Gilles Pennelle (RN) : « Au Sénat, je serai un allié opérationnel des communes » [Interview]

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Député européen et conseiller régional de Bretagne, Gilles Pennelle se lance désormais dans la course aux sénatoriales en Ille-et-Vilaine. Défense de la ruralité, contestation de la métropolisation rennaise, agriculture asphyxiée par Bruxelles, désertification médicale, narcotrafic gagnant les campagnes, installations d’immigrés imposées aux maires : dans cet entretien, le candidat du Rassemblement National déroule sa vision et entend convaincre les grands électeurs — maires et élus locaux — qu’un sénateur RN serait, selon ses mots, un « allié opérationnel et concret » pour leurs communes. Il s’engage par ailleurs à abandonner son mandat européen en cas d’élection.

Entretien.

Breizh-info.com : Vous êtes député européen, conseiller régional, et vous vous lancez maintenant dans les sénatoriales. Certains pourraient y voir une accumulation de mandats plutôt qu’un engagement ciblé — comment justifiez-vous ce choix, et qu’est-ce que le Sénat vous permettrait de faire que vous ne pouvez pas faire depuis Bruxelles ou Rennes ?

Le Sénat est l’assemblée des collectivités territoriales et le mandat de sénateur demande de l’expérience politique. Mon engagement a toujours été guidé par la défense de la ruralité. Mon expérience d’élu municipal, régional et européen m’a permis d’acquérir une vision complète des enjeux auxquels sont confrontés les élus locaux. Au Parlement européen, je constate chaque jour l’impact des décisions prises à Bruxelles sur nos communes. Au Conseil régional, je mesure les déséquilibres qui se creusent entre la métropole rennaise et le reste du territoire. Le Sénat est l’endroit où ces préoccupations peuvent être directement traduites en propositions législatives. Je précise d’ailleurs qu’en cas d’élection au Sénat, je quitterai immédiatement mon mandat européen. Dans les prochaines semaines, j’irai à la rencontre des maires et élus locaux qui le souhaitent pour évoquer avec eux leurs difficultés concrètes : financement des communes, accès aux services publics, normes administratives, recrutement des secrétaires de mairie ou encore sécurité.

Breizh-info.com : Les sénatoriales sont un scrutin de grands électeurs, un univers traditionnellement hostile au RN. Quelle stratégie concrète comptez-vous déployer pour convaincre des maires ruraux d’Ille-et-Vilaine qui votent parfois RN aux européennes mais restent méfiants à titre personnel ?

La forte poussée du Rassemblement National dans les zones rurales d’Ille-et-Vilaine touche également les élus locaux. Nous avons obtenu des élus Rassemblement National aux dernières municipales et il y a aussi des élus sans étiquette dans plusieurs communes qui, comme moi, sont inquiets pour leur territoire et pour la France. Ma stratégie est simple : les convaincre, mais ils le savent déjà, de l’échec de la classe politique au pouvoir, de l’urgente nécessité de l’alternance et de leur montrer qu’un sénateur RN serait un allié opérationnel et concret pour leurs communes. Il faut un soutien financier renforcé pour les petites communes, une simplification des normes, réviser les critères de répartition de la DGF…Ma candidature n’est pas une candidature de témoignage mais une candidature engagée dans la vision de nos idées.

Breizh-info.com : La métropolisation rennaise aspire les services, les investissements et les talents au détriment du reste du département — c’est votre diagnostic. Mais concrètement, quels mécanismes législatifs ou budgétaires un sénateur peut-il actionner pour renverser une tendance qui dure depuis trente ans ?

Il faut absolument revenir sur la loi Notre de 2015 qui favorise les métropoles dans les financements publics, donc celle de Rennes, diminuer aussi les pouvoirs des intercommunalités en redonnant aux communes, échelon préféré des Français, les moyens financiers et politiques qu’elles ont perdus. Au Conseil régional de Bretagne, je me bats depuis de nombreuses années contre l’accaparement par la métropole de Rennes de tous les moyens et de tous les services, ce qui est le modèle encouragé par la gauche. On constate chaque jour les dégâts de la métropolisation, mais ce n’est pas une fatalité : c’est la conséquence de choix politiques qui ont été faits et qu’on peut défaire. Il est temps de faire un plan Marshall pour notre ruralité !

Breizh-info.com : La désertification médicale frappe durement les campagnes bretonnes. Les propositions habituelles — numerus clausus, zones sous-dotées, incitations financières — semblent insuffisantes. Avez-vous une position plus radicale sur ce sujet ?

