Edwina Currie a 79 ans. L’ancienne ministre conservatrice britannique a donc suffisamment vécu pour se souvenir d’une vérité élémentaire que notre époque s’applique à ensevelir sous les abstractions : à vingt ans, le désir sexuel existe, puissamment, et aucune circulaire administrative ne le fait disparaître.
Interrogée sur le projet d’installer 1 200 demandeurs d’asile, principalement de jeunes hommes, à proximité de Piddington, village anglais de quelque 350 habitants, elle a lancé qu’il faudrait presque prévoir « un bordel ». La formule était volontairement provocatrice. Currie l’a d’ailleurs précisé : elle entendait surtout montrer l’absurdité qui consiste à concentrer 1 200 jeunes hommes célibataires et désœuvrés en imaginant qu’une carte SIM et un terrain de sport suffiront à résoudre tous les problèmes.
Voilà ce que cette vieille dame a compris et que tant de responsables publics s’obstinent à ne pas comprendre : les hommes restent des hommes, surtout lorsqu’ils ont vingt ans. La satisfaction solitaire ne remplace ni la rencontre, ni la séduction, ni le rapport amoureux ou sexuel avec un partenaire. Lorsque les voies ordinaires de la sociabilité sont absentes, le problème ne s’évapore pas. Il devient simplement plus difficile à gérer.
Cela ne signifie évidemment pas que la frustration sexuelle conduise mécaniquement au viol ou que tout migrant soit un agresseur potentiel. La contrainte demeure un crime et rien ne saurait l’excuser. Une politique digne de ce nom doit néanmoins regarder en face la nature humaine, le déséquilibre entre les sexes qu’elle crée et, dans certains cas, l’écart entre nos règles du consentement et celles de sociétés où le rapport aux femmes, à la sexualité et à l’honneur est façonné par des normes religieuses et culturelles fort différentes.
Les féministes britanniques se sont immédiatement indignées. Leur objection selon laquelle les femmes ne sauraient devenir un « service public » destiné à calmer les hommes est parfaitement recevable. Leur aveuglement commence lorsqu’elles refusent ensuite de considérer le problème que Currie désigne. On préfère condamner celui qui prononce les mots plutôt que s’interroger sur la situation qui les rend nécessaires.
Nous avons déjà vu cette mécanique à l’œuvre ailleurs. Pendant des années, certains écologistes ont combattu retenues d’eau, barrages, infrastructures et aménagements au nom d’une vision théorique de la nature ; viennent les sécheresses et les vagues de chaleur, et l’on découvre soudain que les besoins matériels n’obéissent pas aux slogans. Les féministes radicales ont souvent rêvé d’abolir par décret intellectuel les différences entre les sexes ; la biologie, elle, n’a jamais signé le manifeste.
Au-dessus de tout cela règne une classe politique anglaise complètement déboussolée, sans doctrine, sans vision et bientôt sans autre réflexe que la communication. Son horizon n’est plus de prévoir les conséquences de ses décisions, mais de savoir quelle mine elle fera le soir au journal télévisé de la BBC.
Dans quelques années, le jugement porté sur cette époque risque d’être sévère. Non parce que les catastrophes étaient imprévisibles, mais parce que nous avions pris l’habitude de traiter d’infréquentable quiconque osait rappeler qu’avant les idéologies, il existe des hommes, des femmes, des corps, des désirs et, à la fin, le réel.
Trystan Mordrel
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4 réponses à “Le réel finit toujours par présenter l’addition”
Bravo et merci Trystan Mordrel pour cet article qui vaut pour l’ensemble de nos élites, pas seulement anglaises : l’absence de doctrine, de vision, et finalement le déni du réel.
Tout ceci au seul profit du goût exagéré du pouvoir de nos prétendues élites, qui passe essentiellement par l’abus narcissique du temps d’exposition médiatique.
Le raisonnement de cette vieille bique est stupide; c’est du même tonneau que la dépénalisation des drogues pour lutter contre le trafic.
Ces gens sont des clandestins, des illégaux qui ont violé la loi du pays où ils ont posé leurs pattes crasseuses. Leur situation juridique devrait donc être analogue à celle des détenus de droit commun : pas de liberté, une gamelle et une sortie quotidienne dans la cour. Leur fournir des femmes en espérant qu’ils ne violeront personne, outre le coût qui sera réglé par le contribuable blanc, constitue une nouvelle forme de tribut payé à l’envahisseur.
Quelle que soit son origine ethnique ,un homme un homme reste un homme ( dans le plus souvent des cas ! ) avec ses pulsions sexuelles plus grandes chez les jeunes dont le taux de testostérone est élevé. Alors l’arrivée de tous ces migrants en mal de relations sexuelles est un danger pour la gente féminine locale jeune ou moins jeune ( souvenons nous du viole de femmes octogénaires ) Ces décisions d’éloigner ces jeunes dans les villages au milieu de nulle part , c’est comme mettre le renard dans le poulailler
Mmmh, ces commentaires de mâles font bien progresser l’idée (ironie), déjà que l’article est parfois bien crasseux. Moche d’autant plus quand on compare le désir masculin à un barrage hydraulique, là on tombe dans l’absurde. L’article de surcroît ne cite aucune source (sans mauvais jeu de mots). Dommage.