Le Montpellier Hérault Rugby est entré un peu plus dans l’histoire des coupes d’Europe vendredi soir au stade San Mamés de Bilbao. Face à l’Ulster, le club héraultais s’est imposé sur le score sans appel de 59 à 26, ajoutant à son palmarès une troisième EPCR Challenge Cup après celles de 2016 et de 2021. Un sacre obtenu dans des conditions climatiques dantesques — 28 degrés au coup d’envoi à 21 heures, avec une humidité étouffante qui a contraint les arbitres à imposer une pause hydratation après vingt minutes de jeu —, et au terme d’une démonstration de puissance qui laisse augurer du meilleur pour la fin de saison montpelliéraine.
Un démarrage compliqué, puis le rouleau compresseur
L’entrée en matière des hommes de Joan Caudullo avait pourtant été poussive. Dès la quatrième minute, le capitaine ulstérien Nick Timoney profitait d’un relâchement défensif pour ouvrir la marque et donner l’avantage à la province nord-irlandaise. Quelques minutes plus tard, le deuxième-ligne Harry Sheridan était à deux doigts de doubler la mise, le ballon échappant à ses mains au moment de l’aplatissement — une intervention salvatrice du talonneur australien Jordan Uelese, qui tape dans l’en-but pour neutraliser l’action.
Ce sauvetage allait s’avérer décisif. Car à partir de cet instant, Montpellier prend progressivement le contrôle du match. Gabriel N’Gandebe répond rapidement à l’essai initial après un décalage signé Auguste Cadot, et le couloir extérieur héraultais commence à fonctionner à plein régime. À la 15e minute, sur une sautée millimétrée de l’Argentin Domingo Miotti, Donovan Taofifénua n’a plus qu’à conclure pour donner l’avantage à son équipe. Cormac Izuchukwu, deuxième-ligne ulstérien, parvient ensuite à percer une brèche centrale pour ramener son équipe à 14-12, mais le sursaut sera de courte durée.
Car Billy Vunipola entre alors dans la danse. L’ancien international anglais, qui n’a plus porté le maillot de la Rose depuis la Coupe du monde 2023, signe à 33 ans une performance qui force l’admiration. Touché au genou gauche sur un double plaquage, le colosse revient en jeu à peine quatre minutes plus tard et marque un essai en force, illustrant à lui seul la supériorité physique de son équipe. Avant la pause, le troisième-ligne Alexandre Bécognée parachève la première période sur un ballon porté pour porter le score à 26-12.
Une deuxième mi-temps à sens unique
Le retour des vestiaires ne change rien à la physionomie du match — bien au contraire. Taofifénua inscrit un deuxième essai au terme d’un cadrage-débordement acrobatique sur son aile, démontrant qu’il avait digéré ses errements aériens de la première période. Lenni Nouchi suit, puis le pilier remplaçant Baptiste Erdocio ajoute encore un essai dans ce qui devient rapidement une déroute pour l’Ulster.
Les Nord-Irlandais, privés de plusieurs cadres internationaux irlandais — notamment Stuart McCloskey, Jacob Stockdale et Iain Henderson, tous absents pour cette finale —, parviennent à sauver l’honneur grâce à deux essais signés Robert Baloucoune et Michael Lowry. Mais la messe est dite depuis longtemps. Le centre Arthur Vincent ajoute encore un essai à la 79e minute, scellant un score-fleuve de 59 à 26.
Les hommes du match
Plusieurs Montpelliérains tirent leur épingle du jeu individuellement. Billy Vunipola, comme évoqué, fut à la fois le plus gros porteur de balle et l’inspirateur permanent du jeu d’avants héraultais — il quitte la pelouse à la 50e minute en ayant déjà joué dix ballons. Le talonneur Jordan Uelese livre un match énorme à tous les niveaux : sauvetage défensif décisif en début de partie, deux grattages dont un ayant déclenché une pénalité, double intervention offensive sur l’essai de Vunipola, et présence permanente au soutien.
Alexandre Bécognée, élu homme du match par l’organisation, fut le travailleur de l’ombre de cette finale, avec 13 plaquages réussis sur 14 tentés et un essai à la clé. Auguste Cadot, le centre, a constamment fait avancer son équipe, battant trois défenseurs sur l’ensemble du match — c’est lui qui a relancé son équipe dès la 6e minute par son décalage pour N’Gandebe. Mention également pour Lenni Nouchi, auteur de vingt plaquages tentés, et pour le pilier Mohammed Haouas, intelligent dans le placement et puissant en premier porteur de balle.
Côté charnière, le demi de mêlée écossais Ali Price a parfaitement géré le tempo, alternant temps faibles et temps forts avec une justesse qu’il a affichée pendant les huitante minutes. Domingo Miotti, à l’ouverture, a délivré deux passes décisives — dont la fameuse sautée pour Taofifénua — et terminé à 4/5 face aux poteaux. Une copie quasi parfaite.
Une saison française triomphale
Ce sacre montpelliérain prolonge ce qui s’annonce comme une saison résolument française à l’échelle européenne. Le Top 14 trustait déjà la tête du Tournoi des six nations en équipe nationale ; ses clubs phares semblent décidés à confirmer cette domination en compétitions européennes. Ce samedi 23 mai, c’est l’Union Bordeaux-Bègles qui défendra son titre face au Leinster dans la finale de la Champions Cup, dans le même stade San Mamés. Une victoire des Girondins consacrerait un doublé continental pour le rugby français — chose rare dans l’histoire récente du jeu.
Pour l’Ulster, la disette de trophées se poursuit. La province nord-irlandaise n’a plus rien gagné depuis le Celtic League conquis en 2006 — soit vingt ans. La défaite de vendredi, où elle a malgré tout vendu chèrement sa peau dans le combat et marqué trois essais, n’aura pas suffi à inverser la tendance. Les souvenirs du Heineken Cup 1999 face à Colomiers, à Lansdowne Road, semblent s’éloigner un peu plus chaque saison. Le rugby européen est aujourd’hui largement dominé par les gros packs français, et Montpellier en a apporté la nouvelle démonstration vendredi sous le soleil basque.
Pour le MHR, désormais deuxième du Top 14, ce trophée européen ajoute une ligne au palmarès — et offre surtout un signal envoyé à la concurrence à quelques semaines des phases finales du championnat. La machine héraultaise est en marche.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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