Riposte Catholique ferme, signe d’un malaise profond et d’une question taboue dans l’Eglise [L’Agora]

Publicité

Le site d’informations Riposte Catholique a annoncé en fin de mois de mars dernier sa fermeture (provisoire ?) pour « de graves questions de ligne éditoriale ». Sur le Salon Beige, autre site de réinformation catholique, Guillaume de Thieulloy, animateur et responsable de Riposte Catholique détaille les raisons de cette fermeture. Pour résumer, le journaliste catholique est pris entre deux feux concernant le traitement des abus sexuels dans l’Eglise :

« Dans le traitement de la terrible crise des abus que traverse notre Eglise, il existait deux écueils : soit mettre les problèmes sous le tapis au risque de blesser une deuxième fois les victimes par notre inaction et de voir la plaie puruler ; soit dénoncer les abus et les prédateurs. Je ne pouvais pas accepter la première option. Mais, insensiblement, la deuxième option a révélé ses propres dangers : laisser croire que l’Eglise se résume à cette crise ; faire planer sur tous les prêtres un opprobre général ; et, de façon générale, amalgamer bien des choses qui n’ont rien à voir (un signalement n’est pas une preuve de culpabilité, une gouvernance « musclée » n’est pas un viol, etc.). Ainsi tel prêtre, pourtant blanchi par la justice pénale française, se voit-il systématiquement affublé d’un rappel infamant de son accusation. Ainsi tel autre, objet d’un signalement au Tribunal Pénal Canonique National (dont nous ignorons tout à ce stade), se voit-il immédiatement soupçonné d’être un violeur d’enfants. Il est facile de « signaler » que tel curé n’écoute pas assez tel membre de son conseil pastoral mais ce « signalement » (pour un comportement qui, notons-le, peut être parfaitement justifié), jeté en pâture aux médias, deviendra rapidement une présomption de culpabilité pour des turpitudes innommables. »

Effectivement, à l’heure du tribunal médiatique permanent, il est bien difficile de savoir s’il convient de relayer telle ou telle accusation de viol ou de violence commise par un prêtre. Et, a contrario, comme le dit Guillaume de Thieulloy, « mettre les problèmes sous le tapis » serait une attitude bien lâche et bien injuste pour les victimes. Dilemme, dilemme.

Ce qui n’est, cependant, jamais mis en avant dans cette affaire des abus dans le monde catholique c’est le singulier manque de charité, d’empathie et d’amour qui émane de bien des établissements de la sphère catholique. Et ce depuis fort longtemps.

Publicité

Car si les abus sexuels de prêtres pervers n’étaient pas la règle dans tous les établissements catholiques et fort heureusement, il convient de s’interroger sur la réputation épouvantable de dureté, de sadisme parfois et d’absence de charité chrétienne qui était accolé à nombres d’institutions ou d’ecclésiastiques. Là encore, il ne faut pas tomber dans le piège de la généralité mais combien de nous ont subi les règles absurdes et dépourvues d’amour de son prochain de curé ou de frères enseignants. Sans parler des Bonnes Soeurs qui n’avaient de « bonnes » que le nom. Chaque famille est remplie de ces histoires où untel était scolarisé chez les Soeurs, véritables syndicats du crime et de la rigueur, où les jeunes enfants ne voyaient la religion chrétienne que comme une somme d’interdits et de châtiments. Combien de personnes traumatisées dans leur enfance n’ont jamais vu qu’en Notre Père qu’un Dieu vengeur, jaloux et suspicieux car ses représentants ici bas rivalisaient de sévérité et de rudesse sous couvert « d’éducation ».

Chaque prêtre et chaque bonne soeur n’était pas un criminel bien sûr mais ils n’étaient souvent pas un monument de tendresse non plus. Depuis le début du XXè siècle, les établissements catholiques ont cette réputation nom de nom ! Réputation terrible et épouvantable ! Comment n’avons-nous pas réagi avant ????

Au-delà des manifestations les plus extrêmes de ces tendance perverses, l’Eglise et, au-delà, tout le monde catholique aurait dû s’interroger depuis longtemps sur la rudesse et la sévérité présente dans nombres d’institutions catholiques. Sur le manque d’amour érigé en règle. Sur la peur de l’enfer établie comme chantage permanent.

