La baie de Quiberon a offert ce week-end un cadre rêvé à la voile olympique française. Au terme des championnats du monde de Nacra 17, 49er et 49erFX disputés du 9 au 17 mai, le binôme Tim Mourniac – Aloïse Retornaz a décroché la médaille d’argent en catamaran à foil (Nacra 17), à quelques encablures des plans d’eau où le skipper a fait ses premières armes. Une performance qui prolonge le titre mondial conquis la veille au Portugal par Lauriane Nolot en Kitefoil, et qui confirme la dynamique tricolore à deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles.
Une semaine quasi parfaite en baie de Quiberon
Le duo français a tenu la corde pendant la majeure partie de la compétition. Leader du classement provisoire quatre jours d’affilée, porteur du maillot jaune, Mourniac et Retornaz sont entrés en finale en deuxième position avant de boucler les deux dernières courses sans flancher. Ils terminent derrière les Italiens et devancent les Britanniques, pourtant champions du monde en titre.
Au micro de la Fédération française de voile, Tim Mourniac n’a pas caché son émotion : il évoque une journée stressante, traversée par toutes les émotions, avec un vent parfois capricieux et l’idée, à plusieurs reprises, de pouvoir jouer le titre ou au contraire descendre du podium. La dernière manche, solide, a finalement sécurisé l’argent. Au-delà du résultat, c’est la régularité affichée toute la semaine que le skipper retient, ainsi que la sérénité d’un équipage qui a su gérer la pression d’un championnat à domicile.
Aloïse Retornaz, déjà médaillée olympique à Tokyo en 2021 en 470, confirme son talent dans cette nouvelle association avec Tim Mourniac, formé sur la côte morbihannaise. Le choix de Quiberon comme site hôte du mondial 2026, validé il y a deux ans par la Fédération internationale, prend ici tout son sens : la France a su transformer l’essai sportif et organisationnel.
Les autres équipages tricolores au rendez-vous
Sur les 49erFX, dériveurs doubles féminins, Manon Peyre et Amélie Riou signent une sixième place très encourageante dans une flotte particulièrement dense. Le résultat est d’autant plus remarquable que les deux navigatrices ne forment équipage que depuis janvier 2026 — à peine six mois de travail commun avant un championnat du monde. Une montée en puissance qui place déjà cet équipage dans le viseur des sélectionneurs pour Los Angeles 2028.
Côté masculin, Erwan Fischer et Clément Péquin terminent huitièmes du mondial de 49er, à un seul point du septième. Une place dans le top 10 mondial qui confirme leur installation parmi les meilleurs équipages internationaux de la discipline.
Franck Citeau, manager de la performance de l’équipe de France de voile, s’est dit ravi du bilan d’ensemble. Il salue le retour de Lauriane Nolot au sommet de la hiérarchie mondiale en kitefoil — un atout précieux à deux ans des Jeux —, la médaille d’argent en Nacra 17, et les belles finales disputées par les autres équipages. Selon lui, la stratégie mise en place sur cette olympiade commence à porter ses fruits, avec une équipe soudée et solidaire.
Une dynamique à confirmer dès cette semaine
L’équipe de France de voile n’a pas le temps de savourer. Deux championnats d’Europe s’ouvrent simultanément cette semaine. À Kaštela, en Croatie (15-22 mai), les dériveurs solitaires ILCA sont en piste. La délégation tricolore est emmenée par Louise Cervera, championne du monde en titre en ILCA 6, et Alexandre Kowalski en ILCA 7, auteur d’un début de saison remarqué.
À Portimão, au Portugal (16-23 mai), c’est le championnat d’Europe d’iQFOiL — planche à voile à foil — qui mobilise quatorze athlètes français. La délégation sera scrutée de près avec en figures de proue Nicolas Goyard, référence mondiale de la discipline, et Tom Arnoux, vice-champion du monde en titre.
La saison internationale se poursuivra ensuite par la Dutch Water Week à Medemblik (Pays-Bas) fin mai, la Semaine de Kiel en Allemagne en juin, puis les championnats d’Europe de Nacra 17, 49er et 49erFX à Eckernförde en juillet, avant les mondiaux de 470 à Enoshima au Japon en août et les mondiaux d’ILCA en Irlande en septembre. Un calendrier dense qui doit permettre à l’équipe tricolore d’affiner ses réglages avant la véritable répétition générale olympique de l’été 2027.
À Quiberon, la voile française a en tout cas montré qu’elle savait répondre présent à domicile. Et la Bretagne, terre traditionnelle d’excellence dans cette discipline, a rappelé qu’elle reste un terrain d’expression naturel pour le plus haut niveau mondial.
Photo : Sailing Energy
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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