Bien sûr il faut dans l’immédiat augmenter le nombre de professionnels formés et renforcer les dispositifs d’installation dans les territoires sous-dotés, mais il faut surtout être conscient d’une chose : la désertification médicale est la conséquence directe de l’abandon des zones rurales par ceux qui nous dirigent depuis tant d’années puisqu’ils ont tué l’attractivité de nos territoires ruraux. Comment voulez-vous qu’un médecin s’installe avec sa famille dans une commune où l’école ferme des classes, où les services publics, les activités, les commerces disparaissent peu à peu ? C’est le lourd bilan de ceux qui nous dirigent depuis des années ! Et ce bilan est aussi maintenant aggravé par le « Zéro Artificialisation Nette » qui contraint les maires qui souhaitent développer leur commune et attirer des familles et des emplois. La revitalisation des zones rurales est absolument vitale pour attirer des médecins !

Breizh-info.com : La Bretagne n’est plus épargnée par le narcotrafic — Nantes, Rennes, Lorient, Brest ont leurs propres dynamiques de trafic, et les campagnes voient progresser les cambriolages. En tant que futur sénateur, quelles mesures législatives concrètes défendriez-vous pour inverser cette tendance, sachant que la majorité sénatoriale ne partage pas votre ligne ?

Les campagnes sont maintenant touchées elles aussi par le narcotrafic, elles sont devenues des bases arrière des narcotrafiquants de Rennes. Bien évidemment les cambriolages sont une préoccupation majeure des ruraux. Un cambriolage n’est pas qu’un vol, c’est aussi le viol insupportable d’une intimité. Je défendrai un renforcement des moyens de la gendarmerie, une meilleure coordination avec les maires, l’application effective des peines prononcées et une lutte plus ferme contre les réseaux criminels.

Il est urgent d’appliquer le programme du Rassemblement National dans le domaine judiciaire : certitude de la peine, fin des allocations pour les familles de délinquants récidivistes, lutte contre les cambriolages… Dans ces domaines la droite et la gauche ont là aussi échoué, vivement l’alternance !

Breizh-info.com : Vous évoquez dans votre programme l’installation de centres d’hébergement pour immigrés imposée aux communes sans concertation. Plusieurs maires ruraux bretons se retrouvent dans cette situation. Quelle réponse législative porteriez-vous au Sénat pour leur redonner un droit de regard réel sur ces décisions ?

Il ne faut pas se contenter d’un simple droit de regard, il faut mettre fin à cette politique d’installation des immigrés dans les campagnes, notamment les mineurs étrangers isolés, installés par les départements et qui nous coutent une fortune ! Ces derniers entrent clandestinement en France, fraudent bien souvent sur leur âge pour être pris en charge et bénéficient, je le vois bien en Ille-et-Vilaine, d’avantages sociaux supérieurs aux jeunes Français qui travaillent. L’ancienne gendarmerie de Liffré n’était pas rénovée pour les gendarmes mais elle l’a été complètement pour y installer des immigrés pseudo « mineurs » et pseudo « isolés ». Le département dépense près de 35 millions d’euros par an pour cette préférence étrangère. Il faut aussi une réforme totale de l’ASE. Pour ne plus qu’il y ait d’installations forcées, il faut mettre fin à l’immigration massive, il faut appliquer le programme du Rassemblement National, il faut donc des élus Rassemblement National.

Breizh-info.com : L’agriculture bretonne traverse une crise profonde — endettement, prix planchers, normes environnementales européennes, concurrence déloyale des importations. Vous siégez à la commission Agriculture du Parlement européen : quelles batailles concrètes avez-vous menées depuis 2024, et avec quels résultats ?

Dans l’importante Commission agriculture et développement rural, je suis un des élus les plus actifs, tout le monde peut le vérifier. Je suis convaincu qu’il ne peut y avoir de ruralité bretonne sans agriculture dynamique. Je lutte avec succès contre l’écologie punitive imposée par Bruxelles qui frappe durement nos exploitations agricoles, je porte la voix de nos éleveurs, très nombreux en Ille-et-Vilaine et en Bretagne. Ils sont sans cesse stigmatisés par des pseudos écologistes qu’il faut combattre sans relâche. De nombreux amendements que j’ai déposé en Commission ont été adoptés, la défense de notre agriculture et de notre ruralité est une de mes priorités.

