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Le paysage industriel africain a connu un basculement notable en 2025. Selon l’indice d’industrialisation publié le 24 mai par la Banque africaine de développement (BAD), le Maroc a détrôné l’Afrique du Sud pour devenir la première puissance industrielle du continent, tandis que le Sénégal et la Côte d’Ivoire s’imposent comme les deux seuls représentants ouest-africains du top 10 continental.
Le Maroc prend la tête, l’Afrique du Sud recule
Avec un score de 0,8415, le Maroc devient pour la première fois depuis le lancement de cet indice l’économie industrielle la mieux classée du continent, porté notamment par le développement de ses filières automobile et aéronautique ainsi que par ses zones industrielles exportatrices. L’Afrique du Sud, longtemps en tête grâce à sa métallurgie, son secteur automobile et sa chimie, glisse à la deuxième place avec un score de 0,8396 — son meilleur niveau depuis 2020, mais toujours inférieur à sa performance d’avant la pandémie de Covid-19. Le podium continental est complété par l’Égypte, portée par le textile et l’agro-industrie, suivie de la Tunisie et de l’Île Maurice.
Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, seuls représentants ouest-africains
Sur les dix pays les plus industrialisés du continent, seuls deux appartiennent à l’espace CEDEAO : le Sénégal, huitième avec un score de 0,6368, et la Côte d’Ivoire, dixième avec 0,6173. Le Sénégal doit sa progression au développement de son secteur agro-industriel et à la transformation locale de ses ressources, ainsi qu’à une amélioration de l’investissement et du financement du secteur privé, selon la BAD. La Côte d’Ivoire, de son côté, s’appuie sur la transformation du cacao, dont le taux dépasse désormais 46 % contre une part beaucoup plus faible il y a une décennie, grâce à des réformes engagées depuis 2016 pour attirer les investissements étrangers dans cette filière.
Ces deux pays devancent nettement le Nigeria et le Ghana, respectivement 14e et 18e au classement continental malgré leur poids économique régional, ainsi que l’ensemble des pays d’Afrique de l’Est continentale, à commencer par le Kenya, pourtant le mieux classé de cette région à la 11e place.
Une performance liée au climat des affaires et à la maîtrise de l’inflation
Cette avance ouest-africaine francophone s’explique en grande partie par un environnement plus favorable aux affaires. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire figurent tous deux parmi les dix pays africains les mieux classés en matière de climat des affaires selon la Banque mondiale, aux côtés du Bénin et du Togo. Sur le plan monétaire, les deux pays ont maintenu une inflation annuelle moyenne proche de 2 % sur la période 2014-2025, contre plus de 17 % pour le Ghana et le Nigeria, qui ont par ailleurs connu d’importantes dépréciations de leur monnaie.
La lutte contre la corruption constitue un autre facteur distinctif : selon Transparency International, le Sénégal est le pays le moins touché par la corruption en Afrique de l’Ouest continentale, à la 65e place mondiale, devant le Bénin et la Côte d’Ivoire, tandis que le Nigeria se classe à la 142e place mondiale. Sur la période 2014-2025, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont enregistré des taux de croissance annuels respectifs de 6,3 % et 5,5 %, contre 4,3 % pour le Ghana et seulement 1,9 % pour le Nigeria.
Une Afrique francophone globalement plus dynamique
Au-delà de ces deux pays, l’Afrique francophone subsaharienne affiche pour la douzième année consécutive le taux de croissance le plus élevé du continent, à 4,1 % sur la période 2014-2025 contre 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne, avec une inflation nettement plus contenue, particulièrement en zone franc CFA. Sur le plan de l’industrialisation, six pays francophones figurent parmi les dix premiers du classement continental de la BAD, un ensemble dominé par le Maroc.
L’Afrique de l’Est demeure quant à elle la région la plus pauvre du continent, concentrant à elle seule cinq des dix pays les moins industrialisés, dont le Soudan du Sud, avant-dernier du classement malgré une production pétrolière significative.
Malgré ces avancées, la BAD rappelle que l’Afrique ne représente encore que 2 % de la production manufacturière mondiale et 1,4 % des exportations en la matière. La mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), combinée à la hausse des coûts de production en Asie, pourrait toutefois renforcer l’attractivité du continent comme fournisseur industriel, à l’image du Bénin qui commence à concurrencer la Chine et le Bangladesh dans le secteur textile.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Indice BAD 2025 : le Maroc détrône l’Afrique du Sud, le Sénégal perce”
Safran airbus citroen constructeurs français delocalisent au maroc..
Bilan des français au chômage
Le Maroc monte, la France baisse, la soumission à Israël augmente. Alors pourquoi se réjouir de ce classement . On sent le coup de pied de l’âne à l’Algérie. On voit qu’on est en Afrique francophone et l’acronyme BAD est plutôt amusant.