Michel Onfray parle de cela dans plusieurs de ses ouvrages. Oh, il n’a pas été abusé ou battu dans ces établissements des Frères Salésiens mais il n’y a jamais trouvé Dieu car Dieu n’y était pas. Lugubre. Sévérité. Absence d’amour et de tendresse. La référence à Michel Onfray vous dérange cher lecteur ? Je vous parlerais alors d’un de mes proches qui a rejeté la parole divine car ses années chez les Soeurs n’auront pas particulièrement été des années de bonheur où ces dames consacrées à Dieu auraient pu, auraient dû, par leur action quotidienne, donner aux enfants un extrait de l’amour divin.

Et ces établissements où règnent la sévérité et la lumière noire de Satan existent encore. Car le problème est systémique. Car certains parents envoient leurs enfants dans certaines écoles catholiques pour être « vissés ». Cruelle et étrange traduction de la parole de Dieu. Et plus c’est tradi, plus c’est « vissé » ! Monseigneur Lefèbvre n’était pas réputé être un marrant, mais apparemment quelques uns de ses successeurs préfèrent la lecture de l’Ancien Testament et les chapitres où Dieu apparaît vengeur et cruel, que le Nouveau où Notre Seigneur est tout de même présenté sous un visage beaucoup plus miséricordieux. Merci Jésus !

Donc puisque notre religion est la religion de l’Amour, que nos établissements et nos églises soient des temples de l’Amour divin, de la miséricorde et de la compassion et non des endroits pour « visser » les enfants. Rigueur et excellence, oui. Mais dans la miséricorde, sinon c’est Satan qui agit en soutane.

Arrêtons de nous faire plaisir, ce n’est pas uniquement Vatican 2, le relativisme et les prêtres gauchistes qui sont la cause de la fuite des fidèles, ce sont également notre manque de clairvoyance sur l’identité même de ce que doit être notre église et nos établissements scolaires. Les prêtres abuseurs et criminels doivent être châtiés et, oserais-je dire, châtrés. Aux cochons, les couilles de curés tripoteurs ! Mais nos Frères profs de mathématiques ou de religieux avec des faces de portes de prison et nos Soeurs Sévères doivent également être envoyés en retraite illico. Ils n’ont rien fait de mal au regard de la loi ? Soit ! Mais ils ont péché au regard du Seigneur et de Jésus Christ ! Ils ont péché par manque d’amour de son prochain. Et cet amour, c’est « la base » comme disent les jeunes. Une nouvelle génération de prêtres arrive à ce qu’on dit ? Plus « tradis », moins cages aux folles que nos animateurs de kermesse du Vivre-Ensemble et de la Religion des Droits de l’Homme à gueule de carême, qu’ils fassent bien attention de ne pas retomber dans les erreurs et les errements de leurs prédécesseurs.

Le catholicisme, c’est la proclamation de l’Evangile, la proclamation que Dieu nous aime et est toujours avec nous. Pas une litanie d’interdits, de feux de l’enfer et de sévérité faussement virile.

Le catholicisme, ce n’est pas un repli communautaire catho-tradi avec uniforme chemise blanche et pantalon chino mais un esprit rebelle à la décadence ambiante.

Si Jésus a foutu le bordel en Palestine au premier siècle de notre ère, croyez-vous que c’était pour voir des Marie-Chantal coiffées d’un serre-tête à la con glousser de satisfaction en déposant leurs gosses dans un collège réputé « le plus sévère du coin » ?

Le monde de la tradition a beaucoup trop tendance à se complaire dans une dénonciation sans fin des « curés de gauche » et de leurs messes turlututu aux couleurs LGBT, sans se remettre en question. Sans se poser la question de sa propre incarnation des valeurs qu’il défend.

Quant aux « nouveaux catholiques », à l’image des « nouveaux prêtres », plus tradis, plus enracinés, veillez à ne pas pousser ces jeunes prêtres à la sévérité pour avoir l’air d’être une famille qui « tient ses enfants ». Complètement con ! L’autorité n’est pas une série d’épouvantes, elle est une incarnation et doit constamment être contrebalancée par la tendresse et la justice. Que les établissements catholiques tradis ou Saint-Pie X soient des temples de l’amour divin et de la mise en application concrète de la parole du Christ, pas des annexes de la prison où la religion catholique s’enseigne à coups de pieds au cul !

Car ce n’est pas ainsi qu’on devient un homme ou une femme de valeur mais en prenant exemple sur des modèles. Et nos prêtres doivent être ces modèles. Ce qui, aujourd’hui, est souvent loin d’être le cas.

