C’est un rendez-vous devenu institutionnel pour les amateurs de critique médiatique. Le mercredi 20 mai 2026, le think tank Polémia organise à Paris la dix-septième édition des Bobards d’Or, sa cérémonie annuelle consacrée à distinguer les mensonges, manipulations et omissions les plus marquantes commises par les médias français au cours de l’année écoulée. Pour cette édition anniversaire, l’événement prendra une tournure rétrospective : quinze ans de Bobards seront passés en revue, avec un fil rouge particulier — le service public audiovisuel.
La cérémonie sera présentée par la journaliste Louise Morice, et retransmise en direct par le média Frontières, partenaire de l’événement. Le public pourra par ailleurs voter, via le réseau social X, pour désigner le meilleur Bobard de cette rétrospective.
Une cérémonie née en 2010 contre la « pravda médiatique »
Lancés en 2010 par Polémia, fondé par l’ancien haut fonctionnaire et essayiste Jean-Yves Le Gallou, les Bobards d’Or se présentent comme un contre-pouvoir critique du milieu journalistique français. Le principe est simple : chaque année, un jury et le public désignent les sujets, reportages, gros titres ou plateaux télévisés ayant le plus marqué l’année par leur caractère mensonger, biaisé ou idéologiquement orienté.
Le palmarès, accumulé depuis seize ans, dresse une cartographie sévère du paysage médiatique français. On y retrouve aussi bien les grandes signatures du service public que les plumes des chaînes privées d’information continue. France 2 (couronnée d’un Bobard d’Or en 2023 sous la direction de Delphine Ernotte), France Inter, France Info, BFMTV, l’AFP, Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, RMC ou L’Express figurent parmi les lauréats récurrents. Plusieurs cérémonies ont également distingué l’ensemble du système médiatique français — un « Bobard total » décerné collectivement, faute d’avoir pu trancher entre tant de candidats.
Parmi les Bobards entrés dans la mémoire de l’événement : la couverture de l’affaire Théo en 2018 (Bobard d’argent collectif), le « Bobard protéine » la même année — récompensant les journalistes Lisa Beaujour, Nora Bouazzouni et Aude Lancelin pour avoir relayé sans contradiction la thèse selon laquelle les femmes seraient plus petites que les hommes parce que ces derniers les auraient privées de protéines depuis le paléolithique —, ou encore le « Bobard Lancet » et le « Bobard systémique » de 2021, attribués à l’ensemble des médias français pour leur traitement de la période Covid.

Une édition rétrospective sur fond de commission parlementaire
Pour cette dix-septième édition, Polémia a choisi de placer le service public audiovisuel au centre de la rétrospective. Le calendrier n’est pas tout à fait innocent : le député Charles Alloncle vient de rendre, en sa qualité de rapporteur, les conclusions d’une commission d’enquête parlementaire consacrée aux pratiques de l’audiovisuel public. Ce travail législatif a mis en lumière un certain nombre de pratiques relatives aux financements, aux notes de frais, aux salaires et aux liens de proximité entre certains présentateurs vedettes et les pouvoirs économiques ou politiques.
Interrogés par Polémia dans un entretien croisé publié le 6 mai dernier, Jean-Yves Le Gallou et le porte-parole du think tank Lucas Chancerelle ont salué le travail de la commission Alloncle. Pour le président de Polémia, les Bobards d’Or auraient en quelque sorte préparé le terrain à cette enquête législative en pointant, depuis quinze ans, les biais idéologiques et les approximations factuelles d’une partie du service public. Lucas Chancerelle estime pour sa part que ce rapport rendu public permettra à un large public de prendre la mesure des dérives dénoncées.
Les organisateurs prévoient d’évoquer plusieurs cas emblématiques au cours de la cérémonie. Au-delà du Bobard protéine déjà évoqué, le traitement médiatique de l’affaire Mohammed Merah, plusieurs séquences relatives à la couverture du Covid-19, ou encore la couverture controversée du meurtre de Thomas Perotto à Crépol et de Quentin Tarteret à Lyon — sujets que certains commentateurs avaient à l’époque relativisés à l’antenne — devraient figurer parmi les morceaux choisis de cette soirée anniversaire.
Une scène médiatique alternative consolidée
L’édition 2026 sera également l’occasion pour Polémia de mettre à l’honneur l’écosystème des médias alternatifs francophones, dont la croissance constitue, selon les organisateurs, l’un des phénomènes médiatiques marquants des quinze dernières années. Frontières, TVLibertés, Radio Courtoisie, Tocsin, Omerta ou Boulevard Voltaire figurent parmi les rédactions auxquelles un hommage devrait être rendu, via une prise de parole d’Éric Morillot. Le porte-parole de Polémia souligne par ailleurs la « porosité » désormais observée entre certains de ces médias et l’audiovisuel généraliste, à l’image de l’émission de Frontières diffusée sur CNews.
Pour Lucas Chancerelle, les évolutions des pratiques médiatiques relèvent toutefois moins d’un repentir des journalistes que des effets induits par les réseaux sociaux et par des sites comme Fdesouche : selon lui, l’occultation reste la principale technique de désinformation employée par les médias dominants, mais elle est devenue plus difficile à pratiquer dans un environnement où l’information circule par des canaux multiples.
Informations pratiques
La cérémonie des Bobards d’Or 2026 se tiendra le mercredi 20 mai à Paris. Elle sera retransmise en direct sur les antennes de Frontières. Le public pourra voter pour son Bobard préféré via le réseau social X. Les modalités d’inscription pour assister physiquement à la soirée sont disponibles sur le site internet de Polémia.
À une époque où l’expression « fake news » est devenue un instrument de disqualification politique souvent retourné par ceux-là mêmes qu’elle dénonçait à l’origine, les Bobards d’Or conservent leur fonction première : rappeler, sur un ton qui se veut tantôt sévère, tantôt léger, que les manquements à la déontologie journalistique ne se trouvent pas toujours là où la presse de référence les désigne. Une fonction dont peu de structures, en France, ont accepté de se charger.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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