Périscolaire : le premier inculpé relaxé, malgré plusieurs signalements

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Le premier animateur du périscolaire parisien jugé pour agressions sexuelles et harcèlement sur des petites filles de CM2 a été relaxé. Malgré la parole de neufs enfants, malgré le caractère suspect de l’inculpé relevé par deux fois par une responsable, le tribunal a jugé que « l’infraction n’est pas suffisamment caractérisée ». Tout en reconnaissant que l’homme aurait eu un « comportement inapproprié » avec ces mineurs.

Une relaxe qui interroge

Nicolas G., ancien animateur à l’école Titon dans le 11e arrondissement de Paris a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 16 juin 2026 pour des accusations d’agressions et de harcèlement sexuels sur mineures, au motif que « l’infraction n’est pas suffisamment caractérisée« . Cette décision marque la première sentence rendue depuis l’éclatement du scandale des violences dans le périscolaire parisien où plus de 132 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année 2026 pour suspicion de violences physiques ou sexuelles envers des élèves.

Les juges ont reconnu un « comportement inapproprié » de la part de l’animateur Nicolas G., mais ils ont considéré que l’élément moral (l’intention sexuelle de nuire) et le caractère humiliant ou dégradant des gestes reprochés n’étaient pas prouvés au-delà de tout doute raisonnable.

Bien que trois fillettes aient dénoncé des attouchements et reportées des troubles psychologiques documentés, malgré la confirmation par le tribunal que l’inculpé racontait aux enfants des histoires impliquant des viols et des meurtres en y ajoutant des gestes à connotation sexuelle, ces faits n’ont pas été jugés suffisamment graves ou intentionnels pour constituer un délit au regard du code pénal. 

« Open bar »

Devait-on s’attendre à plus de la part des magistrats ? Il est clair que ces derniers ne doivent pas juger un individu en fonction de la pression populaire. Mais ce qu’il faut remarquer dans cette affaire, c’est qu’ils ont conclu que cet animateur, visé par plusieurs signalements de la responsable du périscolaire qui avait noté dans son dossier en 2015 : « Doit faire attention à garder les bonnes distances avec les enfants » et en 2017, « Doit continuer à faire attention à son positionnement vis-à-vis des enfants » était une personne apte au contact avec les mineurs. Nicolas G. ne sera pas inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAISV), rien n’empêchera qu’il puisse retravailler avec des enfants.

Cette relaxe, qui blanchit définitivement le prévenu sur le plan pénal pour les faits jugés, illustre que le principe selon lequel « le doute profite au prévenu » a été appliqué sans réserve, supplantant de fait le principe de précaution à l’égard des enfants. Cela a provoqué une vive indignation parmi les familles des victimes et leurs avocats, qui dénoncent une « lâcheté systémique « , « une indulgence coupable des tribunaux » et un signal d’impunité dangereux : « c’est open bar pour se genre d’agissements« .

Notons que si le procureur dispose de dix jours pour interjeter appel de cette décision, en droit français, les victimes et leur famille n’ont pas la possibilité de faire appel.

En 2023, la Ciivise, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, rendait ses conclusions : seulement 3% des plaintes pour viol sur mineurs donnent lieu à la condamnation du mis en cause, et plus de 6 plaintes sur 10 relatives aux violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite par la justice. Au-delà des chiffres, froids et impersonnels, avec ce jugement inaugural dans l’affaire du périscolaire parisien, les Français touchent de la main ce que cela signifie.

Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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