Jésus était un rebelle et un homme de bien, attentif aux plus humbles et aimant sans condition. Soyons tous à son image !

Jean-Pierre Trédia

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

13 réponses à “Riposte Catholique ferme, signe d’un malaise profond et d’une question taboue dans l’Eglise [L’Agora]”

  1. Chemichti dit :

    Bonjour

    Je n’ai pas connu ces établissements « cathos« , mais la sévérité existait aussi dans les établissements bien laïcs de l’état.
    L’éducation n’avait pas le même sens que de nos jours.
    Pour ce qui concerne les gens d’Église, en France notamment, n’oublions pas trop vite que l’augustinisme noir, le jansénisme et autres mouvements « spirituels » et moraux ont sévi longtemps dans ces cercles. Avec une focalisation sur la souffrance, le culte de l’effort et du « supermec », la méfiance -pas toujours indue-envers l’état et la « république« , un certain dolorisme , et en tout cas surtout pas le culte de l’épanouissement.
    Dans le même temps, des patros allaient à contre-courant avec les sociétés de gymnastique, les fanfares et chorales, le cinéma, le théâtre…
    Peut-être pas exactement d&ns le même « monde«  sociologique?

    Les prêtres eux-mêmes étaient aussi victimes de cet état d’esprit.. dans les séminaires et après.

    Le rationalisme avait ajouté sa pincée de sel à cet ensemble depuis au moins le XIXème rendant suspecte toute vie spirituelle un peu vivifiante et heureuse…quant à la mystique, cela prêtait à moquerie et sourire suffisant ton envoyait volontiers les suspects chez le psychiatre…)

    Les gens d’église ne sont pas hors sol, et ils reflètent souvent la tendance d’une société… Les responsables religieux soupçonnés d’abus d’autorité ne sont-ils pas aussi membres de notre société cultivant l’égo à toutes forces? Humano-centrée à l’excès?

  2. Brunrouge dit :

    D’accord avec Chemitchi. Les curés cumulent plusieurs éléments. Une certaine martyrologie qui entraine la violence sur soi et donc sur les autres, la souffrance, la punition, la soumission, le masochisme. Le deuxième élément concerne l’éducateur religieux ou laïque avec le pouvoir, les pouvoirs que cela induit sur l’éduqué.
    L’étape suivante est la pulsion sexuelle fréquente chez les éducateurs proches de enfants. Il y a aussi l’héritage d’édifices religieux qui étaient là pour remettre les individus, les « pécheresses » dans le droit chemin. Des orphelinats proches de caserne ou de bagnes. Si on y ajoute la protection des politiques (Bétharram), tout doit être repensé.

  3. P.G. dit :

    Toutes les religions ont été fondées sur des légendes, et ont abusé de la crédulité des peuples, menacés de l’enfer ou du purgatoire. Et le clergé tout puissant a opprimé et ses ouailles sur tous les plans (financier, sexuel, etc…) depuis des siècles. Même au Vatican, on est toujours san,s nopuvelles de la Jeune Emanuala Orlandi, disparue depuis 1983 ! Satan est vraiment partout !

  4. Balbino Katz dit :

    Très bon papier qui apporte un éclairage original sur une question douloureuse.

  5. Dupont dit :

    Votre Monsieur Trédia, est très enflammé, les mots sont forts, mais il est vivifiant !

    Je l’apprécie et suis globalement entièrement d’accord avec vous. La pédagogie chrétienne, catholique, dans les écoles doit être pratiquée dans une moyenne rigoureuse et bienveillante. Ni trop, ni pas assez. Un juste milieu trop souvent oublié, dont nous devons prendre conscience. Qu’il nous faut rechercher, porter activement dans nos vies, dans l’éducation de nos enfants.

    Que notre oui soit oui et notre non soit non. Pas de tiédeur, mais pas de visages en porte de prison en permanence, ni d’agitation superfétatoire des affres de l’enfer…

  6. Gaudete dit :

    Mgr Lefebvre pas un marrant vois en savez quelque chose? Je ne crois pas.relisez Mgr Schneider et vous arrêterez de raconter un peu n’importe quoi. Êtes-vous allé dans ces écoles tradis? Vous devriez y aller. On y voit bcp d’élèves épanouis et au contraire du public ils y apprennent ce que l’enseignement officiel n’aurait jamais du abandonner. Et malgré les turpitudes que leur font subir les examinateurs de tout poil de la ripoublik bolchevik ils réussissent aux examens même avec davantage de matières que les élèves de la rééducation nationale gauchiste.

