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La revue littéraire Livr’arbitres consacre son numéro 54, daté de juin 2026, à l’une des plumes les plus brillantes — et les plus sulfureuses — du XXe siècle français : Paul Morand. « Le style et l’élégance », proclame la couverture, qui dessine le portrait d’un dandy en costume rayé, cigarette à la main.
Qui était Paul Morand ?
Paul Morand (1888-1976) fut l’un des écrivains les plus singuliers du XXe siècle français : un styliste de la vitesse, un aristocrate du verbe, un voyageur perpétuel qui fit de la modernité son terrain de jeu littéraire. Fils d’un homme cultivé gravitant parmi les artistes — Rodin, le cercle de Mallarmé —, élevé dans l’aisance et le cosmopolitisme, il apprit l’anglais dès l’enfance, sillonna Londres, Venise et l’Italie du Nord, avant d’embrasser la carrière diplomatique qui le mènera aux quatre coins du monde. De ces pérégrinations, il tira une œuvre foisonnante — près de quatre-vingts ouvrages — où le récit de voyage, la nouvelle brève et le portrait de ville frappent par une prose sèche, nerveuse, taillée à vif, tout en formules cinglantes et en images fulgurantes. Ami de Proust, qui préfaça son premier recueil, proche de Cocteau et de Giraudoux, il fut l’un des chantres de ces Années folles qu’il incarnait jusque dans son train de vie, entre réceptions somptueuses et hôtels particuliers. Épistolier redoutable, mémorialiste sans complaisance, il inspira après-guerre les Hussards, cette génération d’écrivains vifs et frondeurs dont Roger Nimier fut le fils spirituel. Écrivain de l’élégance et de l’ironie, du mouvement et de la nostalgie, Morand demeure une figure à la fois éblouissante et clivante, dont la plume n’a rien perdu de son tranchant.
Un écrivain du style et de la vitesse
Il faut dire que, sur le plan strictement littéraire, la matière ne manque pas. Populaire durant l’entre-deux-guerres, auteur d’environ quatre-vingts ouvrages touchant à tous les genres — nouvelles, romans, récits de voyage, portraits de villes —, Morand a marqué son époque par la sécheresse nerveuse de son style, son génie de la formule et sa passion du mouvement. Ami de Proust, qui préfaça son premier recueil en prose, proche de Giraudoux qui fut son précepteur, il inspira après 1945 toute une génération d’écrivains, les Hussards, dont Roger Nimier fut la figure de proue. Diplomate de carrière, grand voyageur, il incarna une certaine idée du cosmopolitisme lettré.
Le dossier que lui consacre la revue est copieux : pas moins d’une quinzaine de contributeurs — parmi lesquels François Jonquères, Hubert Vinteuil, Christopher Gérard ou Michel Mourlet — se penchent sur son œuvre, sur près de quarante pages. De quoi explorer les multiples facettes d’un écrivain protéiforme.
Un sommaire foisonnant
Le portrait de Morand n’est que la pièce maîtresse d’un sommaire particulièrement riche. On y croise d’autres figures littéraires célébrées dans la rubrique « Portrait » : Jean Giraudoux, l’écrivain-aventurier François Augiéras, ou encore l’Italienne Goliarda Sapienza. Le dossier central est consacré à Corto Maltese, le héros de bande dessinée d’Hugo Pratt, tandis que la rubrique « Coups de cœur » balaie un large éventail d’auteurs.
Le numéro fait aussi la part belle à l’actualité et au voyage, avec un reportage « Sur le front ukrainien » signé Fred Marie, un « Voyage en barrésie » sur les traces de Maurice Barrès, des pages consacrées à la Roumanie de Ceaușescu, à la littérature finnoise, à Georges Perec, ou encore à Madame de Sévigné et aux Voyages de Gulliver. Sans oublier les rubriques cinéma (Walter Hill), poésie, roman-photo et bande dessinée qui complètent ce copieux volume.
Dans son éditorial, le directeur de la publication Patrick Wagner ouvre sur une méditation grave — à partir d’un texte du poète Thomas Vinau sur les enfants d’Izieu — reliant les photographies qui « dérangent », de Dresde à Gaza en passant par le Vietnam, avant d’inviter, à l’approche de l’été, à « couper nos portables le temps d’un été » pour se consacrer à la lecture. Un beau programme estival, à défaut d’être toujours consensuel.
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Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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