Il y a des victoires propres, cliniques, qui se jouent dans l’ordre et la maîtrise. Celle du RC Vannes ce samedi soir, sur la pelouse d’Ernest-Wallon à Toulouse, n’appartient pas à cette catégorie-là. Et c’est peut-être pour ça qu’elle est belle.
Quatre points d’écart au coup de sifflet final, 18-14 face à un Provence Rugby qui n’a jamais lâché, cinq dernières minutes à s’arracher les poumons depuis les tribunes : les Bretons sont champions de Pro D2 et retrouvent le Top 14. Dans la souffrance, dans le doute, et finalement dans la joie.
Les vingt-cinq premières minutes d’un futur grand
Le ton est donné très tôt. Dès la cinquième minute, Michael Ruru — ce neuf qui joue comme un huitième devant et un dix derrière — sert à la perfection Robin Taccola, qui aplati le premier essai du soir. Sept longueurs d’avance, un Ernest-Wallon en bleu marine à perte de vue, quelque chose qui ressemble à une répétition générale avant un grand soir de Top 14.
Sauf que Vannes n’est pas venu pour faire simple. Portés par le pied sûr de Maxime Lafage — une pénalité transformée pour porter le score à 10-0 — les Morbihannais dominent le territoire et la possession. Ils auraient pu tuer le match. Ils ne le font pas. Deux ballons perdus dans les cinq mètres adverses, une mêlée trop légère, et une impatience qui commence à trahir les intentions.
Simon Augry le dira lui-même à la mi-temps : il a manqué de patience. Ruru, parfois, a cru pouvoir y aller seul. Ça ne fonctionne pas toujours.
Le réveil d’Aix
Provence, jusque-là muselé, finit par sortir la tête de l’eau. Et quand les Provençaux jouent, ils jouent bien. Sur l’une de leurs premières séquences abouties, le puissant Setareki Bituniyata ouvre la brèche, trouve Manuel Vareiro — l’arrière portugais de 21 ans révélé cette saison — qui envoie une chistera spectaculaire pour Paul Cellio Zwiler. Essai transformé. 10-7. Le match est relancé, les mâchoires se crispent sur les bancs bretons.
La pause arrive au bon moment pour Vannes. Le vestiaire aussi.
La deuxième période de l’expérience
Au retour des vestiaires, le rugby est moins flamboyant, plus âpre. Jeu au pied, duels aériens, fautes techniques en pagaille. Mais Vannes a une chose que Provence n’a pas encore : un banc solide, l’habitude des grandes échéances, et la mémoire du titre de 2024 glané face à Grenoble.
Lafage inscrit une pénalité pour repasser à trois longueurs (13-7, 56e). Puis Ben Stevenson, trouvé par Ruru dans l’axe, conclut après vérification vidéo : l’ailier anglais est bien resté dans les limites, et Vannes mène 18-7 à la 66e minute. On croit le match plié.
On a tort.
Cinq minutes d’enfer
Joris Cazenave, entré en cours de jeu à la mêlée provençale, réduit l’écart à quatre points à cinq minutes du terme. 18-14. Ernest-Wallon, pourtant paré de bleu breton, retient son souffle. Le banc de Jean-Noël Spitzer non plus ne respire plus.
Ces cinq dernières minutes durent une éternité. Mais Vannes tient. Un ballon volé en touche dans les ultimes secondes, et c’est l’explosion. Jean-Noël Spitzer, manager historique du club, verse quelques larmes. « On y pense depuis des mois, depuis qu’on l’a quitté », confiera Léon Boulier au micro de Canal+.
Le RCV est champion de France de Pro D2. Pour la deuxième fois en trois saisons. Et cette fois-ci, personne n’aura le culot de dire que ça n’a pas été mérité.
Quant à Provence Rugby, la saison n’est pas terminée. Les hommes de Philippe Saint-André recevront l’USAP le week-end prochain pour un match d’accession brûlant. Une deuxième chance. Une autre finale.
Pour les Bretons, rendez-vous la saison prochaine…en TOP 14 !
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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