Rugby. Week-end de finales européennes à Bilbao : doublé France-Irlande pour les deux trophées du rugby continental

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Le rugby européen tient son week-end de toutes les confrontations. Vendredi 22 et samedi 23 mai 2026, le stade San Mamés de Bilbao accueille coup sur coup les deux finales de l’EPCR : l’EPCR Challenge Cup vendredi soir, puis l’Investec Champions Cup samedi après-midi. Particularité de l’édition 2026 : les deux affiches opposent chacune un club français à une province irlandaise, transformant le déplacement basque en double affrontement transmanche aux enjeux symboliques importants pour les deux championnats.

Vendredi soir : Montpellier en quête d’une troisième Challenge Cup face à l’Ulster

Le coup d’envoi de cette grande quinzaine européenne est donné à 21 heures vendredi avec l’opposition entre le Montpellier Hérault Rugby et l’Ulster. Pour le club héraultais, il s’agit déjà d’une troisième finale en dix ans dans cette compétition, après les sacres de 2016 face aux Harlequins (26-19) et de 2021 face à Leicester (18-17). Le manager Joan Caudullo aborde ce rendez-vous avec une équipe largement remaniée par rapport à la demi-finale gagnée 18-12 face à Newport.

Seuls six titulaires de cette demi-finale sont reconduits : Tyler Duguid, Lenni Nouchi, Alex Becognée, Auguste Cadot, Donovan Taofifenua et Tom Banks. La rentrée des cadres est massive. Billy Vunipola, l’ancien numéro huit anglais, prend le brassard de capitaine. La charnière sera composée de l’Argentin Domingo Miotti et de l’ancien Lion britannique Ali Price, ce dernier formant un duo expérimenté avec son numéro 10. Le centre Arthur Vincent, international français, retrouve une place de titulaire, tout comme le flanker Lenni Nouchi, également capé en équipe de France. Yacouba Camara est absent de la feuille de match. Le demi de mêlée Léo Coly, blessé depuis fin mars, débutera sur le banc.

Côté Ulster, l’entraîneur Richie Murphy peut aligner Robert Baloucoune pour la première fois depuis sa blessure contractée lors du Tournoi des six nations, le 14 mars dernier, lors de la victoire irlandaise 43-21 face à l’Écosse qui leur avait offert la Triple Couronne. L’ailier international retrouve donc son couloir droit pour cette finale, aux côtés de Zac Ward — meilleur marqueur de la province cette saison — sur l’aile gauche et de Michael Lowry à l’arrière. Au centre, le forfait du puissant Stuart McCloskey, victime d’une blessure aux ischio-jambiers, contraint Murphy à associer Jude Postlethwaite à James Hume. Nick Timoney portera le brassard de capitaine. À noter l’absence du favori du public Werner Kok, qui quitte la province en fin de saison et ne figure pas sur la feuille de match.

L’arbitrage de cette finale a été confié à l’Anglais Matthew Carley, assisté de l’Italien Andrea Piardi et du Gallois Craig Evans. L’Écossais Mike Adamson officiera comme arbitre vidéo (TMO).

Samedi après-midi : Bordeaux-Bègles défend son titre face au Leinster

Vingt-quatre heures plus tard, dans la même enceinte, l’Investec Champions Cup délivrera son verdict. L’Union Bordeaux-Bègles, tenante du titre conquis la saison dernière, affronte la province du Leinster pour ce qui constitue la première confrontation officielle entre les deux formations. Les deux clubs ne se sont en effet rencontrés que deux fois dans leur histoire, en 1998, lors d’une lointaine campagne européenne où chacun avait gagné à domicile.

Pour les Girondins, l’enjeu est historique à double titre. D’abord parce qu’aucun club français n’a remporté deux Champions Cup consécutives depuis le Stade Toulousain. Ensuite parce qu’un nouveau sacre placerait Bordeaux dans le cercle très fermé des six équipes ayant réussi un doublé européen. La saison des Bordelais a été remarquable sur le plan continental — invaincus, vainqueurs notamment du Stade Toulousain en quart de finale puis de Bath en demi-finale —, même si leur cinquième place en Top 14 laisse certains supporters sur leur faim quant au plan domestique. Yannick Bru devra composer sans son ouvreur irlandais Joey Carbery, sans le centre sud-africain Rohan Janse van Rensburg et sans Nicolas Depoortere, tous blessés. L’animation reposera donc sur le demi de mêlée international Maxime Lucu, déjà auteur de cinquante points dans la compétition cette saison, et sur l’ailier international Louis Bielle-Biarrey, meilleur marqueur d’essais de la Champions Cup avec huit réalisations à son actif. Matthieu Jalibert tiendra le poste d’ouvreur.

Côté Leinster, le contraste est saisissant avec l’an passé. Battue en demi-finale 2025 par Northampton dans un scénario cauchemardesque qui avait privé la province d’une finale promise contre Bordeaux à Cardiff, la formation de Leo Cullen revient à Bilbao avec l’envie de mettre fin à une longue disette européenne. Le quadruple champion d’Europe n’a plus soulevé le trophée depuis 2018. Une victoire ramenée précisément à Bilbao, contre des Français — le Racing 92 à l’époque — dans le même stade San Mamés. De quoi nourrir tous les bons présages chez les supporters dublinois. Depuis cette consécration, le Leinster a aligné trois finales perdues (2022 et 2023 contre La Rochelle, 2024 contre Toulouse), un compteur qui pèse forcément avant le coup d’envoi.

Le quinze annoncé par Leo Cullen aligne l’ossature classique du XV irlandais : Tadhg Furlong en pilier droit, James Ryan en deuxième ligne, Caelan Doris en numéro huit, Jamison Gibson-Park à la mêlée, et Garry Ringrose au centre. Cullen devra toutefois faire sans plusieurs cadres : Ryan Baird, Jack Boyle, Will Connors, le Sud-Africain RG Snyman, Charlie Tector ni Hugh Cooney ne seront disponibles. Harry Byrne occupera le poste d’ouvreur, charge à Gibson-Park d’imprimer le tempo du match.

Un week-end aux allures de match franco-irlandais

Au-delà des affiches elles-mêmes, c’est bien d’un double affrontement entre rugby français et rugby irlandais dont il s’agit. Top 14 contre United Rugby Championship, MHR et UBB contre Ulster et Leinster : la confrontation prolonge sur le terrain continental la rivalité que se livrent les deux nations dans le Tournoi des six nations depuis plusieurs saisons. Avec, pour l’occasion, un certain renversement de hiérarchie possible. La France domine sur la scène continentale depuis l’arrivée de cette nouvelle génération bordelaise, tandis que les provinces irlandaises, longtemps maîtresses de la compétition au début des années 2010, peinent à retrouver leur trône.

Les enjeux financiers comme sportifs sont considérables : titre européen, places en Champions Cup la saison prochaine, prestige individuel à quelques mois des grandes échéances internationales. La ville basque, qui avait déjà accueilli avec succès la finale 2018, retrouve son rôle de capitale européenne du rugby le temps d’un week-end. Les deux rencontres seront diffusées sur les chaînes habituelles couvrant les compétitions de l’EPCR.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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