Le moment est venu. Ce jeudi soir, à 21h, dans une Rabine annoncée en fusion, le RC Vannes joue l’un des matches les plus importants de son histoire récente face à Oyonnax, en demi-finale de Pro D2. Une rencontre qui sent la poudre, les souvenirs et les règlements de comptes sportifs entre deux clubs qui se connaissent désormais parfaitement.
Le contraste est saisissant avec la situation vécue il y a trois ans. En 2023, c’était Oyonnax qui écrasait la saison régulière et avançait comme un rouleau compresseur vers le Top 14. Le RC Vannes, lui, arrivait alors en outsider après une remontée spectaculaire au classement et un barrage remporté à Nevers. Les Bretons avaient failli créer l’exploit dans l’Ain avant de s’incliner de peu (26-21), après avoir longtemps fait douter les Oyomen.
Cette fois, les rôles semblent inversés. Le RCV a dominé la saison régulière, affichant une remarquable constance tout au long de l’année, tandis qu’Oyonnax arrive avec l’étiquette du challenger capable de jouer les trouble-fête.
Une statistique favorable aux premiers de la saison régulière
L’histoire récente de la Pro D2 donne plutôt raison aux Vannetais. Depuis la mise en place du système actuel de phases finales en 2018, le leader de la saison régulière atteint presque toujours la finale. Une seule équipe classée première a échoué dès les demi-finales : Provence Rugby en 2024.
Le RC Vannes sait toutefois qu’aucune statistique ne garantit quoi que ce soit dans ce genre de rendez-vous. Les Bretons ont déjà connu deux désillusions à ce stade de la compétition, en 2021 face à Biarritz puis en 2023 contre Oyonnax. La victoire de 2024 avait permis d’effacer une partie des traumatismes, mais le souvenir des occasions manquées reste présent chez de nombreux supporters.
Oyonnax avance sans pression
Dans le camp haut-bugiste, le discours se veut ambitieux mais mesuré. Après leur large succès en barrage contre Valence-Romans (39-14), les hommes de Fabien Cibray débarquent en Bretagne avec confiance. Le manager oyonnaxien refuse toutefois de voir son équipe considérée comme condamnée d’avance.
Les Oyomen restent sur une série positive et ont retrouvé de la solidité dans les secteurs qui font traditionnellement leur force : puissance devant, discipline défensive et efficacité dans les zones de marque. Le technicien d’Oyonnax insiste également sur l’expérience acquise par son groupe dans les matches couperets.
Le souvenir de 2023 nourrit forcément les ambitions aindinoises. À l’époque déjà, Vannes avait livré une bataille féroce à Mathon. De quoi convaincre Oyonnax qu’un exploit à La Rabine reste possible.
Le bourreau de 2021 de retour à La Rabine
Parmi les symboles de cette demi-finale figure un nom qui rappellera de très mauvais souvenirs aux supporters vannetais : Gavin Stark.
L’ailier néo-zélandais, aujourd’hui à Oyonnax, était le joueur qui avait crucifié le RC Vannes lors de la demi-finale 2021 avec Biarritz. Son essai dans les dernières secondes avait privé les Bretons d’une première finale dans une Rabine sidérée.
Stark retrouve donc le Morbihan pour une nouvelle demi-finale. Un retour chargé de souvenirs, même si le contexte a changé. Cette saison, l’ailier a encore démontré sa dangerosité avec plusieurs essais importants inscrits sous les couleurs oyonnaxiennes.
Des retrouvailles avec plusieurs anciens Vannetais
Cette demi-finale aura aussi un parfum de retrouvailles. Plusieurs joueurs passés par le RC Vannes portent aujourd’hui les couleurs d’Oyonnax.
Wandrille Picault, ancien capitaine apprécié du public vannetais, fait partie des cadres du groupe haut-bugiste. Formé en Bretagne, il connaît parfaitement l’atmosphère particulière de La Rabine.
Le pilier Antoine Abraham, lui aussi ancien du RCV, possède une solide expérience des phases finales avec Oyonnax, club avec lequel il avait décroché la montée en Top 14 en 2023.
Quant au centre Maëlan Rabut, également passé par Vannes, il manquera malheureusement ces retrouvailles en raison d’une grave blessure à la mâchoire contractée au printemps.
Des inquiétudes dans l’effectif vannetais
À quelques jours du choc, plusieurs absences ont toutefois suscité des interrogations côté vannetais. Lors de l’entraînement ouvert à la presse cette semaine, quatre joueurs manquaient à l’appel : Ben Stevenson, Eliott Roudil, Juan Bautista Pedemonte et Nick Schonert.
Leur participation à cette demi-finale semble compromise, même si le staff vannetais entretient encore une certaine prudence dans sa communication.
En revanche, plusieurs cadres étaient bien présents, notamment Maxime Lafage, Michael Ruru ou encore Dave Cherry. Des éléments essentiels dans un match où l’expérience et la maîtrise émotionnelle pourraient faire basculer la rencontre.
𝐒𝐤𝐢𝐩𝐚𝐢𝐥𝐡 ⚔️
Notre partenaire @GroupamaLB vous présente l’ensemble du groupe pour notre demi-finale de @rugbyprod2 face à Oyonnax.
Avec notre charnière Michael Ruru et Maxime Lafage pour mener le jeu vannetais 💥#FiertéBretonne pic.twitter.com/hu3T72L6HP
— Rugby Club Vannes (@RugbyClubVannes) May 27, 2026
La Rabine attend son heure
Plus qu’un simple match, cette demi-finale ressemble à une nouvelle étape dans la construction du rugby breton. Depuis plusieurs saisons, le RC Vannes s’est installé parmi les places fortes de la Pro D2. Mais il reste désormais à franchir définitivement le plafond de verre.
Face à une équipe d’Oyonnax rompue aux combats de fin de saison, les Bretons devront éviter tout excès de confiance. Car derrière les statistiques favorables et l’avantage du terrain se cache un adversaire habitué aux grands rendez-vous et capable de faire dérailler n’importe quel favori.
À La Rabine, jeudi soir, le RC Vannes jouera bien plus qu’une qualification. Il jouera peut-être une nouvelle page de l’histoire du sport breton.
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Une réponse à “Rugby. Playoffs de Pro D2. RC Vannes – Oyonnax : un piège à éviter pour rêver du Top 14”
Un franc succès et…les cars réservés pour TOULOUSE , des chants de l’ambiance et pas de conneries car les Celtes venus y compris de Paris mettront de l’ambiance dans la bonne humeur.