« Maman, au secours ! » : en Italie, le traumatisme d’un enfant devient le symbole des placements abusifs

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Un nouveau coup dur vient d’être infligé à « la famille des bois« , ces néoruraux anglo-saxons qui résidaient dans une ferme au cœur des forêts des Abruzzes italiennes : le tribunal qui a placé les enfants dans une structure d’accueil a confirmé l’éloignement des parents. Pendant ce temps, l’audio du plus jeune des enfants, en proie à une crise nocturne, a été publié. Le monde politique, des médias, de nombreux experts et des citoyens se sont mobilisés. Mais la magistrature reste inflexible.

Le 30 avril 2026, la Cour d’appel de L’Aquila a rejeté le recours déposé par les avocats du couple Trevallion. Cette décision confirme donc le placement des enfants dans une structure d’accueil, et l’interdiction faite à la mère Catherine Birmingham d’y résider. Pour la majorité des Italiens qui suivent avec le plus vif intérêt le sort infligé à cette famille, ce dernier est tout bonnement insensé, les enfants du couple n’ayant jamais subi de violence ni aucun abus (chose admise par le Tribunal).

Une pseudo-expertise lapidaire

Pour justifier cette décision, le juge s’est basé sur un rapport de 196 pages (1), signé par la psychiatre Simona Ceccoli, qui a conclu que les deux parents sont « inadéquats » et en situation d’incapacité parentale pour leurs choix de vie et le rapport qu’ils entretiennent avec leur progéniture. L’expertise mettrait en lumière des traits de personnalité qui nuiraient au développement neuropsychologique des enfants, les figures adultes n’apparaissant « pas pleinement capables de remplir une fonction d’orientation ». Elle décrit le couple comme étant inadéquat du point de vue éducatif et protecteur, soulignant que certaines convictions idéologiques et limites de caractère pourraient affecter négativement la croissance des enfants.

Le rejet des circuits ordinaires, la gestion communautaire et non hiérarchique de la famille, l’implication excessive des enfants dans les décisions des adultes, la difficulté à garantir des frontières claires entre les enfants et les adultes sont évoqués dans le document. Si beaucoup de ces considérations ont du sens, à combien de familles peut-on attribuer ces mots ? Où se situe la limite entre le placement abusif et le placement justifié ?

Plus encore que leur contenu et les nombreuses erreurs qu’elles contiennent, c’est l’existence même de ces évaluations sur la capacité parentale qui nourrit de graves interrogations. En l’absence d’abus, de violence ou de problèmes psychiatriques avérés des parents, quelle est la légitimité du tribunal de soumettre à plusieurs centaines d’expertises et contre-expertises ?

Selon Giorgio Vaccaro, avocat et professeur de psychologie juridique, les tests auxquels ont été soumis parents et enfants sont advenus dans un moment si traumatique que leurs résultats en sont nécessairement frelatés. Il rappelle que c’est là une des bases de la psychologie et il s’étonne que des professionnels mobilisés par le Tribunal n’aient pas souligné cela et n’aient pas refusé d’émettre quelque conclusion que ce soit. Des conclusions qui, rappelons-le, sanctifient l’éloignement brutal de trois enfants de 6 et 8 ans de leur foyer immergé dans la nature, entourés de leurs animaux et de leurs parents aimants dont ils n’avaient jamais été séparés, pour être placés du jour au lendemain dans une structure en béton, parmi des étrangers. 

Des rapports d’experts ignorés

L’état de santé mentale des trois enfants inquiète. Un autre rapport technique déposé auprès du Tribunal par le psychiatre Tonino Cantelmi, directeur médical associé en psychopathologie, et Martina Aiello, psychologue-psychothérapeute et coordinatrice de l’aire de psychologie juridique de l’ITCI de Rome, tous deux consultants du couple Trevallion. Mais rien n’y fait. Le traumatisme des enfants – expressions faciales éteintes et regards fixes, réduction de l’expressivité émotionnelle, appauvrissement de l’initiative relationnelle – est constaté par une foule de psychologues, mais absent des rapports des assistantes sociales. Pire, lorsque l’audio insoutenable des cris du jumeau de 6 ans, en proie à une crise de panique au beau milieu de la nuit, cherchant désespérément sa mère au son de  « Maman, maman, au-secours ! J’ai peur de ne jamais rentrer à la maison !  » est publié, pour les mêmes assistantes sociales les cris sont simulés.

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Pour rappel, la mère, alors autorisée à dormir à un autre étage de la structure est accourue pour calmer son fils et le faire dormir dans son lit : une infraction au règlement qui lui a valu d’être définitivement exclue du foyer.

Une incompréhensible cruauté

Les parents ont été reçus au siège du Sénat où Catherine Birmingham a dénoncé n’avoir jamais vu, connu ou entendu une telle cruauté comme celle qui est faite à ses enfants. Aucune dérogation n’a été accordée pour se réunir à Noël, à Pâques ou pour quelque anniversaire. Une obstination perçue par de nombreuses personnes comme étant une ultérieure manifestation de malveillance gratuite. Pire encore, la jumelle de six ans a été portée à l’hôpital pour une crise respiratoire : non seulement les parents n’ont été prévenus que le lendemain, mais la mère n’a le droit de rester avec l’enfant qu’une heure par jour.

La famille des bois est soutenue par les plus hautes personnalités des institutions. Giorgia Meloni, le Président du Sénat, Ignazio la Russa, l’autorité garante pour l’enfance, Marina Terragni, Matteo Salvini, la présidente de la commission parlementaire pour l’enfance, Michela Vittoria Brambilla. Tous ont pris publiquement position pour un regroupement urgent de la famille.

