Ballymena, épisode qui avait déclenché des émeutes — les charges ayant ensuite été abandonnées faute de preuves. D’autres affaires ont vu des individus jugés à l’âge adulte pour des faits commis alors qu’ils étaient mineurs, à l’image du tristement célèbre Alexander McCartney, condamné en octobre 2024 à la perpétuité assortie d’une peine minimale de 20 ans après avoir reconnu 185 crimes sexuels sur enfants et un homicide involontaire lié au suicide d’une fillette de 12 ans.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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