Maisons de retraite, internats, casernes : qui sont les 74 500 Bretons vivant en communauté ?

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Combien de Bretons ne vivent pas dans un logement ordinaire, mais dans une structure d’hébergement collectif ? La dernière étude de l’Insee, publiée en juillet 2026 dans sa collection Flash Bretagne, apporte une réponse chiffrée. Précision importante : ces données portent sur la Bretagne administrative à quatre départements — la Loire-Atlantique et Nantes n’y sont donc pas intégrées.

74 500 personnes concernées

En 2022, 74 500 Bretons vivaient dans l’une des 1 546 communautés recensées dans la région, c’est-à-dire un ensemble de locaux relevant d’une même autorité gestionnaire, dont les habitants partagent un mode de vie en commun. Ces résidents représentent 2,2 % de la population régionale, une proportion légèrement supérieure à la moyenne de la France métropolitaine (1,9 %). Rapportée à l’échelle nationale, la Bretagne pèse ainsi 5,9 % des 1,3 million de personnes vivant en communauté dans l’Hexagone, un poids supérieur à son poids démographique (5,1 %).

Le poids massif des maisons de retraite

La grande spécificité bretonne tient à la place des structures pour personnes âgées. À elles seules, les Ehpad et les maisons de retraite non médicalisées accueillaient 39 400 personnes en 2022, soit 53 % des résidents en communauté — une part nettement plus élevée que la moyenne métropolitaine (44 %).

Viennent ensuite les autres établissements sanitaires et sociaux de moyen ou long séjour (structures pour personnes handicapées, foyers de travailleurs), qui hébergent 16 400 personnes, soit 22 % du total, une proportion cette fois inférieure au niveau national (30 %). Le dernier quart se répartit entre les internats pour élèves majeurs (7 900 personnes), les cités universitaires et foyers d’étudiants (4 300), les établissements militaires (2 300), les établissements pénitentiaires (2 100) et d’autres formes de communautés, dont les communautés religieuses (2 100).

Une population féminine et âgée

Le profil des résidents est marqué. Les femmes composent 58 % de cette population, une part qui grimpe à 74 % dans les maisons de retraite et les Ehpad, et qui domine aussi les communautés religieuses. À l’inverse, les hommes représentent près de 90 % des effectifs dans les établissements militaires et pénitentiaires.

L’âge est l’autre facteur déterminant. Plus de la moitié des Bretons vivant en communauté ont au moins 75 ans (38 900 personnes, soit 52 %), et ils résident quasi exclusivement en maison de retraite. Les jeunes de 18 à 24 ans forment le deuxième groupe le plus représenté (19 %), les trois quarts d’entre eux vivant en internat ou en cité universitaire. Les 25-59 ans (17 %) sont, quant à eux, majoritairement accueillis dans des structures de moyen ou long séjour, notamment pour adultes handicapés.

Rennes et Brest concentrent un quart des effectifs

Sans surprise, les deux métropoles régionales rassemblent une part importante de cette population : un quart du total, soit 12 800 personnes pour Rennes et 5 500 pour Brest. Elles concentrent notamment plus des deux tiers des détenus de la région — principalement au centre pénitentiaire de Vezin-le-Coquet pour Rennes et à la maison d’arrêt de L’Hermitage pour Brest — ainsi que plus de la moitié des jeunes majeurs hébergés en internat ou en cité universitaire.

Le paradoxe du Centre-Bretagne

L’étude met toutefois en lumière un phénomène plus contre-intuitif. Si les intercommunalités de Rennes et Brest hébergent le plus grand nombre de résidents en maison de retraite en valeur absolue (3 200 et 2 300 personnes), ces derniers n’y pèsent qu’une faible part de la population locale (0,7 % et 1,1 %), inférieure à la moyenne bretonne de 1,2 %.

C’est au contraire dans les territoires les moins peuplés, en particulier le Centre-Bretagne, que vivre en maison de retraite est le plus fréquent. La communauté de communes du Kreiz-Breizh atteint ainsi 3,1 %, devant les Monts d’Arrée (2,1 %) et la région de Loudéac (1,7 %). Un constat qui en dit long sur la géographie du vieillissement dans la région, les territoires ruraux de l’intérieur concentrant proportionnellement une population âgée bien plus dépendante des structures d’accueil que les grandes agglomérations.

Photo d’illustration : Pixabay (cc)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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