  7. JLP dit :

    Ah Guillaume de Thieulloy ! Je me souviens de m’être désabonné du Salon beige après que ce bon tradi se soit ouvertement réjoui de la disparition d’un syndicaliste connu comme catho de gauche. J’ai connu des cathos de gauche qui allaient à la messe tous les matins, et dont l’attitude au jour le jour forçait le respect… Pour autant ils ne m’ont entraîné ni à la messe ni à gauche ! Quant aux prêtres pédos, il faut les resituer au sein du monde des encadrants de la jeunesse : entraîneurs sportifs, animateurs du périscolaire, instituteurs du public (comme du privé), pions, etc.

  8. RAYMOND NEVEU dit :

    Faux! Toutes les religions ne reposent pas sur les propos gazeux d’illuminés du désert qui voyaient les mirages …!

  9. RAYMOND NEVEU dit :

    Amusant la référence à Michel Onfray (Onfroy, Onfroi, Onfrai dont le nom figure sur les Tables de Falaise avec Robert, Raoul et autres moins connus…), ici la dame du lieu ne l’aime guères mais moi je l’adore, ma soeur me confirme qu’à Nantes la soeur qui gérait leur cabane préfabriquée leu servant de logement, ancienne pute fouillait leurs armoires et essayait leurs culottes!!! Une sainte religion!!!

  10. Torr'Pen dit :

    Sur le cargo mixte qui nous emmenait à Madagascar(1962) une religieuse habillée de bleu, avec coiffe et la Sacré Cœur cousu sur la poitrine voyageait en 3ème classe pour aller s’occuper des lépreux de l’île. Catholique et historien, je sais les trésors d’amour et de charité que l’Eglise a distribué au travers des siècles et des pays. Mais à l’instar de la Légende Noire de l’Espagne en Amérique vous ne retenez qu’une hystérie anticléricale. Oui, il y a eu des abus et il y en aura, l’abbé Pierre en est un bel exemple: mais ce n’était pas le camarade Thorez qui était dans les bidonvilles en 1954.
    Doué ho pennigo memestra!

  11. Mort de rire dit :

    Effectivement, certaines comme l’athéisme militant, l’anticléricalisme, et le neopaganisme, reposent sur l’aigreur et la sociopathie de dégénérés bien de chez nous. Mais visiblement dans certains milieux cela leurs confère de la valeur mdr

  12. Mort de rire dit :

    Si tu veux on peut parler de la sainteté des pédos de gauche anticléricaux ou des femmes modernes élevées selon vos préceptes. C’est là que tu te rends que l’anti catholique de base est un boomer de 70 ans xD

  13. Mort de rire dit :

    Mdr, t’a vraiment les fils qui se touchent ici

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

A La Une, International

Eva Vlaardingerbroek : « Le Grand Remplacement n’est plus une théorie, c’est une réalité » [Interview]

Découvrir l'article

International

De la messe clandestine à Downing Street : et si l’Angleterre était gouvernée par Andy Burnham, un catholique ?

Découvrir l'article

LANNION, Patrimoine, PERROS GUIREC, Religion

Trégastel (22). La chapelle Sainte-Anne ravagée par les flammes

Découvrir l'article

A La Une, Histoire, Sociétal

Eduard Habsburg : l’archiduc qui défend la tradition catholique et l’identité européenne contre le centralisme de Bruxelles

Découvrir l'article

A La Une, Culture, Culture & Patrimoine, Patrimoine, Religion

« Catholiques et Bretons toujours » : Avec l’âme des pardons, Philippe Abjean appelle à la résistance [Interview]

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine

Eurovision 2026 : la Croatie représentée par Lelek et ses tatouages « sicanje », symboles séculaires de résistance catholique face à l’Empire ottoman

Découvrir l'article

Ensauvagement, Religion

Christianophobie : églises vandalisées et cimetière visé par des vols

Découvrir l'article

A La Une, Histoire

« Le national-syndicalisme espagnol fut radicalement à part » : Michel Festivi raconte l’histoire des Phalanges [Interview]

Découvrir l'article

Sociétal

I-Média revient sur le piratage de l’Agence nationale des titres sécurisés et l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset

Découvrir l'article

Religion

Contre-révolution spirituelle : pourquoi les jeunes hommes rouvrent les portes des églises, des deux côtés de l’Atlantique

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.