Fort de mon expérience d’élu régional et européen, je porterai au Sénat la voix de nos agriculteurs bretons qui nous nourrissent chaque jour avec des produits de grande qualité et qui entretiennent nos beaux paysages.

Breizh-info.com : La PAC post-2027 est en cours de renégociation. Quelle est votre position sur l’avenir du modèle agricole breton dans ce cadre, et pensez-vous que le RN, s’il arrivait au pouvoir, serait capable de rompre réellement avec les logiques bruxelloises qui étranglent les agriculteurs ?

Le projet de future PAC de la Commission européenne serait le dernier clou sur le cercueil de l’agriculture bretonne et européenne. Ce projet prévoit en effet une basse de 24% des aides de la PAC dans un contexte de grave crise agricole. J’ai engagé avec mes collègues du RN et d’autres groupes une longue bataille au Parlement européen pour que ce projet n’aboutisse pas. Il faut à minima maintenir le budget actuel de la PAC et maintenir sa sanctuarisation aujourd’hui menacée par la Commission européenne. Par ailleurs, je suis l’un des seuls élus à alerter le monde agricole sur le danger que représenterait l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Celle-ci est voulue pour les européistes, ce serait la mort de notre agriculture et de nos campagnes.

Breizh-info.com : L’Europe est en état de guerre froide avancée avec la Russie, les États-Unis se retirent progressivement de la sécurité collective occidentale, et la France cherche sa place stratégique. En tant qu’eurodéputé RN, quelle est votre position sur la souveraineté défensive de l’Europe — et comment conciliez-vous la ligne souverainiste du RN avec la nécessité d’une défense collective face à Moscou ?

Je suis très opposé à une défense commune européenne. Confier celle-ci à Ursula Von der Layen, Présidente de la Commission européenne serait prendre un grave risque de guerre. Il faut tout faire pour éviter la guerre ! La France doit conserver sa souveraineté militaire, je suis tout à fait opposé à confier la cogestion de notre arme nucléaire à d’autres pays européens comme l’Allemagne qui ne cesse de le demander.

Il faut mettre fin au conflit Ukraine-Russie par la négociation. Malheureusement Emmanuel Macron a effondré notre diplomatie et le rôle d’arbitre qui était le nôtre.

Breizh-info.com : Les émeutes de Belfast après la tentative de décapitation par un réfugié soudanais, les tensions en France, en Allemagne, en Suède — l’Europe semble au bord d’un point de rupture sur la question migratoire. Est-ce que vous pensez que les dirigeants européens ont encore le temps et la volonté politique d’agir avant que les peuples ne prennent les choses en main d’une façon que personne ne contrôlera ?

Le Rassemblement National est le seul parti à avoir alerté depuis très longtemps sur les dangers de l’immigration. Aujourd’hui, de nombreux pays européens sont confrontés à des tensions croissantes qui montrent l’échec des politiques menées depuis plusieurs décennies.

Ignorer les inquiétudes légitimes exprimées par une partie grandissante de nos concitoyens serait une grave erreur. Les responsables politiques qui ont refusé d’entendre ces alertes portent une immense responsabilité dans la situation actuelle.

Il est encore temps d’agir, mais cela suppose une véritable volonté politique : maîtrise des frontières, arrêt l’immigration clandestine, exécution des OQTF, fin des pompes aspirantes…

L’enjeu est de préserver la cohésion nationale et la paix civile. Si les citoyens ont le sentiment que l’État n’est plus capable de garantir l’ordre et la sécurité, le risque est de voir se développer des tensions de plus en plus fortes. Il est urgent justement de mettre en place des mesures fermes sur l’immigration pour éviter que la situation n’en arrive là. Seul le Rassemblement National peut le faire.

Propos recueillis par YV

Crédit photo  : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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3 réponses à “Gilles Pennelle (RN) : « Au Sénat, je serai un allié opérationnel des communes » [Interview]”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Son chef Bordella alias Allen Fresh ne prévoit pas de sortir de cette Europe là pas plus que la jument de labours et lui on l’a vu à l’oeuvre lorsqu’il établissait la liste des candidats RN aux élections. Ce fut une catastrophe!

  2. LE PAPE dit :

    La Bretagne a besoin d’un Rassemblement National Breton bien spécifique aux autres régions de France et beaucoup moins proche de Poutine ( adhésion à Orban )

  3. Jacques BRACQUEMONT dit :

    Que les bretons cessent de voter pour les gauchiasses , que vient faire Poutine là dedans ? Pauvre pape !

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