Les Rencontres stratégiques des Trois Océans : quand la cité corsaire devient capitale de la souveraineté numérique

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Les 9 et 10 avril derniers, Saint-Malo a accueilli la première édition des Rencontres stratégiques des Trois Océans, organisée par l’éditeur français VATES, spécialisé dans les solutions open source de virtualisation et de gestion d’infrastructures pour le cloud hybride. Pendant deux jours, une centaine de décideurs issus des mondes militaire, institutionnel et technologique se sont retrouvés dans la cité corsaire pour confronter leurs vues sur un sujet aujourd’hui incontournable : la souveraineté numérique française et européenne.

Le choix du lieu ne devait rien au hasard. En accueillant l’événement à bord du vieux gréement L’Étoile du Roy, puis au palais du Grand Large, VATES inscrit sa première grande manifestation dans une géographie symbolique — celle d’une Bretagne historiquement tournée vers le grand large, la Marine et la défense des intérêts français. De quoi donner d’emblée à ces rencontres une tonalité particulière, bien éloignée des salons parisiens habituels.

Un parterre atypique entre armées, politique et technologie

L’événement a réuni des profils rarement assemblés dans un même lieu. Côté militaire, la présence du général Breton, directeur de l’École de Guerre, de l’amiral Bechler et de l’amiral de Guibert, préfet maritime, témoignait du sérieux accordé par l’institution militaire aux enjeux de souveraineté technologique. L’amiral Bernard Rogel, ancien chef d’état-major de la Marine nationale, est également venu apporter son regard sur les équilibres stratégiques contemporains.

Côté politique, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a pris la parole pour évoquer l’impact des tensions géopolitiques sur la souveraineté numérique et le rôle des femmes dans la tech et les armées. Côté industriel, plusieurs partenaires technologiques étaient conviés : Bull (Eviden / Atos), Exodata, Veeam et Scality, autant d’acteurs engagés dans la construction d’une chaîne de valeur numérique européenne.

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Quatre tables rondes ont rythmé les journées, consacrées successivement à la géostratégie, au rôle des entreprises en contexte de crise, à la place du numérique dans les opérations militaires et aux enjeux de transformation des secteurs stratégiques. Le format, volontairement ouvert, a favorisé les échanges directs entre décideurs publics, militaires et industriels.

La souveraineté numérique sort du discours institutionnel

L’enseignement central de ces deux journées tient en une phrase : la souveraineté numérique n’est plus un sujet cantonné aux colloques institutionnels. Elle devient une préoccupation opérationnelle, partagée par les administrations, les opérateurs d’importance vitale et les entreprises de toutes tailles. La dépendance à des technologies extra-européennes — américaines principalement, chinoises parfois — est désormais identifiée comme un risque stratégique à part entière, au même titre que la dépendance énergétique ou la dépendance alimentaire.

La rupture provoquée en 2023-2024 par le rachat de VMware par Broadcom, et les profonds bouleversements commerciaux qu’elle a entraînés pour des milliers d’administrations et d’entreprises européennes utilisatrices, a agi comme un révélateur. Du jour au lendemain, des organisations entières se sont retrouvées à devoir renégocier, en position de faiblesse, avec un nouvel acteur fixant unilatéralement ses conditions. De nombreuses directions informatiques ont alors pris conscience de leur vulnérabilité et commencé à explorer sérieusement les alternatives souveraines.

Les échanges de Saint-Malo ont mis en évidence une demande désormais clairement formulée : des solutions technologiques maîtrisées, capables de fonctionner dans des environnements sensibles (systèmes isolés dits airgap, hébergements SecNumCloud qualifiés par l’ANSSI), et portées par un écosystème européen structuré. Plusieurs intervenants ont souligné que cette dynamique de structuration est en cours et devrait s’accélérer dans les prochains mois.

VATES, acteur discret d’une filière en pleine consolidation

Fondée en 2012 à Grenoble, la société VATES s’est construite autour de deux produits phares, XCP-ng et Xen Orchestra, qui permettent la virtualisation et la gestion d’infrastructures informatiques. Entièrement open source et développées en France, ces solutions sont utilisées par plus de 1 000 clients à travers le monde, avec plus de deux millions de téléchargements enregistrés. L’entreprise compte aujourd’hui une centaine de collaborateurs et affiche une rentabilité établie, ce qui dans l’univers de la tech française reste relativement atypique.

Longtemps cantonnée au champ technique, VATES entend désormais prendre sa place dans le débat stratégique national. « Nous avons construit VATES avec une volonté forte : créer en France des technologies que nous maîtrisons, portées par des valeurs de collaboration, de responsabilité et d’engagement », explique Nithida Vialle, cofondatrice et directrice financière de l’entreprise. « Nous sommes prêts. Nous savons concevoir, adapter, soutenir et livrer. Il appartient désormais aux acteurs publics et privés de faire confiance à un écosystème industriel souverain. »

Un dialogue appelé à s’inscrire dans la durée

Au-delà du coup d’essai réussi, la première édition des Rencontres stratégiques des Trois Océans visait à poser les bases d’un dialogue continu entre les acteurs qui, chacun dans leur sphère, travaillent à la construction d’un écosystème numérique souverain. Les organisateurs annoncent déjà leur intention de faire revenir l’événement chaque année, avec l’ambition de fédérer progressivement une communauté élargie.

Pour la Bretagne, et pour Saint-Malo en particulier, l’initiative a le mérite de placer la région au cœur d’une réflexion stratégique qui, trop souvent, se cantonne aux périmètres parisien ou bruxellois. La vocation maritime et militaire de la façade atlantique, associée à la présence croissante d’acteurs technologiques de premier plan (Olvid, Linagora, et d’autres dans l’écosystème rennais), fait du grand Ouest un terrain cohérent pour ce type de rencontres.

Plus d’informations : vates.tech

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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