Ceuta : 15 plaintes pour viol depuis l’entrée massive de juillet, 5 reconnues par Madrid

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Deux semaines après l’entrée de plusieurs milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, fin juillet, la ville autonome a passé un 15-Août sans rapport avec ses étés ordinaires. Rues désertes, plages vides, commerces majoritairement fermés, et les rares établissements ouverts, essentiellement des supermarchés, gardés par des militaires. Environ 1 500 agents de la Guardia Civil et de la Policía Nacional sont déployés dans la commune.

Deux comptages qui ne concordent pas

C’est le point le plus disputé. Selon des sources de la Guardia Civil citées par Onda Cero puis par El Mundo, 15 viols ont été recensés en différents points de la ville depuis l’entrée massive. El Español, qui a interrogé de son côté des sources policières, avance le même ordre de grandeur : 15 plaintes déposées et 2 personnes interpellées.

Le ministère espagnol de la Santé n’en reconnaît que 5. Aucune des deux administrations n’a publié à ce jour de bilan consolidé, et aucune procédure judiciaire n’a abouti. L’écart entre les deux comptages n’a pas été expliqué publiquement.

Le dernier fait signalé s’est produit vendredi soir, calle Lisboa. Trois individus, présentés comme frères par les sources policières citées, ont tenté d’agresser sexuellement une fillette de 10 ans.

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D’après El Español, des femmes et des mineures se regroupent désormais à proximité des véhicules de la Policía Nacional, autour du centre de séjour temporaire pour immigrants (CETI), pour passer la nuit. D’autres ont été installées dans le stade de football de La Reina.

1 800 mineurs identifiés, remis à la rue

Les forces de l’ordre ont recensé et équipé d’un bracelet d’identification 1 800 mineurs. Les agents cités par El Mundo font part de leur perplexité sur la suite : une fois identifiés, ces mineurs ne sont ni admis au CETI ni remis aux autorités marocaines, mais relâchés dans la rue.

Des milliers de personnes demeurent dispersées dans la ville, notamment dans des écoles du quartier d’El Príncipe et dans des hangars proches de la frontière. La plage d’El Trampolín concentre l’essentiel des rassemblements de jeunes hommes. Des altercations d’intensité variable sont signalées quotidiennement dans plusieurs quartiers.

Sur la semaine écoulée, la Guardia Civil a par ailleurs comptabilisé 1 500 retours volontaires vers le Maroc.

Un signalement Interpol au poste-frontière

Lors des contrôles à la frontière, la Guardia Civil a interpellé un homme présentant des antécédents pour terrorisme ainsi que plusieurs autres infractions, et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt d’Interpol. Il est retenu à Ceuta dans l’attente des formalités d’extradition. Ni son identité ni sa nationalité n’ont été communiquées.

Des conditions de travail dégradées à la frontière

Des sources policières décrivent à El Mundo une organisation défaillante au poste du Tarajal, où l’activité ne faiblit pas : climatisation hors service, dispositifs de contrôle d’identité fonctionnant mal, et réorganisation des rotations par un inspecteur nouvellement arrivé, qui aurait supprimé les tours de garde à la frontière au profit d’autres affectations.

Rabat déploie, Madrid blinde

Des deux côtés de la ligne, le dispositif a été considérablement renforcé pour empêcher la répétition de l’épisode de fin juillet. L’armée marocaine a pris position dans les montagnes, sur les plages et le long des routes, et Rabat a annoncé avoir fait échouer une nouvelle tentative de passage de plusieurs centaines de personnes. Côté espagnol, des véhicules blindés ont été positionnés au Tarajal.

La démonstration de contrôle de Rabat alimente en Espagne un débat que la presse madrilène pose désormais frontalement : si le royaume chérifien peut verrouiller sa frontière à ce point en quelques jours, la question de ce qui s’est passé fin juillet se déplace du terrain policier vers le terrain diplomatique. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, et son homologue de Melilla, Juan José Imbroda, ont alerté ce week-end sur la vulnérabilité des deux enclaves.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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