Mais rien ni personne ne semble pouvoir infléchir les positions du Tribunal pour mineurs de l’Aquila. Les jours défilent, les mois passent, la souffrance psychologique des enfants est de plus en plus dommageable, mais rien n’y fait. Le pire étant que ce qui était reproché au couple Trevallion, à savoir, l’école à domicile et l’isolement social, s’est aggravé avec le placement : depuis cinq mois que les enfants sont placés, ils ne fréquentent aucun établissement scolaire et vivent isolés avec quelques étrangers dans un foyer.

Les liens entre parents et enfants sont occultés, les besoins humains des enfants sont niés, leur traumatisme est minimisé. Cette interférence de l’État dans un choix de vie alternatif et frugal est une attaque à la famille passée de la théorie à la pratique. Et si de nombreux observateurs considèrent que cette affaire se réduit désormais à un bras de fer entre une famille de néo-ruraux désireuse de vivre comme bon lui semble et la volonté d’un Tribunal de les plier à la modernité, la réalité est différente : dans le but de récupérer leur autorité parentale, les Trevallion ont accepté tous les changements demandés – déménagement, vaccinations, établissement scolaire etc. – mais cette dernière décision judiciaire les empêche encore de retrouver leurs enfants.

Le 15 mai,  ce sera au tour de la Cour d’appel de l’Aquila de se prononcer.

Audrey D’Aguanno

 

(1) Même si aucune science ne valide l’interprétation des dessins, voici ce que l’on trouve dans l’expertise :  « En ce qui concerne le dessin de l’arbre, la feuille est utilisée dans un sens vertical et la représentation est configurée de dimensions réduites par rapport à l’espace disponible, élément qui, sur le plan interprétatif, renvoie à des expériences d’insécurité, de retrait et d’isolement possible. À première vue, l’arbre paraît peu vivant, avec une qualité d’expression globalement éteinte et appauvrie. » (…) « L’organisation globale de l’arbre met toutefois en évidence une disharmonie marquée entre ses parties constitutives. En particulier, on observe une accentuation du tronc par rapport à la chevelure, qui apparaît réduite, aplatie et peu développée. Cette configuration peut être lue, de manière hypothétique, comme une expression d’immaturité évolutive, avec une prédominance des aspects plus concrets et structurels par rapport à ceux expressifs et expansionnistes. La chevelure, en effet, est écrasée et compressée, suggérant des expériences de limitation, de contrainte et de difficulté dans l’expression de soi. » – « On constate également une asymétrie de la chevelure avec accentuation vers la droite, élément qui peut renvoyer, d’une part, à un besoin d’ouverture et de projection vers l’extérieur, et d’autre part à une recherche de protection et de confinement. La figure entière semble légèrement inclinée vers la droite, étant donné qu’elle peut être associée à une situation de tension émotionnelle, avec des expériences possibles d’insécurité dans la relation avec l’environnement, ainsi qu’un besoin de référence externe et de soutien relationnel. Les racines sont à peine mentionnées, situées près du centre du tronc et mal développées. Cet élément renvoie à une base identitaire perçue comme fragile et peu consolidée, avec des expériences possibles de timidité, d’inconfort, d’inadéquation et de tendance à la soumission. » De telles balivernes ont servi de base pour retirer trois enfants à leurs parents.

Photo d’illustration : Capture La Verità

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7 réponses à “« Maman, au secours ! » : en Italie, le traumatisme d’un enfant devient le symbole des placements abusifs”

  1. Jézéquel dit :

    Je suis psychologue clinicien en retraite. Si cet article rapporte exactement les éléments qui ont été invoqués pour justifier l’arrachement de trois enfants à leurs parents : alors cet acte d’un tribunal est criminel et entraîne la condamnation de cette société « de droit » qui utilise une loi pour martyriser des enfants !!! Maintenant que le mal est fait, ces enfants vont souffrir de longues années avant de pouvoir se guérir d’une telle violence gratuite. Quant à cette psychiatre et à ce juge qui sont ensemble responsables de ce crime, ils méritent la prison à perpétuité…

  2. guillemot dit :

    Un enfant qui se construit sans amour est un enfant « inachevé » qui réagit , hélas, le plus souvent par la violence. Et dans notre société déboussolée , il y en a de plus en plus.

  3. Durandal dit :

    Bonjour,

    Ouah, le rapport d’expertise qui plaque des interprétations fantasmatiques sur les dessins des enfants. Les malades ne sont pas là où on les croit…

    Cdt.

    M.D

  4. Valkyore dit :

    Encore un exemple que les psychiatre sont souvent des psychopathes qui prennent plaisir à détruire des familles, des gens et des enfants.

    Je ne serai guère étonner que beaucoup d’enfants tomber dans les griffes de pédophiles dans certaines institutions le soient à cause des placements et des séparations du à des décisions de psychiatres bien de gauche et bien tarés.

  5. Michel dit :

    Je ne connais pas la loi ni en Italie ni en France. Ne peut-on déposer plainte contre un tribunal, c’est-à-dire le juge et ceux qui ont jugé, pour, par exemple, maltraitance envers les enfants ?

  6. Gonez dit :

    L’Europe,continent de malade ,prendre l’expertise de psychiatre qui sont des malades MENTAUX comme référence ,les PEDOS vont se réjouir et remercier ces 2 salauds,tout ça C est arrangé avec la LOI des hommes

  7. Parabellum dit :

    Arrivé à ce niveau de putréfaction, le temps des palabres est fini .La solution la plus légitime, logique et efficace c’est une opération « agence tous risques ». Un centre d’internement pour enfants n’est pas un pénitencier de haute sécurité. Trois volontaires décidés et compétents et l’affaire est réglée , ensuite replis vers l’ambassade de Russie la plus proche et demande d’asile pour persécution .

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