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Il est archiduc, philosophe de formation, ancien scénariste de dessins animés et de films de zombies, père de six enfants, grand-père, et a servi dix ans comme ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège. Eduard Habsburg-Lothringen est l’une des figures les plus singulières de l’Europe contemporaine — un homme qui porte un nom vieux de sept siècles avec une légèreté revendiquée et une conscience aiguë de ce qu’il représente. Il a accordé un long entretien au magazine Hungarian Conservative, dont voici les éléments essentiels.
Être un Habsburg en 2026
La question de l’identité dynastique est au cœur de l’entretien. Eduard Habsburg ne la vit pas comme un fardeau mais comme une évidence structurante. « Je ne sais pas où finit le Habsburg et où commence ma personnalité », confie-t-il. Dès l’école, lorsque les professeurs se tournaient vers lui dès que les cours abordaient l’histoire de sa famille, il prit conscience qu’il ne pouvait pas vivre comme si ce nom ne signifiait rien. La maxime d’Otto von Habsburg qu’il cite comme une règle de famille, éclaire cette posture : « Si vous ne savez pas d’où vous venez, vous ne savez pas où vous allez, parce que vous ne savez pas où vous vous trouvez. »
Être un Habsburg, précise-t-il, c’est incarner aux yeux de ceux qui vous regardent un certain nombre de valeurs : le catholicisme, l’internationalisme, le travail pour la paix entre les nations, l’attachement à la tradition. Quand des gens pleurent en voyant un membre de la famille lors d’une cérémonie, dit-il, « vous réalisez que vous représentez quelque chose, et que les gens attendent que vous soyez quelque chose. »
La branche hongroise, une histoire de fidélité
Eduard Habsburg se considère hongrois — sa première nationalité est hongroise — et revendique cet ancrage avec conviction. La branche palatine de sa famille s’est installée en Hongrie dans les années 1790, quand l’archiduc Joseph, dit le « nádor » (palatin), tomba amoureux du pays, de sa langue et de ses lois. Son fils, l’archiduc Istvan, prit le parti de la Hongrie lors de la révolution de 1848 et porta les revendications hongroises à Vienne auprès de l’Empereur. La famille demeura présente en Hongrie jusqu’en 1944.
Parmi les lieux qui le rattachent à cette histoire, il cite Alcsútdoboz, où se trouvait le château familial détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il ne reste qu’un portail dans le parc, et le palais de son arrière-arrière-grand-père, actuellement en restauration face au palais présidentiel à Budapest — là où son père fut baptisé, dans les bras d’Angelo Rotta, le nonce apostolique qui sauva des milliers de Juifs pendant la guerre.
Diplomate par vocation inattendue
Son passage à l’ambassade de Hongrie auprès du Saint-Siège, de 2015 à 2025, illustre le caractère imprévisible de son parcours. « Mon idée d’un diplomate, c’était quelqu’un qui se tient avec un verre de champagne aux réceptions en souriant tout le temps sans jamais pouvoir dire ce qu’il pense », reconnaît-il. C’est pourtant ce qu’il devint, après une carrière de scénariste — il écrivait pour la télévision, des dessins animés, et travaillait sur un film de zombies au moment où il fut approché. Il comprit progressivement qu’il pouvait « apporter quelque chose à la table » : la maîtrise des langues, cinq ans passés comme porte-parole d’un évêque, une famille aux valeurs traditionnelles, et la citoyenneté hongroise.
L’Europe, la subsidiarité et les tentations de Bruxelles
Sur l’Union européenne, Eduard Habsburg adopte une position nuancée qui reflète l’héritage paneuropéen d’Otto von Habsburg tout en intégrant les leçons de ses années au service de Budapest. Il croit profondément au projet européen — « nous devons des décennies de paix au fait que l’Europe s’est unifiée » — mais identifie une dérive : « L’UE a peut-être perdu un peu de vue la subsidiarité, le respect pour chaque pays. Les tentations du centralisme bruxellois sont toujours très fortes, surtout quand on dispose d’une bureaucratie aussi importante. » Ses années à défendre les intérêts hongrois lui ont montré « les fissures du projet », sans pour autant le faire renoncer à son idéal.
Famille, foi et civilisation
Le dernier registre de l’entretien est peut-être le plus personnel. Père de six enfants et grand-père, Eduard Habsburg réduit en un mot le secret d’une grande famille : la foi. « Je crois que la famille ne peut pas être vécue sans la foi. Avoir une grande famille est un pari que l’on prend plus facilement si l’on a la foi. » Dans une grande famille, dit-il, on apprend que l’on n’est pas le centre du monde, que l’on n’a pas droit à tout, que donner fait partie de ce que l’on est. « Je crois que nous avons un peu perdu cela. »
Sur l’avenir du christianisme en Europe, il se montre optimiste d’une façon inattendue : non par un retour institutionnel, mais par la multiplication de témoignages personnels à l’ère des réseaux sociaux. « Des influenceurs qui parlent de leur foi peuvent conduire beaucoup d’autres personnes à développer un intérêt pour le Christ. » Il ajoute, avec la touche d’humour caractéristique qui traverse tout l’entretien : « Vous n’avez pas besoin d’être catholique pour être un bon chrétien. Il se trouve que je le suis parce que je suis un Habsburg. »
Photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “Eduard Habsburg : l’archiduc qui défend la tradition catholique et l’identité européenne contre le centralisme de Bruxelles”
Ce genre d’homme, cultivé, élégant, d’un haut niveau intellectuel, catholique, père de famille nombreuse, très digne, respectant les valeurs de sa noble généalogie très ancienne est l’image la plus détestée par la gauche qui le traiterait de fasciste, d’extrême droite et d’identitaire….
Voilà ce qu’il nous faudrait, la clique ploutocratique nous a fait tomber au fond du gouffre. S’en débarrasser comme les mycoses.
Un Habsburg digne de ce nom ! J’espère qu’il va aider à construire une autre Europe des Nations fondée sur la tradition ! Merci Monseigneur !