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Depuis trois ans, sous le pseudonyme d’Efsy Washington, je mène une expérience visant à comprendre et à expliquer les rouages du monde du livre.
Cette expérience, basée sur des faits, sans aucun parti pris politique, a livré de nombreuses conclusions plus ou moins attendues dont une qui menace la littérature déjà moribonde, aujourd’hui:
la censure invisible ou le boycott, comme disent, avec lâcheté, les nouveaux censeurs.
Le schéma en trois étapes par lequel s’exprime cette censure est bien rodé:
Etape 1: ne pas éditer un livre qui dérange.
– Censure a priori par les éditeurs de la place parisienne dont les lignes directrices des RSE sont davantage dictées par le wokisme et le respect de la diversité que par la qualité littéraire des romans. Ayant de plus en plus souvent recours à des sensitivity readers, ces majors de l’édition refusent de publier des livres qui pourraient choquer les lecteurs ou bousculer un peu trop la morale « progressiste ».
Etape 2: si un livre jugé « problématique » est quand même publié, le rendre invisible.
– Censure du livre par la majorité des libraires indépendants souvent de gauche, lorsque le seul éditeur qui a accepté de vous publier est un éditeur comme Magnus, maison classée à l’extrême droite.
– Boycott par la presse traditionnelle, pour les mêmes raisons.
Etape 3: « Disqualifier » l’auteur et le livre, si les deux étapes précédentes n’ont pas fonctionné.
– Appel au boycott du livre en rayon dans les librairies (dégradations, pages arrachées, livre caché derrière d’autres).
– Censure par la mise à mort médiatique de l’auteur.
C’est la solution finale. Rares sont les livres qui atteignent cette troisième étape mais lorsqu’ils y parviennent, ils sont parfois médiatisés par la presse de droite, ce qui permet à la presse mainstream de coller une étiquette sur le front de l’auteur, comme on a pu le voir récemment avec la cabale organisée contre Boualem Sansal, comme j’ai pu le constater en accordant moi-même une interview à Frontières et comme je le constaterai de nouveau, à coup sûr, en publiant cette tribune sur Breizh Info. Même les morts continuent à subir cet odieux bashing, comme on peut l’observer en creux avec Marjane Satrapi.
Le fondement de cette censure invisible est purement idéologique et politique; il n’a rien à voir avec l’art qui passe très loin au second plan.
Il tient sa source dans la peur primale que ressent le petit monde de la culture traditionnellement de gauche, depuis 2020 environ, constatant que son monopole est menacé par des acteurs comme Bolloré, sans comprendre que c’est précisément cette censure invisible qui a amené Bolloré à s’intéresser à deux secteurs aussi peu rentables financièrement que l’édition et la presse…
Cette peur conduit à vouloir effacer le danger plutôt qu’à débattre, à faire taire celui qui est jugé comme l’ennemi, dans l’espoir vain de l’affaiblir et de l’anéantir, à boycotter plutôt qu’à défendre ses idées.
Cette censure conduit surtout à l’appauvrissement considérable de la littérature, à l’abêtissement des lecteurs, à renoncer aux idéaux des Lumières et nous mène tout droit à la mort du livre tel que nous l’avons connu, source d’échange, de diversité et d’enrichissement.
Alors à tous ces nouveaux censeurs, je dis haut et fort; vous créez les conditions de votre propre disparition, vous êtes en train de matérialiser vos pires terreurs, vous nous préparez une réaction à la hauteur de votre lâcheté, relisez Les testaments trahis de Kundera!
Sinon, vous continuerez à récolter ce que vous semez et, remplis de vos certitudes mais vides de vos convictions passées, les prochaines récoltes ne vous plaîront pas du tout.
Efsy Washington
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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4 réponses à “Littérature- La censure invisible. Par Efsy Washington”
France Soir en parle aussi et voici cet article en complément de celui que je viens de lire avec intérêt ici : La mort du livre sur : https://www.francesoir.fr/culture-livres/la-mort-du-livrea-partir-de-ces-informations-la-maniere-de-france-soir-sur-un-ton : pour moi qui achète des livres et qui en vend aussi sur Rakuten et en brocante en tant que simple particulier, je me sens coupable de ne plus en acheter en librairie ; cependant, je vais aussi à la FNAC mais là c’est dur d’en trouver à son goût. Par contre, Amazon je boycotte systématiquement.
On n’est plus très loin de ce qui se passait en URSS lorsque les écrivains dissidents faisaient connaitre leurs écrits sous la forme de samizdat comme le fit longtemps Soljenitzyne.
Excellente démarche et excellent article.
Les librairies sont devenues insipides submergées par la bien pensance.
Heureusement qu’il existe des librairies d’occasion pour retrouver des AUTEURS….
Amazon peut aussi censurer .